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Les Seigneurs de Bohen

ISBN : 979-109064886-9
Catégorie : Aucune
Auteur : Estelle Faye

« Je m’appelle Ioulia La Perdrix. Mon récit commence il y a près de cent ans, à l’époque où Iaroslav le Juste siégeait sur le trône de Bohen. Sur les hauteurs des monts des Sicambres, par une glaciale nuit d’hiver, une abbaye brûlait… » 


Je vais vous raconter comment l’Empire est mort. 
L’Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d’étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d’existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel.
J’évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers… Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l’escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l’enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie… Et de tant d’autres encore, de ceux dont le monde n’attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.
Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Critique

Par Gillossen, le 10/02/2017

Avec Les Seigneurs de Bohen, chez Critic, Estelle Faye se lance dans son premier roman de fantasy adulte “pure et dure” (comme elle le dit elle-même), sans s’appuyer sur un contexte historique quelconque et/ou plus ou moins marqué. Autrement dit, de la fantasy épique majuscule, comme le laisse d’ailleurs clairement entendre la quatrième de couverture. 
Dès les premières pages de ce roman, on note en tout cas que certaines choses ne changent pas, à commencer par la plume de l’auteure. Le lecteur se coule facilement dans son univers, aux images claires et évocatrices. Il faut dire que le cadre soigneusement déployé par Estelle Faye a de quoi séduire : de vastes steppes en passant par de riches cités en passat par des mangroves ou les mines de Katow-Ser contenant le précieux minerai sur lequel l’Empire de Bohen a construit sa domination, elle nous brosse le portrait d’un monde en pleine (r)évolution, tandis que se croise le destin de plusieurs personnages, au parcours savamment mis en scène. Saint-Etoile, le premier que l’on découvre vraiment, n’est d’ailleurs pas forcément le plus original du lot (notamment avec son drôle de “compagnon”), mais il nous fait entrer de plein pied dans l’histoire. On lui préférera peut-être Sorenz ab Abahaín le mercenaire charismatique et surprenant, ou Wenceslas, en passant par Maëve bien sûr, un personnage proche de ce qu’une Robin Hobb au sommet de sa forme aurait pu nous proposer voilà quelques années. 
Bref ! Des personnages attachants, c’est bien. Un cadre travaillé, c’est bien sûr toujours un plus, également. Et on le voit ici à travers les croyances ou le bestiaire développé pour chaque coin de carte, une carte qui s’anime de façon ensorcelante sitôt nos yeux posés sur l’illustration de couverture signée Marc Simonetti. On sent un réel travail derrière l’ensemble de la part de l’auteure pour obtenir un résultat à la fois consistant et naturel, un travail qui sait ensuite s’effacer à l’ombre de l’intrigue. 
Une intrigue diablement maîtrisée et qui monte en puissance tout au long du roman, avant un final attendu qui ne nous déçoit pas au bout du compte. La narration alternée/éclatée que nous propose Estelle Faye de chapitre en chapitre avec ses changements de narrateur trouve son point culminant à cette occasion et n’a, une fois encore, rien d’artificiel. 
Si à titre personnel, je reste un peu nostalgique d’univers comme ceux de Porcelaine ou de Un éclat de givre dans un tout autre registre, il est évident à la lecture de ce véritable pavé (on franchit la barre du million de signes !) qu’Estelle Faye a su s’éloigner de ses bases pour construire quelque chose de nouveau, mais toujours irrigué de la même passion, par le biais d’une histoire dotée d’une profondeur bienvenue et peuplée de protagonistes qui savent prendre vie en quelques pages. Et le tout sous forme de one-shot, mais si Bohen aurait largement de quoi abriter d’autres récits en son sein… 
En tout cas, le roman sera officiellement disponible le 3 mars !  

8.5/10

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