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Les Cent mille royaumes

Titre VO: The Hundred Thousand Kingdoms

Tome 1 du cycle : La Trilogie de l'héritage
ISBN : 978-236051023-8
Catégorie : Aucune
Auteur : N. K. Jemisin

Prix Elbakin.net 2011 : Meilleur roman fantasy traduit

Mon nom est Yeine et j’ai dix-neuf ans. Je suis membre du peuple darrène, au nord des Cent Mille royaumes. Une barbare. Il y a un mois, ma mère a été assassinée. Elle était l’héritière des Arameris, la plus puissante famille du monde. Ce matin, j’ai reçu un message de l’empereur, mon grand-père : une invitation à venir séjourner à Ciel, le palais familial. Plus qu’une invitation, un ordre.
Je veux découvrir pourquoi ma mère est morte. Même si on ne revient jamais de Ciel.

Critique

Par Gillossen, le 20/11/2010

Chaque année, la scène fantasy française voit arriver 4 ou 5 titres traduits précédés d’un certain ramdam né de leur publication initiale de l’autre côté de la Manche ou de l’océan Atlantique.
Le premier roman de N. K. Jemisin, et il s’agit en général de premiers romans justement, en fait partie. Le roman, tout comme son auteur, ont déjà fait l’objet d’une certaine couverture avant même la publication de l’ouvrage, qui ne remonte d’ailleurs qu’à quelques mois à peine en version originale.
Et, comme toujours en pareils cas, la curiosité le dispute à la réserve. Autant le dire tout de suite : malgré la finesse d’écriture immédiatement perceptible, les toutes premières pages du roman ne sont pas vraiment rassurantes ; une jeune héritière orpheline et isolée, loin de chez elle, jetée en pâture dans une cour cruelle…
Mais tout cela change très vite : il faut dire que le personnage de Yeine est loin d’être une oie blanche ou de se comporter comme telle. Résolue, voire résignée, elle n’en demeure pas moins une véritable guerrière. Autour de la jeune femme gravite une galerie de protagonistes adultes et complexes, souvent marqués par l’amertume, mais pas seulement. À Ciel, même les ombres semblent toujours prêtes à chuchoter de vénéneux secrets…
L’intrigue en elle-même, relativement dense au cours de ses trois cents et quelques pages, fait preuve de la même élégance que la plume racée et foisonnante de l’auteur, qui sait d’ailleurs ménager quelques surprises bien amenées. Tout n’est pas parfait pour autant et cette densité aboutit même par moments à un certain flou. On pourra aussi tiquer sur la forme sur une poignée de maladresses stylistiques, cela dit bien rares.
Évidemment, malgré son titre, il ne faudrait pas se tromper de cible avec ce roman : nous ne sommes pas dans la fantasy épique pure et dure, et ne vous attendez donc pas à découvrir une liste de cent mille royaumes justement (il aurait sans doute fallu mille pages pour le coup…), ou de longues batailles sanglantes.   
Ce qui ne signifie pas pour autant que l’auteur renonce à ces ingrédients pour se concentrer uniquement sur des intrigues de cour vues et revues ! La saveur de sa plume, la nature de ses protagonistes et le dernier quart du roman, avec son grand final aux accents « célesto-cosmiques », hissent l’ouvrage largement au-dessus du tout venant. Pour une fois, les comparaisons que les éditeurs ont l’habitude de dresser ne sonneraient pas entièrement faux, car Orbit n’a pas tout à fait tort en parlant de Roger Zelazny et des Princes d’Ambre. La narration à la première personne, les dysfonctionnements familiaux, les questionnements autour de la notion même de « dieux »…
Mais le roman de N.K. Jemisin possède bien entendu une nature propre que l’on prend plaisir à savourer page après page. Et pour une fois qu’une Trilogie de l’héritage s’annonce prometteuse…

8.0/10

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