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Les Dieux Verts

ISBN : 978-295394479-2
Catégorie : Aucune
Auteur : Henneberg, Nathalie

Frappée par le grand cataclysme il y a bien longtemps, la Terre abrite désormais un empire de l’Homme au bord de l’extinction.
Les plantes, véritables souveraines de cette nouvelle ère, règnent à présent en maîtresses sur ce monde à la dérive. Seuls la reine Atléna et le suffète Argo, derniers des Solaires, portent en eux l’espoir d’une humanité aux abois. Et pour tenir tête à ses ennemis, Argo devra plonger dans l’enfer des ténèbres émeraude et faire face aux dieux verts.

Critique

Par Gilthanas, le 01/03/2019

Dans sa volonté de proposer aux lecteurs les ouvrages fondateurs de la fantasy pré-Tolkien, les éditions Callidor nous livrent ici ce qui se veut être le premier roman de fantasy féminin français. 
L’histoire de la publication du texte est d’ailleurs révélatrice du monde de l’édition d’après-guerre : bien qu’écrivain de talent, N.Henneberg est obligée de publier ses textes sous le nom de son mari, et ce n’est qu’à la mort de ce dernier que son nom apparaitra en entier sur les couvertures de ses romans. C’est pourquoi, à sa parution en 1961 et pour les rééditions qui suivent, on trouve la mention Ch. Henneberg/C. Henneberg sur la couverture.
Mais au-delà de l’aspect historique, le roman de Nathalie Henneberg est finalement décevant. Certes, le mélange de SF et de Fantasy est plutôt original, bien que finalement mal exploité dans la résolution de l’intrigue. L’idée d’un récit dystopique sur une Terre ravagée par la guerre nucléaire, et maintenant sous domination des plantes, est attractive quand on commence la lecture du roman, mais on finit par se perdre dans tous ces noms de plantes et d’insectes. La présence d’un ouvrage de botanique et d’un autre d’entomologie se révèle vite indispensable pour visualiser les protagonistes. On touche là au défaut majeur du roman : la capacité à convoquer l’imaginaire du lecteur. 
Les noms cités çà et là en latin, les descriptions sommaires ou confuses, font que l’on ne rentre que trop peu dans le récit, et que l’on finit par lire le texte de manière détachée. Ce sentiment est autant plus fort qu’on ne s’attache pas vraiment aux personnages : Argo et Athéna, censés être au cœur de la tragédie qui se noue, restent assez creux. Finalement, c’est Peyotl-A, le leader des plantes, qui se révèle être le personnage le plus intéressant. 
Se voulant une tragédie entre deux amants à l’amour impossible, le roman avance lentement vers son dénouement final, que l’on anticipe bien en amont des dernières pages, d’autant plus que Nathalie Henneberg ajoute quelques commentaires entre parenthèses dans le texte (nous révélant par exemple que tel personnage se souviendrait de ce moment bien après, ce qui nous assure de sa survie plus loin dans le texte). On aurait aimé un chapitre de plus, car la fin arrive de manière trop abrupte, justement quand le récit commence à devenir palpitant…  
C’est un sentiment de déception qui ressort de cette lecture. La sensation que l’autrice avait de bonnes idées, certaines bien exploitées (comment les plantes réduisent en esclavage les humains par exemple) mais d’autres trop brouillonnes, qui gâchent l’immersion et le plaisir de lecture. 
Non pas que les Dieux Verts soit un mauvais roman, mais on a la sensation qu’il y avait bien mieux à faire aux vues de l’idée de base, d’autant que jusqu’ici, les éditions Callidor nous avaient habitué à une excellente qualité littéraire.

5.5/10

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