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Prudence

Tome 1 du cycle : The Custard Protocol
ISBN : 978-031621224-3
Catégorie : Aucune
Auteur : Gail Carriger

Lorsque Prudence Alessandra Maccon Akeldama (Rue pour les intimes) reçoit en cadeau son propre dirigeable, elle fait ce que n’importe quelle jeune femme sensée ferait à sa place : elle baptise l’appareil Le Flan Tacheté et met le cap sur l’Inde à la recherche de la tasse de thé parfaite.
Mais l’Inde dissimule bien plus qu’un excellent thé, et Rue se trouve bientôt au cœur d’un complot mené par des dissidents locaux, une épouse de militaire kidnappée et une meute de loups-garous écossais terriblement familiers.
Confrontée à une crise grave et à une absence de sous-vêtements plus grave encore, une jeune femme bien élevée n’a d’autre choix que d’utiliser ses pouvoirs de métanaturelle et d’aller mettre son nez dans les secrets de tout un chacun, jusques et y compris les créatures légendaires du cru.

Critique

Par Saffron, le 29/04/2015

Gail Carriger serait-elle en train de devenir le Brandon Sanderson du steampunk ?
Non contente de publier roman sur roman avec une régularité métronomique, l’auteure américaine reste très attachée à l’univers du Protectorat de l’ombrelle et semble bien résolue à en explorer toutes les facettes, des années 1850 à la fin du siècle victorien.
Le premier tome de cette nouvelle série, The Custard Protocol, s’ouvre donc une vingtaine d’années après les événements de Sans âge. Prudence Alessandra Maccon Akeldama a hérité un drôle de don de son père loup-garou et de sa mère sans âme : comme Alexia, elle annule les pouvoirs des créatures surnaturelles, mais par-dessus le marché, elle les « emprunte », devenant ainsi vampire ou loup-garou d’un simple contact. Gail Carriger met à profit le potentiel humoristique de la situation dès le début du roman et l’exploite allègrement au fil des pages, en se renouvelant suffisamment pour que la répétition ne devienne pas (trop) usante.
Prudence étant une jeune femme trop libre pour la bonne société londonienne, on lui confie un dirigeable, qu’elle repeint aussitôt aux couleurs d’une grosse coccinelle, et une mission consistant à récupérer de nouveaux plants de thé dans une Inde coloniale qui n’a pas attendu les Anglais pour avoir ses propres créatures surnaturelles. La deuxième moitié du roman devient donc éminemment politique… et moins naturelle pour Gail Carriger, qui, en toute objectivité, s’en tire mieux lorsque l’intrigue reste mondaine. Une bonne partie du roman (toute la moitié se déroulant en Inde, en fait) semble donc un peu forcée, alors même que Prudence a subi une réécriture intégrale pour cause, justement, de scénario bancal…
Comme dans les cinq tomes du Protectorat, l’auteure profite de ce voyage à l’étranger pour glisser dans son récit quelques notions de tolérance et d’ouverture d’esprit que l’on voit venir des pages à l’avance, mais qui ne versent heureusement pas dans la leçon de morale. Un discours trop sérieux ne serait de toute façon pas du genre de l’auteur, qui préfère faire passer ses messages avec humour et jouer sur l’orientation sexuelle de ses loups-garous.
L’avantage des créatures immortelles, c’est qu’une ellipse de vingt ans n’a aucune prise sur elles. On retrouve donc dans Prudence tous les personnages qui font le sel du Protectorat, à commencer par Lord Akeldama, toujours aussi bien habillé et plus que jamais adepte des italiques verbales. Nombreux sont les autres Immortels à faire des apparitions remarquées, quoique suffisamment courtes pour ne pas voler la vedette à Prudence.
Encore une fois, Gail Carriger nous propose une galerie de personnages secondaires archétypaux mais délicieux, de son groupe d’amis à l’équipage du dirigeable, en passant par les félins de toutes tailles. Sans vouloir trop en dire, il est à noter qu’une grande arlésienne du Protectorat fait ici sa première apparition, ce qui ne manquera pas d’amuser les fans.
Vous l’aurez compris au nombre d’allusions que comporte cette chronique, il est déconseillé d’attaquer cette nouvelle série sans avoir lu le Protectorat de l’ombrelle. L’auteur part du principe que l’univers est connu et ne s’embarrasse pas de résumé des épisodes précédents. Les nombreuses références aux « événements de 1876 » seront donc incompréhensibles pour le néophyte, et il serait dommage de passer à côté.
Prudence n’a pas la fraîcheur d’un Sans âge, car le plaisir de la découverte de cet univers un peu déjanté est passé. Mais pour son retour dans le monde de la fantasy adulte, Gail Carriger nous offre tout de même un bon divertissement. Et même si la voie du prochain tome semble toute tracée (la meute de Kingair sème tout de même de beaux indices), l’auteur pourrait avoir plus d’un tour dans son réticule.

7.0/10

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