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Les Livres du dimanche

Catégorie : Aucune
Auteur : Mervyn Peake
Auteur : Michael Moorcock

En 1946, Mervyn Peake, romancier, poète, illustrateur de L’Île au trésor, d’Alice, de La Chasse au Snark, auteur de la Trilogie de Gormenghast, s’installe avec sa famille sur l’île de Sercq. Contre l’ennui des dimanches insulaires, il instaure le rituel des Sunday Books, cahiers dans lesquels il dessine pour ses deux fils, improvisant au fil des illustrations des histoires pleines de fantaisie.
Soixante ans après, Michael Moorcock, géant des lettres anglaises, proche de Peake et passeur de son œuvre, réinvente les bouts-rimés, les limericks, les aventures extravagantes qui formaient la bande-son perdue de ces images. Deux grands esprits joueurs dialoguent à travers le temps, un trésor familial nous est rendu dans sa magie intacte.

Critique

Par Gillossen, le 14/11/2010

Drôle, drôle d’ouvrage que celui-ci, dans tous les sens du terme. Difficile en effet de faire plus atypique… et excitant… une association Moorcock/Peake ? Qui n’en rêverait pas ?
Même s’il ne s’agit pas là d’un véritable projet à quatre mains mais d’un travail de “restaurateur” de la part de Michael Moorcock, qui redonne vie aux illustrations de Mervyn Peake, des illustrations créées pour ses enfants, histoire de les occuper lors des mornes dimanches après-midi d’hiver.
De fait, on retrouve toute la fantaisie de Peake, à qui le créateur du Champion Éternel sait rendre un hommage sincère et émouvant le tout en restant dans l’ombre. Jamais ses textes ne prennent le pas sur les illustrations elles-mêmes. Alors, bien sûr, il n’est pas question ici de récit épique ou de jeux de pouvoir retors et cruels. Mais on retrouve des limericks facétieux, de la magie, des pirates, un Indien amoureux d’une girafe, une lutte sans merci pour du pudding, et bien d’autres choses encore…
Bref, tout un pan d’enfance que Moorcock et la famille de Peake nous permettent de visiter à notre tour, sur la pointe des pieds. Qu’est-ce donc que la fameuse “âme d’enfant” que l’on croit souvent avoir perdue ou même devoir perdre ? Peake et Moorcock nous démontrent qu’elle est toujours là, quel que soit son âge. Il suffit parfois d’une phrase, d’un dessin pour voir la flamme de l’enfance s’allumer à nouveau. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela réchauffe le cœur (Oui, votre serviteur assume cette phrase aux accents larmoyants).
La préface de Michael Moorcock est elle-même exemplaire en nous présentant Mervyn Peake avec retenue et humour, dévoilant un auteur aux activités beaucoup plus larges que les Gormenghast qui firent sa célébrité. Mais Moorcock nous présente également l’homme, un homme foudroyé par le destin, qui avait sans doute ses failles, comme tout un chacun, mais qui fit le bonheur de ses enfants dimanche après dimanche.
Il faut également saluer Denoël Graphic pour cette première et pour le travail effectué. L’ouvrage est très beau, très agréable au toucher, et les dessins de l’auteur sont reproduits avec grand soin.
Une vraie petite merveille à conserver précieusement mais à faire partager impérativement… The Sunday Books… ce n’est pas que pour les enfants !

8.0/10

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