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Mondes derniers : Zothique & Averoigne

Tome 1 du cycle : L' Intégrale Clark Ashton Smith
ISBN : 978-235408588-9
Catégorie : Aucune
Auteur : Ashton Smith, Clark (Proposer une Biographie)

Ce premier volume de l’intégrale Clark Ashton Smith comprend 28 nouvelles des cycles Zothique et Averoigne dans une toute nouvelle traduction.

Critique

Par K, le 25/06/2017

Cette chronique concerne le premier tome de l’intégrale de Clark Ashton Smith paru aux éditions Mnemos, volume contenant les nouvelles, poèmes et autres fragments des cycles de Zothique et d’Averoigne.
Quelques mots tout d’abord concernant l’ouvrage. L’édition est de qualité, avec des illustrations intérieures de Santiago Caruso rendant avec brio l’atmosphère sombre des récits, ainsi que deux cartes permettant au lecteur curieux de mieux se situer dans les contrées évoquées. Celle de Zothique s’avère particulièrement utile lors de la lecture du cycle. La présence d’une préface écrite par Scott Connors et d’une postface rédigé par S.T. Joshi apportent un éclairage bienvenu sur le rapport de l’auteur au genre, ses relations avec Lovecraft et d’autres auteurs ainsi que ses sources d’inspirations.
Les nouvelles composant le cycle de Zothique se déroulent dans un futur lointain, sur une terre mourante et décadente. Il n’est point ici pourtant question d’éléments de science-fiction ou de rappels visibles de civilisations antérieures plus évoluées tels qu’il est possible d’en trouver chez Vance ou Brackett. La terre de Zothique semble retombée dans une antiquité primitive avec une résurgence de rites et de cultes venus d’âges plus anciens. Si le parallèle avec Lovecraft est visible c’est à des noms plus récents que l’on songe et l’on comprend à la lecture de Zothique toute l’influence de Clark Ashton Smith sur des écrivains comme Tanith Lee. L’ambiance y est en effet capiteuse et sombre et l’une des plus grandes réussites de ces récits est de nous faire sentir tout le poids oppressant de la mythologie d’un univers cohérent et vieux de trop nombreux millénaires. On ne peut que saluer le travail du traducteur qui a su rendre rendre justice au style volontairement archaïsant et poétique de l’auteur via des tournures de phrases particulièrement ciselées et un vocabulaire travaillé. La forme est donc de qualité, mise au service de nouvelles épiques et sombres attisant l’imagination du lecteur et non dénuées d’une grinçante ironie qui transparaît dans le destin de maints protagonistes. Si toutes les nouvelles ne se valent pas, l’ensemble garde une force d’attraction importante, happant le lecteur et marquant son esprit bien après que l’ouvrage ait été rangé sur les étagères. Les images évoquées par le cycle de Zothique ne laissent pas plus indemne que les récits de Lovecraft et en cela sont à conseiller à tous ceux qui, le temps d’une lecture, sont prêt à rencontrer goules et lamies.
Le cycle d’Averoigne plonge le lecteur dans une ambiance plus familière, ayant pour cadre une région montagneuse et forestière, Massif Central fantasmé dont bois et ruines servent de refuges à maintes créatures originaires d’époques plus reculées. Si les différents récits qui le composent se déroulent à des époques variées, la plupart ont pour cadre un long Moyen Âge dans une région ou la religion chrétienne comme la rationalité semblent des hôtes temporaires n’étant pas encore parvenu à supplanter totalement des mystères plus anciens. Moines et prêtres jouent ici un grand rôle, compréhensible au vu de la période, et si ils occupent parfois la place qui est la leur dans maints contes traditionnels ils sont fréquemment malmenés par un auteur portant un regard cruellement ironique sur la religion. L’ambiance y est moins sombre que dans Zothique car la civilisation ne croule pas autant sous les poids des ans et il n’y règne donc pas ces sentiments de décadence et de torpeur. Nécromants et vampires sont ici relégués aux marges mais leur influence parvient encore à piéger des mortels. Le cycle d’Averoigne reste dans l’ensemble moins prégnant mais n’en comporte pas moins des images fortes et des moments marquants faisant de ces nouvelles une découverte bienvenue et hautement recommandable.
Cette parution, servie dans un écrin de qualité, vient donc combler un vide regrettable et se doit de figurer dans la bibliothèque de tout amateur de la part sombre de la fantasy ainsi que, plus généralement, de tous ceux qui éprouvent de la curiosité envers une des premières plumes de la fantasy, artiste au talent certain.  

8.5/10

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