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Le Chemin des dieux

ISBN : 978-220711613-5
Catégorie : Aucune
Auteur : Jean-Philippe Depotte (Proposer une Biographie)

«Il n’y a pas de bien, il n’y a pas de mal. Il n’y a que la beauté.» Quand il apprend la disparition d’Uzumé, la femme qu’il a voulu épouser douze ans plus tôt, Achille abandonne sa vie française pour se rendre à Tôkyô. Une fois arrivé, il va de surprise en surprise. Une catastrophe énergétique inexpliquée précipite le pays vers l’obscurité. Son meilleur ami s’est suicidé. Et Uzumé n’a jamais été kidnappée. À sa place, c’est une vieille femme dont on pleure la disparition : la doyenne de l’humanité… Qu’arrive-t-il au Japon ? Pourquoi l’ami d’Achille est-il mort ? Et qui est vraiment Uzumé ? En voulant répondre à ces questions, Achille va pénétrer dans un monde où se mêlent l’éternel et l’éphémère, la tradition et la modernité, un monde que les dieux intemporels n’ont jamais abandonné. Un Tôkyô inconnu, aussi beau que dangereux.

Critique

Par Gillossen, le 05/05/2013

Nous avions déjà remarqué le nom de Jean-Philippe Depotte, au fil de ses trois romans précédents sortis en trois ans (belle régularité !) chez Lunes d’encre. Aussi, quand Denoël nous a envoyé les épreuves de ce nouvel ouvrage en le présentant comme une “fantasy japonaise”, comment ne pas se laisser enfin tenter ?
Dans les pas d’un Achille - pas celui d’Homère mais celui de Zénon d’Élée - retournant au Japon après avoir été appelé à l’aide par un ami perdu de vue depuis de longues années, l’auteur nous entraîne dans un Japon où la modernité côtoie le mythe. Une banalité formulée de la sorte, certes, mais surtout une réalité pour un étranger bientôt privé de ses repères malgré sa maîtrise de la langue et son passé, dans un pays qui vient juste d’être frappé par un “Incident” qui a justement vu fuir la plupart des étrangers.
Si l’on comprend bien vite que la Uzumé dont il est question fut une rencontre d’une grande importance pour notre héros, celle-ci semble le fuir comme un fantôme, dont les apparitions spectrales seraient les panneaux publicitaires qui lui renvoient inlassablement son image. On se retrouve donc plongé avec Achille dans une enquête étrange, ponctuée de rencontres qui le sont tout autant, ce qui n’empêche pas quelques pointes d’humour ici ou là. Si l’intrigue principale du roman prend rapidement une tournure assez balisée quant à son déroulement, les détours n’en sont pas moins nombreux, souvent à même de renforcer une ambiance singulière.
Il faut dire que l’auteur distille avec talent ses références à la culture et aux traditions japonaises, qu’il soit question de sa philosophie, de son histoire ou de ses dieux, sans parler d’un versant plus moderne donc qui n’est pas oublié, à travers par exemple l’importance accordée à un personnage du jeu de combat Street Fighter. Tels ses magasins aux devantures à base de néons conservant en-dessous leurs enseignes en bois, il suffit parfois de gratter un peu pour se laisser happer dans un tout autre monde, comme surgi des limbes du temps…
Jean-Philippe Depotte parvient à développer des concepts pour certains assez fascinants, à l’image de son utilisation dudit personnage de Street Fighter à travers sa symbolique ou bien en mettant en scène une discipline comme la taxidermie. Là encore, tout est affaire de pouvoir d’évocation. Que l’on connaisse suffisamment bien le Japon - auquel cas certains éléments se devinent assez rapidement - pour partir à la chasse aux clins d’œil, rarement superflus d’ailleurs, ou bien que l’on découvre totalement cet univers à part, le roman s’avère dans un cas comme dans l’autre des plus intrigants, au-delà d’une (en)quête prenante mais passant vite au second plan face aux destins contrarié des personnages.
Sur le plan du style, l’auteur emploie une narration à la première personne et sait se montrer sobre et précis, sans pour autant négliger quelques “envolées” réussies. Le tout se suit avec plaisir et sans temps mort. Tout au plus pourra-t-on regretter une poignée d’images un peu maladroites, et encore. Mais la plume s’efface dans tous les cas derrière la portée de son histoire, qui prend un ultime virage au moment où le lecteur croit pouvoir aborder une conclusion que l’on imaginait toute trouvée.
Car on arpente le chemin des dieux à ses risques et périls…

7.5/10

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