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Le Livre perdu des sortilèges

Titre VO: A Discovery of Witches

ISBN : 978-236051033-7
Catégorie : Aucune

Diana Bishop est la dernière d’une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé depuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire.
Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : l’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous - démons, sorcières et vampires - le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu’énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit.
Diana se retrouve très vite au cœur de la tourmente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.

Critique

Par Gillossen, le 11/05/2011

Importante sortie du label Orbit en ce mois de mai, Le Livre perdu des sortilèges a été précédé d’une campagne promotionnelle à l’avenant. Et tous ces efforts semblent payer, puisque le roman est entré sur la liste des meilleures ventes de romans chez Livres Hebdo, une première pour Orbit (en 47eme position, pour l’anecdote, avec seulement trois jours de vente au compteur).
A la croisée des genres, le roman de Deborah Harkness est en effet à même de séduire bien des publics : celui de Twilight, mais pourquoi pas aussi celui du Da Vinci Code pour le côté enquête autour d’un ouvrage mystérieux, et bien sûr celui le public de la fantasy urbaine de façon plus générale.
Le début de ce premier roman a d’ailleurs des allures de blockbuster littéraire en puissance, avec tous les tics et maladresses que cela peut comporter. Comment ne pas lever les yeux au ciel en découvrant une héroïne qui préfère dissimuler sa féminité sous de gros pulls, ces descriptions de changements intempestifs de tenues et de repas, ce vampire si beau et fascinant sentant la cannelle et le girofle, cette narration à la première personne évidemment… Il y a tout de même de quoi grincer les dents - ou sourire, selon l’humeur - plus d’une fois !
Et puis, par petites touches, l’auteur arrive à nous intriguer, davantage par le déroulement de son histoire que grâce à ses personnages, même si le couple vedette du roman n’est pas désagréable et que sa plume assez vive propose quelques saillies sympathiques, d’autant plus qu’elle ne s’interdit pas une certaine noirceur. Les mystères entourant le fameux ouvrage ensorcelé font leur petit effet et l’on se prend rapidement au jeu, qui multiplie les fausses pistes et les rebondissements (parfois cocasses pour le lecteur français ; les environs de Clermont-Ferrand ne font pas très “exotiques”… moins que Oxford en tout cas).
L’intégration d’une dimension “génétique” à l’intrigue constitue également un ingrédient surprise, qui nous éloigne certes de la fantasy pure, mais, nous l’avons déjà dit ; il s’agit d’un roman aux frontières de plusieurs genres. La chose n’est toutefois pas sans maladresse : scientifiquement, même si bien sûr on se trouve dans une fiction et qu’il faut garder cela à l’esprit, tout n’est pas vraiment crédible sur ce plan, loin de là. Mais le thème de l’évolution possède néanmoins un réel intérêt.
Dans un autre registre, l’auteur s’éloigne de temps en temps de la narration à la première personne pour certains chapitres, ce qui nous permet de prendre du recul par rapport à l’héroïne et de découvrir certains personnages sous un autre angle. Un choix bienvenu dans le cas présent.
Évidemment, certains ingrédients, d’importance diverse, demeurent jusqu’au bout sujet à réticence. Ainsi, Diana, notre héroïne, et ses regards énamourés pour son beau vampire ont tout de même clairement tendance à agacer, sans parler de certains personnages eux-mêmes : il suffit parfois de quelques pages - on songe à la dénommée Sophie… - pour avoir envie de les voir disparaître purement et simplement.
Mais, toujours, l’auteur réussit à nous rattraper par la main, à conserver notre intérêt, au pire in extremis : de par la dimension historique du roman tout d’abord - et là, on sait que Deborah Harkness maîtrise son sujet - et certaines de ses idées, notamment dans le dernier tiers de celui-ci. Même si là encore l’exécution pêche parfois ; le lecteur doit ainsi subir de longs couloirs de dialogue, entre réunions de famille et plateaux de cookies sortis du four…
Mais voilà de quoi nous donner envie malgré tout de découvrir la suite, car oui, le côté “premier tome” du roman est beaucoup plus présent que ce que l’on aurait pu croire. Impossible en tout cas d’avoir l’impression d’avoir lu une histoire complète dans le cas présent.
Pour peu que l’auteur tienne compte de ses faiblesses et sache relever le défi qu’elle s’est elle-même imposée avec cette suite (on ne peut guère en dire plus sans dévoiler l’intrigue), nul doute que l’on pourra s’offrir un nouveau petit plaisir. Parfois sans doute un peu trop sucré, un peu trop chaud, mais non sans saveur.

7.0/10

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