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Le Village

ISBN : 978-293085301-7
Catégorie : Aucune
Auteur : Emmanuel Chastellière

Par souci de transparence, nous vous signalons que ce livre a été écrit par Gillossen, contributeur du site.

Une jeune fille se réveille un matin dans une demeure inconnue.
Livrée à elle-même au cœur d’un village aussi étrange que désert, privée de ses souvenirs, elle va bien vite se rendre compte que les secrets de son passé sont liés à ceux des anciens habitants des lieux.
Pour se défaire de ces liens invisibles et espérer quitter ce village aux allures de prison hors du temps, elle va devoir raviver les cendres d’un bûcher centenaire…

Critique

Par Belgarion, le 06/06/2016

Avec ce premier roman publié, Emmanuel Chastellière nous plonge dans un huis clos oppressant et sans concession, à la frontière brumeuse entre fantasy et fantastique. Au sein d’un village coupé du monde atteint par une étrange malédiction, ceux qui se réveillent dans cet endroit inquiétant, dépourvus de tout souvenir, ne tardent pas à s’apercevoir qu’il recèle de nombreux secrets mortels.
Ce monde où seuls des enfants et de jeunes hommes et femmes s’efforcent de survivre, où les adultes sont soit absents soit des ennemis, constitue un bel hommage à Sa Majesté des Mouches de William Golding ou encore aux fameux enfants perdus de Peter Pan décrits par James Matthew Barrie. On retrouve dans Le Village cet aspect seul contre tous, la volonté de créer une ébauche de société basée sur la communauté d’intérêt entre des protagonistes au caractère bien marqué qui cherchent avant tout à survivre en échappant aux Limiers, leurs geôliers, et les dissensions qui en découlent.
Les personnages notables qui apparaissent dans le récit ne sont pas très nombreux, ce qui renforce le caractère intimiste de cette intrigue en circuit fermé. Ils occupent de fait une place très importante dans le déroulé des évènements. C’est surtout le cas pour les jeunes gens apparus dans le village et qui acquièrent très rapidement de la profondeur, au gré de leurs états d’âmes, de leurs relations complexes et de leur volonté de découvrir le moyen de sortir de cet univers malsain. Le trio Épine, Fugue et Fumée s’avère ainsi très plaisant à suivre dans cette course contre la montre qui les voit tout tenter pour quitter leur prison.
Mais cette critique serait incomplète sans mentionner le village lui-même. Cette entité reprise dans le titre du roman qui constitue un personnage à part entière, omniprésent, inquiétant et en même temps diablement familier. Sa malédiction, les points de repères changeants, les docteurs de peste et l’atmosphère très particulière qui s’en dégage représentent autant d’éléments qui lui donnent une consistance qui transcende le simple lieu géographique, à l’instar notamment de la ville d’Aniagrad dans Port d’âme de Lionel Davoust.
La nature du lieu se découvre au fil des pages et certains intermèdes bienvenus plongent dans le passé et mettent en relief la malédiction qui règne entre les murs du village et ses environs immédiats. Le suspense est géré avec habilité à travers des retournements de situation et des révélations qui ne s’arrêtent qu’à l’ultime ligne du récit  avec une fin qui laisse intelligemment de la place à l’interprétation. Le rythme plutôt lent permet d’approfondir certains aspects de la personnalité des héros lors des moments de calme sans pour autant donner lieu à des longueurs. Le tout est servi par un style riche et plaisant à lire qui laisse la part belle aux descriptions du Village et illustre la maîtrise de l’auteur.
Concernant les points perfectibles, on peut paradoxalement citer le final, avec une forte accélération du rythme des évènements qui aboutit à un maelstrom d’effets visuels, de modifications des lois de la gravité et d’affrontements. Le lecteur risque d’avoir du mal à se représenter quelques scènes du fait de cette frénésie d’effets tendant vers l’hyperbole. De même, certaines ellipses trop abruptes rendront certains rebondissements plus complexes à appréhender.
Emmanuel Chastellière a en tout cas su éviter les écueils des premières publications, avec un scénario travaillé et prenant, mis en lumière par une plume maîtrisée.  Pour les plus réticents, la superbe couverture de Marc Simonetti, qui retranscrit bien l’ambiance sombre de ce roman paru aux Editions de l’Instant, ne devrait laisser personne insensible.

8.0/10

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