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Frankia - 1

Tome 1 du cycle : Frankia
ISBN : 978-235408046-4
Catégorie : Aucune
Auteur : Jean-Luc Marcastel

1940, Seconde Guerre Mondiale. Dans une France décalée où la magie se mêle à la technologie, les tracteurs à vapeur sont actionnés par des élémentaires de feu, les arachnopanzers et mécanovouivres déchaînent leur fureur mécanique, les protocoles technomanciens altèrent la réalité, les orcs, colonisés et exploités, se sont battus aux côtés des Frankiens pendant la première guerre mondiale et les elfes sont persécutés et exploités par les Teutoniens et leur maître, le Technarkonte Von Drakho. C’est dans ce contexte que Loïren, un jeune Frankien élevé par un orc, en zone libre, va recueillir une jeune femme elfe poursuivie par la milice… et se retrouver au cœur du conflit qui embrase Europa. Derrière l’Histoire, celle des États et des Nations, ici ou ailleurs, se cachent le combat, la haine et l’amour des hommes et des femmes emportés dans la tourmente, qu’ils soient réels ou imaginaires…

Critique

Par Belgarion, le 18/02/2009

Après une série de cinq livres traitant du médiéval, Jean-Luc Marcastel nous entraîne vers une période de l’histoire plus troublée où Frankia vient d’être envahie par les hordes teutonnes en juin 1940 et panse ses douloureuses blessures. Cependant, l’histoire entre de plein pied dans l’uchronie avec une idée de base originale où des éléments fantasy remplacent les protagonistes de la seconde guerre mondiale. Ainsi, dans un contexte historique identique les humains dominent la carte européenne, les teutons quant à eux tiennent plus du cyborg que de l’être humain et viennent de conquérir un vaste territoire, les orcs jouent le rôle des combattants africains déplacés de leur pays, alors que les elfes tiennent tête à Von Drakho et sont assimilés aux juifs - et persécutés comme tels.  Il est néanmoins dommage que l’auteur ne se soit pas plus démarqué de cette transposition en créant de réelles innovations car jusque là seuls les noms changent alors que l’histoire suit le cours de l’Histoire stricto sensu. Remplacez les races, le commandeur Noiron par le maréchal Pétain, l’Überkaiser Von Drakho par le Führer Hitler, Frankia par la France et vous aurez de nouveau la trame historique classique, la magie en moins.
L’intrigue est bien tournée avec une vaste allégorie du combat entre la technologie contre la magie liée à la Nature qui est traitée ici avec passion et talent. Les multiples tentatives des trois héros pour échapper aux dangers de l’Occupation et des teutons donnent lieu à de multiples rebondissements et le lecteur n’a pas l’occasion de s’ennuyer. De plus, la trame principale dispose de plusieurs autres intrigues sous-jacente qui laissent supposer de belles révélations dans les prochains tomes à l’instar du passé de Loïren qui promet de nombreuses complications et un capital surprise très important.
Un autre point fort du récit tient en le caractère finement étudié des principaux protagonistes qui savent se rendre très rapidement intéressants et attachants en dépit de quelques phases d’agacement. Une mention spéciale peut être décernée à la jolie elfe Faëllia qui cache de nombreux secrets et dont le courage est ici tempéré par certaines vulnérabilités touchantes. Les sentiments des personnages, exacerbés au fil du récit, sont ici très bien retranscrits.
Il faut malgré tout pointer du doigt l’autre point négatif de ce livre avec un manichéisme poussé à l’extrême. Les stéréotypes ne manquent pas dans les différents portraits de personnage avec le gentil instituteur de gauche résistant à ses heures, la grosse brute au cœur tendre révolté par l’injustice, ou encore le veilleur fasciste qui ne pense qu’à torturer tout ce qui bouge. Les races sont aussi vues de manière caricaturale au point d’agacer avec les nains besogneux qui ne travaillent que dans la mécanique, les méchants collabos frankiens qui ne pensent qu’à l’appât du gain - quand ils pensent -, les teutons inhumains et sadiques dépourvus de la moindre humanité ou encore les orcs représentés comme de fiers sauvages massacrés et exploités par les humains. Tous les messages ainsi véhiculés sont nobles et respirent les bons sentiments, mais en dépit du manichéisme clairement assumé par l’auteur il aurait été peut-être plus intéressant de les faire passer avec plus de finesse.
Au final, l’ambiance générale qui se dégage de Frankia est très particulière et n’est pas sans rappeler des bons souvenirs du jeu Arcanum où ce mélange de magie, de science et de races contribuait à créer une histoire riche et dynamique. Les pistes à la fin du tome 1 ne manquent pas et leur développement sera ardemment attendu pour savoir ce qui arrivera aux trois héros et leurs alliés qui se trouvent être en bien mauvaise posture. Il est d’autant plus dommage de voir ce potentiel gâché en partie par une histoire générale encore trop calquée sur la nôtre et par un manichéisme outrancier.

6.0/10

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