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Le coq et l'enfant

Tome du cycle :
ISBN : 979-109743415-1
Catégorie : Jeunesse
Auteur : Andoryss (Proposer une Biographie)

Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu’à ce qu’elle-même meure, des années auparavant. Ce que le jeune garçon ne pouvait pas deviner, par contre, c’est qu’il hériterait de son pouvoir. Devenu Passageur à son tour, le voilà contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s’en libérer, Matéo n’a d’autre choix que de rejoindre l’âme dans son époque d’origine afin d’y apaiser sa mort.
Mais alors qu’il est propulsé au temps de la Commune et au milieu des horreurs de la semaine sanglante, il comprend que sa tâche ne sera pas si facile…

Critique

Par Aerendhyl, le 10/07/2018

C’est un roman comme on n’en croise pas souvent que nous avons là. Un roman mélangeant la période contemporaine avec l’histoire tout en saupoudrant l’ensemble d’une fantasy mythologique qu’on ne croise pas souvent. Après une lecture, non sans défaut, le roman d’Andoryss se trouve nivelé sur deux niveaux qui paraissent très inégaux, pour notre plus grand déplaisir.
Au fil des mots de l’auteur, nous naviguons dans une double ambiance, l’une contemporaine nous entraînant dans un Paris de notre époque, l’autre nous plongeant sous le Paris bien plus lointain de la Commune, plus précisément la semaine sanglante de la commune. L’écart s’aperçoit dès lors, là où le Paris actuel reste sans grand intérêt, ne nous plongeant pas véritablement dans ce charme qu’apporte la ville pour n’importe quel touriste, Andoryss nous capte et nous happe dans sa retranscription de ce Paris du XIXème siècle. Là où le Paris actuel est fade et sans saveurs, la Commune est intéressante, foisonnante, crédible. La frustration nous guette alors parce qu’on se désintéresse d’une partie de l’intrigue sur quelques dizaines de pages entrecoupant les voyages de notre héros dans le passé. Un passé où l’on n’a l’impression de traverser cette ville à feux et à sang, où l’on halète face aux péripéties, pensant que les Versaillais nous guettent à chaque fois que l’on tourne la page… Ces épisodes sont prenants, divertissants, angoissants… Tout le contraire du Paris actuel.
On regrettera une galerie de personnages restreinte mais sans vraiment de personnages sortant du lot. Encore une fois, une nette démarcation se fait entre les périodes abordées. Est-ce une volonté de l’auteur que de montrer la fracture de son personnage avec sa réalité mais le héros de l’histoire est insupportable dans son époque actuel, n’arrivant pas à nous fournir la moindre empathie pour lui alors qu’une fois plongé dans l’horreur de la Commune, il se dévoile, sa sincérité et ses doutes semblant bien plus crédibles.On notera le personnage de Vlad qui, bien que sous-exploité, sort légèrement du lot par sa ténacité et son enthousiasme.
L’histoire en elle-même est intéressante, il est rare qu’un livre de fantasy aborde la « mythologie » des gens du voyage. Ce fut un plaisir à la découvrir bien qu’elle ne soit pas vraiment mise en avant. Si l’auteure peut prendre le partie d’explorer un peu plus cet univers-là pour la suite de son récit, ce serait un véritable régal. Suivre les aventures d’un passageur devant combler les manques d’une âme errante pour calmer l’entre-deux monde, cela peut sembler assez courant mais tout le folklore gitan apporte une touche d’originalité non négligeable.Dans cette quête d’apaisement, on suit avec plaisir notre héros parcourir un monde passé qui le dépasse clairement, le fait que cette description du monde passé soit crédible rajoute à l’effet général d’un réel plaisir. A contrario, une nouvelle dois, on reste quelconque fasse à l’avancée du héros dans l’époque actuel… Tout y est abordé de façon très succincte, sans vraiment nous expliquer les choses alors que cela expliquerait sûrement de tels choix de la part de l’auteure. Dommage.
Parlons enfin du style de l’auteur. Il faut déjà aborder un roman écrit à la première personne du singulier et au présent de l’indicatif. Peut-être est-ce un ressenti qui ne sera pas partagé mais cela empêche quelque peu l’imprégnation de l’univers, de l’ambiance. Un choix qui peut s’expliquer par le développement et le folklore romanichel après lecture malgré tout.Et nous nous retrouvons une nouvelle fois face à l’opposition des époques. Andoryss choisit un style très brut, très violent dans son écriture pour l’époque moderne. Un style qui n’est pas agréable à la lecture, encore plus lorsqu’on l’oppose à celle utilisé pour raconter la Commune où tout paraît plus fluide, mieux cadencé. Cela rejoint évidemment l’appréhension de son personnage principal mais cela dénature un peu plus notre entrée dans l’imaginaire du roman. Là où l’on se retrouve à lire sans vouloir s’arrêter les voyages dans le passé du héros, nous nous prenons un retour à la réalité d’une violence pour notre esprit par ce changement de style…
Le coq et l’enfant n’est pas un mauvais livre, loin de là. On sent que l’auteure a la capacité de nous faire voyager dans son imaginaire avec émotion. Cependant, certains choix – s’expliquant sûrement par la situation actuelle du héros – dénaturent notre voyage pour notre plus grand regret. Malgré tout, le choix d’un folklore méconnu apporte une certaine originalité et donne le mérite de suivre, pourquoi pas, une nouvelle aventure.

5.5/10

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