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Porcelaine

ISBN : 978-236183097-7
Catégorie : Aucune
Auteur : Estelle Faye

Prix Elbakin.net 2013 - Meilleur roman fantasy français

Chine, vers l’an 200. Xiao Chen est un comédien errant, jeté sur les routes par un dieu vengeur. Un masque à forme humaine dissimule son faciès de tigre, tandis que son cœur est de porcelaine fêlée. Son voyage va durer plus de mille ans. Au cours de son périple, il rencontrera Li Mei, une jeune tisseuse, la Belle qui verra en lui plus qu’une Bête. Celle qui, sans doute, saura lui rendre son cœur de chair. Cependant Brume de Rivière, fille-fée jalouse et manipulatrice, intrigue dans l’ombre contre leur bonheur.
Pendant presque quinze siècles, rivalités et amour s’entrecroisent, tissant une histoire de passion, de tendresse et de sacrifice, sur fond de magie et de théâtre.

Critique

Par Gillossen, le 15/01/2013

Après une découverte en demi-teinte par le biais de La Dernière lame, il n’aura pas fallu attendre longtemps avant de lire un autre roman signé Estelle Faye ! Mais, finalement, n’est-ce pas encore la meilleure solution, histoire de constater si nos réserves sont toujours présentes ou s’il s’agissait d’un cas particulier ?
Si on ne pouvait pas enlever quelque chose au premier roman de l’auteur, c’est d’être plutôt bien écrit. Estelle Faye sait manier les mots et le fait avec talent, évitant d’en faire trop. Elle bénéficie au passage d’un écrin fort soigné avec cette parution aux Moutons électriques. Sa plume sait en effet rester simple, légère, toujours plaisante, avec dans le cas présent une narration au présent de l’indicatif. Certains passages s’avèrent vraiment très beaux, souvent empreints d’une douce poésie, et on notera seulement ici ou là quelques phrases aux images maladroites, mais qui ne gâchent pas pour autant l’impression d’ensemble.
Le roman est présenté comme courant sur 15 siècles et on pouvait donc s’imaginer une véritable fresque. La vérité est plus contrastée sur ce plan-là. Mais, après tout, cette histoire comptant moins de 300 pages, il ne faut pas vraiment s’étonner de découvrir plutôt des tranches de vie, des instantanés pris à un moment précis, avec évidemment de nombreux sauts dans le temps. On assiste à l’évolution de tout un monde autour des personnages et en particulier Xiao Chen ou Pieds-de-Cendres, avec l’évolution de tout un Empire, d’un âge où régnait la magie à une époque qui semble parfois avoir oublié celle-ci. Un Empire qui n’est finalement pas grand-chose à l’échelle d’un millénaire…
Mais c’est précisément à l’échelle de ses personnages que l’auteur fait mouche cette fois, avec toute une galerie de portraits auxquels il est difficile de ne pas s’attacher. Le sort de Xiao Chen occupe bien sûr une place centrale dans l’intrigue, mais il est bien loin d’être l’unique protagoniste mis en valeur, tout comme dans le cas de Li Mei. Chacune des trois parties du roman possède de bien jolis portraits. Et, surtout, à la différence là encore de son premier roman, ses personnages, tout comme le cadre dans lequel ils évoluent, vivent, respirent, nous peinent ou nous enchantent. Estelle Faye réussit à éviter l’écueil d’une Chine de carton-pâte (eh oui, malgré le contexte et la place accordée au théâtre) avec une succession de décors dotés d’un réel pouvoir évocateur et met en scène des personnages plus complexes qu’il n’y paraît de prime abord.
Alors, certes, l’histoire elle-même est plus joliment troussée qu’originale, moins envoûtante que “simplement” fort agréable à suivre et le roman lui-même ne marquera probablement pas son époque (mais combien d’ouvrages y parviennent vraiment ?). Peu importe.
Il s’agit en tout cas d’une très belle fable, tout en émotion, au charme certain.

7.5/10

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