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Royaume de vent et de colères

ISBN : 978-291768983-7
Catégorie : Aucune
Auteur/Autrice : Jean-Laurent Del Socorro

Prix Elbakin.net 2015 - Meilleur roman fantasy français

1596. Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi.
À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme.
Les pions sont en place.
Le mistral se lève.
La pièce peut commencer.

Critique

Par Gilthanas, le 27/02/2015

Une claque.
Voilà le mot que qualifie le mieux ce premier roman de Jean-Laurent Del Socorro. Pour un coup d’essai, il s’agit véritablement d’un coup de maître ! En un peu plus de deux cent pages seulement, l’auteur nous livre une histoire à la fois touchante et nerveuse, oscillant avec justesse entre l’action et l’intime. Dans ce Marseille des guerres de Religion, les destins des quatre personnages principaux se croisent, se décroisent et se font, chacun cherchant à accomplir le sien de la façon qu’il juge la plus appropriée. Ils croiseront sur leur route des personnages « secondaires » qui apportent un véritable cachet à l’œuvre (mention spéciale à Silas, qui mériterait son propre roman).
La touche fantasy dans ce cadre historique est bien amenée, s’intègre parfaitement au cadre, et reste finalement en retrait, dans l’ombre, pour mieux ressurgir lors du dernier acte.
En parlant d’acte, la chronologie de ce roman suit celle de la tragédie qu’il est : un acte de mise en place, un d’événements déclencheurs et de résolution. En usant habilement du flash-back, Jean-Laurent Del Socorro donne plus de profondeurs à ses personnages, tout en gardant un rythme haletant. Les chapitres courts et l’alternance des points de vue préservent intacte l’immersion du lecteur. On vit pleinement les dernières 24 heures de la « République » de Marseille, aux premières loges, côte à côte avec les personnages principaux : on souffre avec eux, on aime avec eux, mais plus encore, peut-être le plus important, on vit avec eux.
Car si le destin de la cité phocéenne se dessine en arrière-plan, c’est bien celui des héros qui tient le premier rôle : comment ces destinées, si éloignées les unes des autres de prime abord, finissent par se mêler à celle de la ville pour ne plus faire qu’une lors d’un dernier acte tragique et poignant. Ici, point de fatalité : si on n’échappe pas à son destin, on peut cependant décider de comment quitter la scène, et c’est de peu dire que certains des protagonistes sortent par la grande porte !
On pourrait encore exposer longtemps les grandes qualités de ce roman, mais pour donner à cette chronique une image similaire à son objet, je vais faire court et concis : c’est un excellent roman, qui se dévore de bout en bout. Un chef d’œuvre, ni plus, ni moins.

9.0/10

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