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Elric et la porte des mondes
Catégorie : Aucune
La saga d’Elric le Nécromancien de Michael Moorcock est un classique de la fantasy mondiale.
Reflet sombre et torturé du Conan de Robert E. Howard, Elric, prince albinos déchu, mène une quête désespérée et sanglante sous l’empire de son épée maléfique Stormbringer.
Composée de 19 nouvelles, cette anthologie réunit quelques-unes des meilleures plumes françaises, qui toutes rendent hommage à leur façon à l’un des personnages cultes de l’heroic fantasy.
Critique
Par Gillossen, le 21/05/2006
Les fans du Prince des Ruines, ancien empereur albinos de l’Île des Dragons, avaient déjà pu prolonger l’expérience avec Les Contes du loup blanc, recueil de nouvelles en deux tomes - chez Pocket - d’auteurs anglo-saxons, en hommage à la création la plus connue de Michael Moorcock…
Voici maintenant la même chose version frenchie, avec 19 récits collectés par Richard Comballot, que l’on ne peut que féliciter pour cette initiative et le travail qu’elle a dû exiger afin de la mener à bien.
Passée l’introduction de Moorcock himself, un peu courte malheureusement - mais où il fait part de son envie d’un réalisateur français pour Elric ! Flatterie ou réel désir de sa part ? - on entre aussitôt dans le vif du sujet, avec une nouvelle de Léa Silhol, qui signe d’ailleurs l’une des plus réussies. Mais il ne s’agit pas de les passer en revue une par une en distribuant bons et mauvais points. La critique d’un recueil de ce type n’est jamais aisée.
Toujours est-il que les auteurs les plus attendus proposent en général les récits les plus marquants. Pierre Pevel, Xavier Mauméjean, ou encore Pierre Bordage ne déçoivent pas, loin de là. Classique ou plus original, certains imposent même leur patte au personnage, tel Johan Héliot, même si sa nouvelle s’avère au final un peu vaine, bien que basée sur une idée très… rock’n roll (Stormbringer transformée en guitare électrique, il fallait y penser) ! Mention aussi pour Ayerdhal en duo avec Eric Cervos, transposant Elric dans le Londres de Jack l’éventreur…
On le voit, les idées ne manquent pas, mais toutes ne font pas mouche, tel un Elric dans un MMORPG futuriste, mais au moins ont-elles le mérite d’essayer des approches inédites. Ce n’est malheureusement pas le cas de toutes, certaines se contentant de reprendre la formule développée par Moorcock, soit une petite aventure sans réelle incidence pour son héros. Eh oui, lui-même n’a pas écrit que des perles… Frères des hyènes se rattrape par son ambiance réussie, quand d’autres se survoleraient presque, La Forteresse de l’obscur par exemple se révélant assez symptomatique de cet état de fait : plutôt portée sur la pompe, l’histoire se lit avec raideur, ne parvenant pas à réveiller le souvenir de ces premières lectures, ces premières découvertes des aventures désabusées du Prince Albinos.
Une ou deux nouvelles en moins, ou un ou deux auteurs en plus (Michel Pagel, au hasard ?), aurait peut-être été préférables, mais cela n’enlève cependant rien à la valeur et à la cohérence remarquable de l’ensemble, pour un recueil de cette ampleur.
Sans aucun doute donc, un achat plus que recommandé pour tous les amateurs du dernier souverain du glorieux Empire de Melniboné, dix fois millénaire !
8.5/10
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