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La Reine et le guerrier

Titre VO: The Riven Kingdom

Tome 2 du cycle : Les Seigneurs de la guerre
ISBN : 978-226508973-0
Catégorie : Aucune
Auteur : Karen Miller

Bien loin de Mijak et de sa cruelle Impératrice, le royaume d’Éthrie vient de perdre son roi. Rhian, sa fille unique est sa seule descendante. Mais jamais une femme n’a été autorisée à monter sur le trône. Le chef de l’Église, Morlan, est bien décidé à lui imposer un mariage forcé avec un seigneur fantoche qui sera l’instrument de son ambition démesurée.
Rhian, avec l’aide inattendue de Dextérité Jones, le fabricant de jouets officiel de la cour, projette de s’enfuir. Mais qui est l’inquiétant Zandakar qui accompagne Dextérité ? Un homme magnifique à la peau sombre et aux cheveux bleus qui parle une langue inconnue…

Critique

Par Luigi Brosse, le 08/02/2011

Un bon critique ne devrait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. C’est sans doute ce que l’on pourrait se dire après la lecture de ce second tome des Seigneurs de la guerre de Karen Miller. Pourtant, tout semblait bien parti, l’auteur avait su poser des bases solides, un univers crédible, voire même original. La fin, dramatique et réellement pleine de tension, nous préparait à tout. À tout sauf à ça !
La lecture de la quatrième de couverture vous donnera une idée très claire de ce que je veux dire. Avec cette deuxième partie d’arc, on entame un virage à 180° par rapport à tout ce que l’on connaissait jusqu’à présent. Fulie et Mijak passent totalement au second plan au profit de Rhian, princesse du royaume d’Ethrea. Royaume dont bien évidemment le roi est mourant et où les jeunes filles ne sont pas tolérées sur le trône. Ajoutez à cela un prélat qui ne pense qu’à régner dans l’ombre et, pour peu que vous ayez déjà lu un livre ou deux de fantasy, vous aurez une idée très précise de ce qui va arriver. Et non, vous ne couperez à aucun cliché : la fuite, les compagnons, le prince charmant, le retour triomphant…
Pas de quoi s’insurger, pourrait-on être tenté de dire. Après tout, nous sommes dans un roman de high fantasy et les clichés y sont un classique. Mais comme nous l’abordions dans notre podcast dernièrement, tout est dans l’art de les traiter, de les arranger. En particulier, il est important de rendre ses héros attachants et de savoir ménager le suspens et les surprises. Malheureusement, Rhian a autant d’épaisseur qu’une limande et on ne parlera même du toron de corde blanche qui sert d’intrigue.
C’est d’autant plus rageant qu’il y avait matière à écrire une histoire intéressante. Tout comme dans L’Impératrice de Mijak, le cœur du récit est centré sur la religion et le mysticisme. Certains passages de La Reine et le guerrier continuent donc les réflexions entamées précédemment, même si de manière trop superficielle. Le deuil et le repentir de Zandakar, ou encore les miracles du Dieu d’Ethrea en sont des exemples et constituent clairement des passages psychologiquement plus stimulants.
Néanmoins, l’auteur commet à mon avis deux erreurs majeures en ce qui touche à la religion. Le premier concerne Marlan le prélat et impacte directement ce tome. Marlan, bien que chef religieux n’a pourtant aucune foi et ne voit la religion que comme un moyen pour lui d’atteindre le pouvoir. Dans un monde où celle-ci est tout, cette absence de foi le pénalise clairement comme « grand méchant ». Jamais il ne se révèlera crédible dans son rôle et d’ailleurs, sa fin – risible et pathétique – illustre magistralement cet état de fait.
La seconde est d’émettre finalement une prise de position envers la religion de Mijak et cela risque de nuire à toute la fin de la série. Le premier tome était justement intéressant en cela qu’il laissait au lecteur la liberté de décider si Fulie représentait le bien ou le mal. Dommage que ce statu quo ne soit pas préservé jusqu’au bout, il aurait très clairement aidé à maintenir en haleine, ce qu’une énième lutte entre l’ombre et la lumière ne sera sans doute pas capable d’accomplir.
Bref, une fois arrivé à la fin du tome, on ne souhaite plus qu’une chose : l’arrivée rapide de Fulie pour mettre un terme à cette succession abominable de clichés. Le tome 3 viendra peut-être exaucer ce souhait, qui sait ? Après tout, l’auteur a su montrer qu’elle savait aussi gérer la violence et le sang. Néanmoins, le happy end mièvre se profile fortement à l’horizon.

5.5/10

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