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Les Enchantements d'Ambremer

Tome 1 du cycle : Le Paris des merveilles
ISBN : 978-284228175-6
Catégorie : Aucune
Auteur : Pierre Pevel

A première vue, on se croirait dans le Paris de la Belle Epoque : messieurs en col dur et chapeau melon, femmes en corset et jupons, tacots rutilants, tour Eiffel toute neuve et grands boulevards arborés… En y regardant de plus près, la tour Eiffel est bâtie dans un bois blanc comme neige, des sirènes se baignent dans la Seine, chaque fontaine a son ondine, et que dire des arbres philosophes, des chats ailés, des farfadets du bois de Vincennes ou des clubs de gentlemen-magiciens ! Nous nous trouvons dans le Paris des Merveilles, l’une des portes entre notre univers matérialiste et l’Outremonde dirigé par la reine des fées, depuis sa capitale d’Ambremer.
Une série de meurtres va entraîner Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, dans une aventure rocambolesque, où il sera question d’un blason mystérieux, d’un sorcier animé de sombres desseins, de gargouilles bien vivantes, d’un secret d’Etat et surtout de la très séduisante Isabel de Saint Gil… à laquelle personne ne résiste bien longtemps.

Critique

Par Sylvaner, le 10/07/2004

Ce livre a quelque chose d’attrayant dès l’abord : un format « mi-poche » sympathique, une couverture illustrée assez jolie, et par dessus tout une idée de départ terriblement séduisante. Il s’agit d’un mélange des genres, entre la fantasy et le roman policier « à la française » du début du siècle - on citera comme références essentielles Gaston Leroux avec Rouletabille et Maurice Leblanc avec Arsène Lupin, mais on pourrait aussi remonter aux aventures de Rocambole. Pierre Pevel réussit le pari de digérer ces références, et d’y ajouter les ingrédients de la fantasy la plus pure ; à savoir les peuples et les créatures du Merveilleux, des mages et leurs familiers, et un système de magie certes rudimentaire mais satisfaisant. C’est donc un roman double, et toute la question est de savoir si l’association entre les deux ingrédients donne au lecteur plus que la simple juxtaposition de deux univers.
Outre l’aspect fascinant du monde décrit, un deuxième point positif tient aux personnages : hauts en couleur, très typés, fort sympathiques, ils sont très attachants. Bien sûr, il ne faut pas chercher la subtilité - pas plus que chez un Arsène Lupin - mais leurs personnalités et leurs motivations sont assez crédibles. L’écueil des personnages purement « Belle Epoque » confrontés aux personnages purement « Fantasy » est en grande partie évité, avec une mention spéciale pour Lucien Labricole, un « gnome à tout faire » à l’accent des faubourgs. On croisera en outre, en personne ou au détour des conversations, un certain nombre de personnages réels ou imaginaires tels que Lord Dunsany, Joseph Balsamo, George Méliès et bien d’autres.
La réussite est en revanche plus nuancée sur deux autres points. D’abord, l’histoire elle-même manque un peu d’accroche, comme si la double contrainte de l’intrigue policière et de la fantasy bridait un peu l’auteur : au bout du compte, aucun des deux aspects n’est parfaitement satisfaisant. Si on accroche au livre, c’est finalement plus pour le pittoresque des protagonistes et de leur environnement que pour avoir le fin mot de l’histoire, même si somme toute elle tient la route.
Deuxième point faible, le style : il semble que l’auteur se soit heurté à la difficulté d’écrire un roman-feuilleton a lire d’une traite - c’est un paradoxe - et d’écrire dans un passé « historique ». Il en découle de nombreux rappels, des répétitions, comme si le lecteur distrait avait besoin qu’on l’aide à suivre : pour des habitués des cycles-fleuve de la Fantasy, cela peut paraître un peu fastidieux. Cette redondance est sans doute en partie volontaire, en hommage aux romans-feuilletons d’époque mais aussi, peut-être, par une volonté d’ouverture à un lectorat néophyte en Fantasy. De la même façon, Pevel se contraint à décrire l’aspect « 1900 » de son monde de manière un peu didactique, chose qu’un Gaston Leroux n’avait pas à faire puisque ses lecteurs vivaient dans les années 1900…
En résumé, Les Enchantements d’Ambremer est un livre très agréable, un peu « léger » pour l’aficionado de fantasy ou de livres compliqués. A prendre comme une promenade dans un Paris qu’on aimerait connaître, mais une promenade au détour de laquelle le mystère, la magie et la mort sont peut-être au rendez-vous’ »

7.0/10

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