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L'Empire ultime

Titre VO: The Final Empire

Tome 1 du cycle : Fils-des-Brumes
ISBN : 978-236051010-8
Catégorie : Aucune
Auteur : Brandon Sanderson

Prix Elbakin.net 2010 : meilleur roman fantasy traduit

Les brumes règnent sur la nuit,
Le Seigneur Maître sur le monde.

Vin ne connait de l’Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d’acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de 1000 ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l’allomancie, la précieuse magie des métaux.
Mais Vin n’est pas une adolescente comme les autres. Et le jour où sa route croise celle de Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, elle est entraînée dans un combat sans merci. Car Kelsier, revenu de l’enfer, nourrit un projet fou : renverser l’Empire.

Critique

Par Thys, le 01/04/2010

Un temps présenté comme un Ocean’s Eleven à la sauce fantasy, le premier tome de cette trilogie, s’il ne déçoit pas à cet égard, prend aussi un malin plaisir à nous démontrer qu’il n’est pas QUE cela.
L’auteur réussit en effet le tour de force de mêler une intrigue et un rythme haletant à un confort de lecture très appréciable. Et pour cela, il dégaine sa première arme : la simplicité.
Simplicité dans le style tout d’abord, avec des mots simples, bien choisis, bien agencés. Définitivement, l’auteur ne mise pas sur les effets de style, sa prose n’a rien d’acrobatique mais elle est efficace, à tel point qu’elle se fait oublier au profit du monde, de l’ambiance, des personnages, de l’intrigue.
Parlons du monde justement. Encore une fois, c’est très simple : un monde qui survit difficilement suite à une catastrophe survenue il y a 1000 ans. La chose est pour ainsi dire banale, si tant est qu’un monde post-apocalyptique régi par un despote, le tout sur fond de castes et d’esclavage puisse vraiment être qualifié ainsi. C’est simple, mais c’est bien fait, et ça marche, on adhère, on y entre sans difficulté, on visualise, on s’y croirait presque.
Idem du fonctionnement de la société, de l’ambiance, du système de magie, des personnages et de leurs motivations. Là encore, l’auteur maîtrise, on les comprend vite et ça nous laisse du temps de cerveau disponible pour gérer la seconde arme de l’auteur, et non la moindre : de très bonnes idées !
A commencer par le système de magie. Simple mais original et pas (trop) tiré par les cheveux. Différents pouvoirs accessibles à certains élus qui tirent leur énergie de l’ingestion de métaux… Il fallait y penser, c’est un brin abracadabrantesque, mais un brin qui se digère bien et qui s’apprécie. Cette nouveauté est rafraîchissante et change des systèmes de magie un peu vagues, dont on ne comprend pas toujours les limites, les pré-requis, les enjeux. Ici tout est clair… Du moins, pendant un moment au moins.
Car l’auteur a également pour lui l’originalité de son intrigue et sa capacité à ménager le suspens et à distiller les réponses petit à petit, avec une parcimonie qui nous fait comprendre qu’il en garde sous la semelle pour les prochains tomes.
Encore une fois, voilà qui nous change ! L’organisation du “casse du millénaire” dont les enjeux dépassent largement la simple cupidité, on est loin de la quête classique du petit paysan illettré qu’une prophétie désigne pour sauver le monde. Et pourtant, il y a des héros, des élus, des prophéties, un monde à sauver… tous les éléments classiques sont là. Mais, avec les mêmes ingrédients agrémentés d’une idée par-ci, d’un coup de poker par-là, au lieu de nous faire une vulgaire purée de patates, l’auteur nous sert une délicieuse tourte aux pommes de terre, toute simple mais savoureuse, ni trop lourde, ni trop indigeste, et assaisonnée juste comme il faut (la critique s’engage publiquement à répondre de sa métaphore culinaire en forum).
Bref, ce premier tome est une franche réussite, sans compter que l’on a gardé le meilleur pour la fin : les personnages. Réussis, crédibles, ils jouent leur rôle sans trop en faire, pour la plupart et, même lorsque l’auteur se lâche, ça fonctionne, rien à dire.
En somme, un premier tome qui tient en haleine de bout en bout et qui vous accroche par sa simplicité et ses qualités dont la moindre n’est pas de vous surprendre sans cesse car lorsqu’on croit savoir où veut en venir l’auteur, eh bien, souvent, on a tort.

9.0/10

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