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Lord Darcy, l'intégrale

ISBN : 978-235408359-5
Catégorie : Aucune
Auteur : Garrett Randall

Dans une Europe uchronique, où les Plantagenets sont toujours au pouvoir et où la magie est devenue officielle, la France et l’Angleterre unies dans un même empire bienveillant, règnent sur l’Europe.Pourtant, Londres est la proie de complots mortels, ourdis par les ennemis de l’empire. Entre mystères, magie et espionnage, lord Darcy mène l’enquête au service de Sa Majesté. Cet aristocrate dandy à l’esprit aiguisé, épaulé d’un magicien irlandais fait preuve d’une perspicacité à toute épreuve et d’un remarquable sang-froid.

 

Critique

Par Erkekjetter, le 24/09/2017

Randall Garrett, assez peu connu dans nos contrées, est un auteur américain, plutôt prolifique, qui créa notamment le personnage qui nous intéresse ici, Lord Darcy, et dont il rédigea les enquêtes entre 1964 et 1979 (pour la petite anecdote, sachez que Glen Cook a baptisé son détective privé en hommage à cet auteur). Précisons également que Garrett joue ici avec les codes des polars des années 40 et 50, avec des clins d’œil à Agatha Christie (avec Le Napoli Express) et Rex Stout notamment. Nous aurons donc un personnage principal finalement assez peu étoffé, des enquêtes plutôt « cérébrales » et un assistant sympathique qui complète l’ensemble.
Enquêteur criminel au service de la Couronne, Darcy évolue dans un Empire britannique uchronique, qui fédère sous la bannière des Plantagenêts la France et l’Angleterre. Le pouvoir est aux mains de Jean IV, qui cumule quelques modestes fonctions : « roi d’Angleterre, d’Irlande, d’Ecosse et de France, empereur des Romains et des Allemands, grand chef du clan Moqtessumide, Plis du Soleil, comte d’Anjou et du Maine, prince donateur de l’Ordre souverain de Saint Jean de Jérusalem, souverain de l’Ordre très ancien de la Table Ronde, de l’Ordre du Léopard, de l’Ordre du Lys, de l’Ordre des Trois Couronnes et de l’Ordre de Saint André, Lord protecteur des continents occidentaux de Nouvelle-Angleterre et de Nouvelle-France, défenseur de la foi ». Ajoutons à cela un niveau technologique proche de l’ère victorienne (trains, « téléson », pas de voiture ni d’engins volants, on se déplace à cheval), et une puissance adverse incarnée par la Pologne et ses services secrets. Cela vous donne une petite idée de ce à quoi ressemble le monde de Darcy et ses années 1960 !
Au service du duc de Normandie, notre enquêteur est sollicité lors de crimes étranges et autres décès mystérieux de membres de la noblesse, épaulé dans sa tâche par maître Sean, un magicien irlandais à la bonhommie joviale. Il faut savoir que la magie fait ici l’objet d’un traitement original. Si la magie curative est très encadrée et à la charge quasi-exclusive de l’Eglise, les arts thaumaturgiques sont régis par des lois précises, qui les rapprochent d’une pratique scientifique. Pour les élaborer, Garrett s’est notamment inspiré des travaux de James Frazer (Le Rameau d’or, 1890), qu’il a complété de lois de son propre cru. Dans ce monde, la magie noire est fermement condamnée, mais il en va de même pour ceux qui pratiquent la médecine telle que nous l’entendons. Garrett propose donc un univers riche et bien construit, à une époque où la fantasy est loin d’être très développée, et dans lequel on passerait volontiers plus de temps. Lord Darcy gagne à être connu, d’autant plus lorsque l’on s’intéresse à l’évolution du genre qui nous occupe ici. Si les éléments mentionnés en début de chronique ne vous dérangent pas et qu’une évocation de Sherlock Holmes ne vous provoque pas de crise d’urticaire, voici une lecture tout à fait indiquée.
La présente édition regroupe 11 textes, dont certains inédits en français, le tout servi avec une préface fort bienvenue d’André-François Ruaud et une illustration de couverture signée Alain Brion. Si le livre en lui-même est un bien bel objet, l’ensemble n’a probablement jamais été soumis aux bons soins d’un correcteur : il souffre de très nombreuses coquilles qui rendent parfois la lecture laborieuse (ponctuation erratique, noms écorchés et même intervertis, fautes non corrigées…) et dont la répétition finit par devenir sérieusement agaçante. La notation prend en compte cet écueil, mais si l’on occulte cet aspect, l’ouvrage vaut un bon 8/10.

7.0/10

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