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La Bibliothèque de Mount Char

Titre VO: The Library at Mount Char

ISBN : 978-220713552-5
Catégorie : Aucune
Auteur : Hawkins, Scott

Carolyn était une jeune Américaine comme les autres. Mais ça, c’était avant. Avant la mort de ses parents. Avant qu’un mystérieux personnage, Père, ne la prenne sous son aile avec d’autres orphelins. 
Depuis, Carolyn n’a pas eu tant d’occasions de sortir. Elle et sa fratrie d’adoption ont été élevés suivant les coutumes anciennes de Père. Ils ont étudié les livres de sa Bibliothèque et appris quelques-uns des secrets de sa puissance. Parfois, ils se sont demandé si leur tuteur intransigeant ne pourrait pas être Dieu lui-même. 
Mais Père a disparu – peut-être même est-il mort – et il n’y a maintenant plus personne pour protéger la Bibliothèque des féroces combattants qui cherchent à s’en emparer. 
Carolyn se prépare pour la bataille qui s’annonce. Le destin de l’univers est en jeu, mais Carolyn a tout prévu. Carolyn a un plan. Le seul problème, c’est qu’en s’acharnant à créer un nouveau dieu elle a oublié de préserver ce qui fait d’elle un être humain. 

Critique

Par Gillossen, le 06/12/2016

Attention, voilà un roman qui n’hésitera pas à vous bousculer…
Sorti il y a plus d’un an maintenant, The Library at Mount Char de Scott Hawkins (qui signe là son premier livre) a su peu à peu attirer l’attention, fédérant nombre de critiques élogieuses, le tout sans énorme battage promotionnel.
Le genre de parcours qui attire l’attention, en particulier par ici, mais qui ne garantit pas pour autant au lecteur d’avoir affaire à un roman qui sort de l’ordinaire. Vous l’avez toutefois compris, c’est bien le cas avec The Library at Mount Char
Je disais en préambule qu’il s’agit du genre de roman prêt à bousculer son lecteur et c’est une formule à prendre au mot. De la première à la dernière page, attendez-vous à passer par de vraies montagnes russes. Si Hawkins n’hésite pas à pratiquer l’humour (noir), il a également recours frontalement à une violence (notamment vis-à-vis de ses personnages, mais aussi de son propos) parfois tout ce qu’il y a de plus crue. Bref, vous pouvez vous attendre à sourire, voire ricaner, tout autant qu’à faire la grimace. C’est une liberté de ton déstabilisante mais finalement rafraîchissante, aussi surprenant que puisse paraître l’usage de ce terme. 
Pour tout dire, l’auteur semble à l’aise dans tous les domaines, même si le roman paraît souvent plus étrange que réellement original, dans le sens où l’on ne se dit pas non plus toutes les trois pages que l’on n’a jamais rien lu de tel. C’est la somme, l’accumulation de scènes souvent barrées (à l’image de la galerie de personnages qui les peuple), sans oublier qu’Hawkins ne nous prend pas par la main, qui renforce cette impression, mais ce n’est pas forcément une vérité absolue. Cela dit, précisément, la frontière entre vérité, réalité et illusion s’avère de temps en temps bien mince… 
Le mélange des genres y est également sans doute pour beaucoup dans cette impression de cocktail unique : fantasy bien sûr (et sans le moindre doute), mais aussi mythologie, horreur, roman noir… Hawkins jongle avec talent et passe de l’un à l’autre sans jamais retenir ses coups. Des coups qui le plus souvent ressemblent à de bons vieux directs au foie. On se demande, surtout au début, si l’auteur compte réellement nous emmener quelque part ou s’il ne s’agit pas d’esbroufe, mais non, The Library at Mount Char possède un vrai propos, de la substance, et ne mise pas tout sur une forme virevoltante.
On conçoit cela dit qu’il soit possible de ne pas accrocher et à vrai dire, si les premières pages ne retiennent pas votre attention, il sera probablement compliqué de reprendre pied par la suite. De même, dans la catégorie des petits défauts, certaines scènes paraissent fonctionner de façon plus efficace déconnectées du récit principal, comme si l’auteur avait plus de mal dans le “simple” liant. L’ensemble paraît ainsi (un peu) plus cohérent sur le fond que narrativement parlant, si l’on peut dire.  
Quoi qu’il en soit, ce roman n’en demeure pas moins une lecture délicieusement dérangeante la plupart du temps. Et on notera d’ailleurs question plaisir qu’il doit arriver l’année prochaine en français, dans la collection Denoël - Lunes d’encre, traduit par nul autre que Jean-Daniel Brèque. 
Une raison de plus de le noter dans votre planning !  

8.0/10

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