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La Voie de la colère

Tome 1 du cycle : Le Livre et l'Epée
ISBN : 978-282051189-8
Catégorie : Aucune
Auteur/Autrice : Antoine Rouaud

La voie de la colère est désormais disponible en poche chez Milady depuis le 23 janvier 2015.

An 10 de la République, dans la cité portuaire de Masalia.
Dun-Cadal n’est plus que l’ombre de lui-même. Trahi par ses amis, celui qui fut le plus grand général de l’Empire déchu passe désormais son temps à boire dans une taverne.
Il s’est détourné de la politique, des aventures, et même de l’Histoire. Mais l’Histoire n’en a pas fini avec lui.
Viola est une jeune historienne à la recherche de l’épée de l’Empereur, symbole de l’ancien régime. Elle sait que Dun-Cadal est la dernière personne à avoir été en possession de la précieuse relique, qu’il aurait cachée pendant les dernières heures de la révolution.
Curieusement, c’est lorsqu’elle met enfin la main sur l’ancien chevalier que débute une série d’assassinats. L’un après l’autre, tous les anciens alliés de Dun-Cadal sont abattus par un homme qu’il a bien connu : l’assassin personnel de l’Empereur. L’ex-général en est convaincu : aucun de ces événements n’est le fruit du hasard. Dans l’ombre se dessine une conspiration qui va bouleverser le destin de chacun. Des secrets vont être révélés au fur et à mesure que Dun-Cadal va raconter son histoire.
La véritable histoire.

Critique

Par Gillossen, le 05/09/2013

On peut affirmer sans détour que 2013 est décidément une année faste pour la fantasy française.
Quoi que l’on ait pensé de certains romans, ne serait-ce que sur un simple plan quantitatif, les sorties de poids n’ont pas manqué : un nouveau Pierre Pevel, un nouveau Jean-Philippe Jaworski, un nouveau Justine Niogret, le deuxième roman d’Oliver Peru en solo, mais aussi de nouvelles têtes, comme Régis Goddyn chez L’Atalante ou… Antoine Rouaud chez Bragelonne, pour en venir à l’auteur qui nous intéresse ici.
Pour ajouter à la belle histoire savamment orchestrée - le battage médiatique monte depuis longtemps maintenant autour du titre, avec en prime un report de plusieurs mois à l’automne dernier pour coller à une sortie “mondiale”, notamment en Angleterre et en Allemagne -, Bragelonne sait y faire. La présentation de l’auteur et du parcours de son roman a été soigneusement mise en avant. Stéphane Marsan en parlait lui-même dans le détail à l’occasion de notre podcast de juillet. 
Fatalement, les attentes ont enflé régulièrement, au rythme de ce teasing, qui ne concerne évidemment en rien le texte lui-même. Mais, en ces temps difficiles pour les éditeurs et la fantasy, il faut aussi savoir créer l’évènement.
Et justement, s’agit-il d’un évènement ou “seulement” d’un (très) bon premier roman ? Ce qui frappe rapidement le lecteur se lançant dans La Voie de la colère, ce n’est pas l’originalité de l’univers qui nous est dépeint, ni la richesse de la plume de l’auteur, ni même le charisme brut de ses personnages. Non, il s’agit avant tout de l’efficacité du tout. Antoine Rouaud déploie une mécanique parfaitement huilée, et un peu comme chez Pierre Pevel d’ailleurs, son style se fait avant tout fonctionnel. L’auteur s’efface derrière son intrigue et il ne faut pas s’attendre à retrouver la prose d’un Patrick Rothfuss ou même, dans un registre plus proche, d’un Scott Lynch, qui sait ménager ses fulgurances.
Seulement, sur le moment, emportés par l’intrigue qui se déroule sous nos yeux de façon implacable, nous n’y songeons guère. On précisait un peu plus haut que l’univers proprement dit n’était pas forcément très original. Mais il n’en va pas de même du cadre historique. Avec sa démocratie balbutiante, l’auteur n’a pas choisi la facilité. Entre les idéaux d’un peuple aspirant à la liberté, les anciens dirigeants encore sonnés et les ruines fumantes d’un Empire rendant fatalement les fondations du nouveau régime vacillantes, il y a de quoi faire et le terreau est ambitieux.
Dun-Cadal, le protagoniste principal, illustre cet état de fait, incarnation vivante de ce changement d’ère qui ne peut se concrétiser sans casse : brillant général de l’empire, le voilà reclus dans une auberge, bien loin de sa superbe passée. C’est un portrait attachant que brosse l’auteur, sans oublier que son “héros” est loin d’être à la hauteur de l’image que l’on se fait de lui, celle d’un homme présenté comme un modèle de droiture plongé dans un monde aux entrailles corrompues. Mais ses failles ne le rendent que plus intéressant. Si les autres personnages s’avèrent globalement bien construits et dotés de leur propre tempérament, de leurs propres aspirations, il leur manque néanmoins un soupçon de profondeur, pour certains d’entre eux du moins. On aimerait en savoir davantage. Il faut dire que le roman a beaucoup à dire.
À ce sujet, Antoine Rouaud réussit le plus souvent à distiller ses “indices” par petites touches, ne faisant pas du lecteur un simple spectateur. À lui aussi de s’investir un minimum pour tenter de démêler le vrai du faux et de ne pas se laisser berner par ces intrigues retorses, avec leur lot de trahisons inattendues et de regrets amers. C’est d’ailleurs là que l’on pourrait tirer un parallèle avec George R.R. Martin, cité une fois de plus. À croire qu’il est l’inventeur du mot complot !
Bref, on ne peut toutefois poursuivre cette chronique sans un mot sur la structure même du roman. On a déjà signalé l’efficacité de l’auteur, mais il faut tout simplement saluer son sens de la mise en scène. Sans trop en dire, le roman propose un véritable twist - un terme trop souvent galvaudé - qui donne à la seconde moitié de l’histoire un éclairage totalement différent, sur tous les plans. Il en résulte une montée en puissance littéralement captivante, au fur et à mesure que l’intrigue se déploie. Assurément, s’il ne fallait retenir qu’une chose de la promotion de Bragelonne, c’est bien le terme de page-turner, avec tout ce que cela implique.
Une fois le roman refermé, on ne peut s’empêcher de se demander au passage comment l’auteur va réussir la transition vers un tome 2 qui ne pourra pas jouer sur les mêmes atouts, notamment sur le plan de sa structure narrative. Mais il s’agit d’un beau défi en perspective. Alors, non, La Voie de la colère n’est pas un premier roman révolutionnaire. Oui, on a déjà connu plus étourdissant. Mais une chose est sûre : Antoine Rouaud sait manipuler son lecteur avec talent ! Et celui-ci en redemande.
La sortie du roman est prévue pour le 31 octobre 2013.

8.0/10

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