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Le Boucher

Tome 1 du cycle : Le Boucher
ISBN : 978-236599007-3
Catégorie : Aucune
Auteur : Olivier Gay

Qui est donc cette mystérieuse Deria, belle et talentueuse, flamboyante et arrogante, qui vient déranger Mahlin durant sa garde pour demander à voir l’Empereur ? Qui est son père, pour qu’elle soit aussitôt accueillie, bien traitée, intégrée à la cour ? La question de pose de manière plus brutale lorsqu’on la retrouve assassinée. Et Mahlin, accompagné de Shani la jeune servante, se retrouve au cœur d’une conspiration qui menace d’entraîner l’Empire tout entier dans la tourmente. Car le père de Deria n’entend pas laisser le crime impuni. Vingt ans après avoir gravé sa légende en lettres de sang, le Boucher reprend du service.

Critique

Par John Doe, le 02/11/2012

Le Boucher est la première incursion en fantasy de son auteur, avec une belle couverture signée Pascal Quidault, malheureusement mangée par un affreux bandeau rouge. Précisons tout de suite qu’il ne s’agit pas d’un one shot mais d’un diptyque.
L’histoire est assez simple : Deria, une jeune noble, est assassinée, et les plus hautes autorités de l’Empire ne semblent pas décidées à faire toute la lumière sur cette affaire. Seuls Mahlin, un garde, et Shani, une servante, avec qui elle s’était liée d’amitié, décident d’honorer sa mémoire en allant prévenir le père du décès de sa fille.
Cette première partie du récit est le classique récit d’apprentissage de deux jeunes gens (j’entends certains soupirer dans le fond “encore…”), mais l’auteur réussit à éviter la plupart des écueils du genre. Nous n’avons pas affaire à un couple d’adolescents mais à de jeunes adultes, encore inexpérimentés et maladroits certes, mais qui font de leur mieux face à une situation difficile. Et ils ne manquent ni de courage ni d’esprit d’initiative. Comme dans tout bon roman du genre, ils sont transformés, je dirais même métamorphosés, par les rencontres qu’ils font sur leur chemin : Deria d’abord, son père ensuite. Notamment Shani, la servante effacée, qui devient peu à peu, au contact de ces deux personnalités, une jeune femme au caractère plus affirmé, bien décidée à ne plus être une spectatrice de sa propre existence.
Toutes ces lignes et je n’ai pas encore abordé le personnage de Rekk, dit Le Boucher, qui donne son titre au roman. Il est la belle trouvaille de l’auteur. Il est décrit comme charismatique, et, de fait, il domine sans difficulté les autres personnages. Comme tous les monstres, il provoque à la fois la répulsion et la fascination. Auteur de ce qu’on appellerait maintenant des crimes de guerre, sa monstruosité ne fait aucun doute, et il ne s’en cache pas, il en joue, même. Sans atténuer sa part de responsabilité, que devrait-on dire des hommes qui l’ont installé et qui lui ont ordonné de commettre ces atrocités, puis l’ont mis de côté quand ils n’en ont plus eu besoin ? Rekk est la mauvaise conscience de cet Empire triomphant, son empereur qui se targue de construire bibliothèques, écoles et rues pavées, en oubliant la misère et les inégalités persistantes. De manière très symbolique d’ailleurs, nous ne découvrons vraiment les mauvais quartiers de la capitale qu’une fois Rekk de retour.
Plus qu’un personnage de Gemmell dont il se rapproche par bien des points, mais sans la dimension rédemptrice des héros chers à l’auteur américain, Rekk m’a fait penser au William Munny d’Impitoyable, qui déclarait “J’ai tué des femmes et des enfants. J’ai tué à peu près tout ce qui marche ou rampe, à un moment ou à un autre”.
Autour de nos trois personnages principaux, on trouve une demi-douzaine de personnages secondaires savoureux (Dareen, le duo de tueurs à gages), habiles politiciens (un intéressant Duc Mandonius) ou détestables, archi-revus et rebattus (le prince héritier Théorocle).
Si la partie gemmellienne du roman est réussie, il n’en va pas de même pour la partie intrigues politiques, plus laborieuse. En effet, le stratagème utilisé pour faire oublier la mort de Deria est particulièrement grossier, et aboutit d’ailleurs de manière logique à l’effet inverse de celui escompté.
De plus, à l’exception de Mandonius, les personnages haut placés sont particulièrement transparents dans leurs motivations, et ils manquent de zones d’ombre et de l’ambiguïté nécessaire, ce qui permet au lecteur d’anticiper les rebondissements assez prévisibles du récit.
La toute fin du roman relance heureusement le suspense grâce à un événement d’importance majeure. Et si les indices semblent tous pointer le même suspect, les choses ne sont certainement pas aussi simples qu’il semble. Qui est, ou plutôt qui sont, les vrais coupables ?
Pour connaître la réponse à ces interrogations, il faudra attendre la deuxième partie du diptyque, ce premier tome laissant le lecteur sur un cliffhanger haletant. 
En dépit de quelques maladresses, Olivier Gay livre avec ce Boucher un roman solide, porté par la présence de Rekk, anti-héros troublant dont la devise aurait pu être Je fais un sale boulot, mais j’ai une excuse : je le fais salement.

6.5/10

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