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La Sagesse des morts

ISBN : 978-235408062-4
Catégorie : Aucune
Auteur : Rodolfo Martinez (Proposer une Biographie)

Et si toutes les histoires de Sherloch Holmes ne vous avaient pas été révélées ? Rodolfo Martinez a-t-il retrouvé les manuscrits perdus du bon docteur Watson, où l’on découvre le monde fantastique - celui de Lovecraft, celui de Van Helsing - bousculant à plaisir l’esprit cartésien du 221 B Baker Street ? Quand le plus célèbre des détectives britanniques se met en chasse du fameux All Azif, le Necronomicon de toutes les peurs cachées, pour épargner au monde les sombres desseins d’une secte américaine, il nous entraîne à le suivre jusqu’aux protes de l’enfer.

Critique

Par Belgarion, le 07/02/2010

Mnémos avait annoncé avec force au son des trompettes que ce premier livre de Rodolfo Martinez traduit en français était aussi son meilleur. L’annonce du choc culturel entre les personnages de Homes et Watson - alors qu’un film les mettant en vedette vient de  sortir - et la fantasy s’annonçait des plus alléchants. Après lecture, quel est le verdict ?
Il faut tout d’abord préciser que La Sagesse des morts n’est que le premier récit du livre qui comprend aussi deux autres nouvelles. Force est de constater que Rodolfo Martinez a très bien su reprendre le style particulier de Conan Doyle, mais aussi l’esprit typiquement holmésien du grand détective. Le lecteur connaisseur des précédentes œuvres du détective ne grince pas des dents à chaque page et ne peut que rendre hommage à cette bonne adaptation qui va jusqu’à pousser le réalisme en adoptant un style narratif à la première personne au nom du Docteur Watson. Ce dernier aurait dissimulé ces trois récits dans sa malle et c’est Rodolfo Martinez qui les aurait retrouvés près d’un siècle plus tard et publiés. Il faut aussi louer dans ce livre l’abondance de références historiques, ésotériques et canoniques (la présence de l’occultiste Crowley, les mentions de Jack l’éventreur, on y explique le tragique destin d’Isadora Persano retrouvé fou devant une boîte contenant un ver inconnu de la science, la disparition du clipper Alicia dans un banc de brouillard et celle de M. James Philimore…). Toutes ces pistes étaient restées irrésolues dans les livres de Doyle et les solutions apportées par Rodolfo Martinez ont le mérite d’être crédibles.
L’histoire la plus réussie est sans conteste la première avec un début classique pour une enquête de Sherlock Holmes qui tend petit à petit vers le surnaturel. L’intrigue est bien menée et réussit à conserver ses mystères jusqu’au bout, à l’instar des meilleurs livres du détective. Le lecteur ne s’ennuie pas une seconde sur les traces de l’insaisissable Lovecraft et se réjouit autant des péripéties qui en résultent que des démonstrations de froide logique de Holmes qui se rapproche de son objectif. On peut cependant reprocher à ce livre de manquer de folie. Le face à face entre le cartésianisme, le culte holmésien de la logique, et la fantasy et l’horreur de Lovecraft aurait mérité plus d’emballement dans l’histoire, une intrusion plus poussée du surnaturel.
La seconde histoire confronte l’ambiance holmésienne au monde de Dracula et Van Hellsing. Beaucoup plus tournée vers le surnaturel, depuis la terre au-delà de la forêt, elle trouve moins son intérêt dans l’enquête que dans le choc des méthodes entre Van Helsing et Holmes qui se trouvent tous deux sur la piste du Nosferatu invisible. Le style est aussi épuré que l’histoire, et on peut regretter à l’inverse que l’immersion brutale dans le fantastique n’ait pas été traitée sur plus de pages.
La dernière nouvelle - l’aventure du faux assassin - est assez étrange car outre l’intrigue plus convenue qui laisse pressentir la fin, on n’y trouve pas la moindre goutte du nectar de la fantasy à la différence des deux autres. Plus anecdotique qu’autre chose, la nouvelle clôture cependant honorablement ce livre relativement court d’environ trois cents pages.
Au final le mélange de polar, de fantastique et de fantasy réussit à former un tout homogène qui sort des sentiers battus, mais a parfois du mal à garder toute sa cohérence. La sauce prend moins sur certains passages et ne suspend que temporairement l’incrédulité du lecteur. Quoi qu’il en soit, l’adaptation de l’auteur espagnol reste très fidèle au ton des livres d’Arthur Conan Doyle et devrait convenir aussi bien aux amateurs de polars qu’aux lecteurs de fantasy souhaitant changer du tout venant.

6.5/10



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