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La Geste du sixième royaume

ISBN : 978-235408122-5
Catégorie : Aucune
Auteur : Adrien Tomas

Les cinq royaumes : des nations turbulentes et ambitieuses souvent en guerre. Au cœur des terres, un sixième royaume : la Grande Forêt légendaire, impénétrable et hostile. Dans les maisonnées de Sélénir, dans les cases de Val ou dans les yourtes des nomades des steppes de Khara, le soir au coin du feu, on raconte aux enfants la légende suivante : tes rêves, tes cauchemars comme les créatures fantastiques des contes que tu aimes tant peuplent le sixième royaume.
Alors, pourquoi un baladin perdu, une belle sorcière aux terribles pouvoirs endormie depuis cinq cents années, un jeune voleur des rues amoureux, un demi-nain commerçant débonnaire et un homme-loup monstre de foire se retrouvent attirés par la Grande Forêt ?
Que découvriront-ils ? La fin d’un monde ? Le sang et les larmes ? L’amour et la tragédie ?

Critique

Par Gillossen, le 30/09/2011

A l’occasion de cette rentrée de septembre, Mnémos (re)tente sa chance avec un autre auteur français, un autre premier roman, avec cette fois-ci Adrien Tomas, présenté d’entrée de jeu comme la «  nouvelle révélation  » du genre. Fatalement, ce type de déclaration, de bonne guerre et commune à tous les éditeurs, est à double tranchant.  
Ainsi, si cela fait longtemps déjà que vous êtes fâchés avec la fantasy épique, ce n’est sans doute pas vraiment s’avancer que d’affirmer que vous ne trouverez pas votre bonheur ici. En effet, avec La Geste du sixième royaume, nous sommes en pleine fantasy épique. Destinée, monde en danger, batailles, magie, nombreuses races, etc, etc… La grande majorité des figures imposées sont présentes. De quoi grincer des dents  ? Pas forcément  !
Dans ses meilleurs moments, le roman d’Adrien Tomas n’est pas loin par exemple d’invoquer/évoquer David Eddings, dans certains dialogues notamment, amusants ou enlevés. Mais dans les passages les moins convaincants, il faut bien admettre que l’on a parfois l’impression de tomber dans une partie de jeu de rôle couchée sur le papier. Et le problème, c’est que l’on sait qu’écouter (ou lire) quelqu’un vous raconter une partie dont vous ne connaissez rien n’est pas très agréable.  
Une chose est sûre, l’auteur a pris la peine et le temps de bâtir un univers cohérent. Citons une vraie chronologie, le travail et le soin apporté au peuple des sylphides (on sent là sans doute l’influence de ses études), les liens entre les différentes thématiques abordées… Adrien Tomas essaie aussi d’apporter sa propre patte, en jouant sur les clichés du genre  : le véritable passé des Elfes, le rôle des dragons, la nature du conflit entre le Père et l’Autre… Des petites touches  qui apportent un plus, même si, là encore, fondamentalement, ce n’est pas la première fois que l’on assiste à des variations de ce type.
La contrepartie négative de la chose existe, malheureusement  : de nombreuses plages explicatives, y compris par le biais des dialogues, qui pèsent sur le rythme du récit et lui donnent parfois des allures de guide, ou l’impression que l’on résume pour le lecteur, et non pour les personnages, les épisodes précédents.
L’histoire elle-même est bien menée, bien que globalement classique donc. La trame de base du genre est respectée, malgré donc la présence d’une certaine distance (bienvenue). Si cela peut vous aider à vous faire une idée, nous avions cité un peu plus haut Eddings, mais nous nous garderions bien de mentionner Terry Brooks, ce qui est pour nous un point positif. Un constat qui s’applique d’ailleurs aussi bien sur le fond que sur la forme.
Côté personnages, le casting hétéroclite et pléthorique du roman est par contre aussi généreux qu’inégal. Corius par exemple fait partie des protagonistes dont le destin ne touche guère le lecteur, à l’image de cette scène où il revient sur son passé. Il a beau dans le cas présent être décrit comme amer ou à fleur de peau, cela ne passe pas (pour ne pas dire plus…), à l’image de la figure de Moineau, dont les premières scènes évoquent là aussi des situations vues et revues. Encore que celui-ci connaisse un destin final qui, là, prend vraiment le lecteur à contrepied. Llir s’impose logiquement comme le personnage majeur et constitue un bon point d’appui pour le lecteur.
Un mot encore sur l’objet livre  : on peut féliciter et applaudir Mnémos des deux mains (d’une seule main, ce serait difficile…) pour n’avoir pas cédé aux sirènes du découpage. On aurait tout à fait imaginé un tel roman coupé en deux. Par contre, il faudra donc composer avec une police un peu petite, sans oublier quelques effets de mise en page pas toujours heureux (du fait de changements de police justement) et autres coquilles (page 160, pour n’en citer qu’une), cela dit peu nombreuses étant donné la taille du texte.
Concluons avec la note  : hors forum, il n’est pas dans nos habitudes de revenir sur nos notes, sachant que pour nous, ce n’est qu’un indicatif. Mais, dans le cas présent, si ce 6.5/10 vous semble sévère, n’oubliez pas que nous avons resserré notre notation depuis quelques mois et que… qui aime bien châtie bien  ! Car, contrairement à d’autres Mnémos récents, nous suivrons d’un œil curieux la suite du parcours d’Adrien Tomas.

5.5/10

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