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L' Ombre du bourreau

Titre VO: Book Of The New Sun (Ce Cycle est En Cours)

Auteur : Gene Wolfe
L' Ombre du bourreau

L' Ombre du bourreau - 1

Cloîtré depuis l’enfance entre les murs austères de la tour Matachine, l’apprenti bourreau Sévérian ignore tout des ruelles bruissantes de Nessus et, au-delà, des merveilles et dangers de la planète Teur… jusqu’au jour de son bannissement. Car l’amour que lui inspire la trop belle Thècle, condamnée à la question, l’amène à trahir ses maîtres. Exilé dans une lointaine province, c’est seulement armé de son étrange épée - Terminus Est - qu’il devra affronter son destin.

L' Ombre du bourreau

L' Ombre du bourreau - 2

Cloîtré depuis l’enfance entre les murs austères de la tour Matachine, l’apprenti bourreau Sévérian ignore tout des ruelles bruissantes de Nessus et, au-delà, des merveilles et dangers de la planète Teur… jusqu’au jour de son bannissement. Car l’amour que lui inspire la trop belle Thècle, condamnée à la question, l’amène à trahir ses maîtres. Exilé dans une lointaine province, c’est seulement armé de son étrange épée - Terminus Est - qu’il devra affronter son destin.


Critique

Par Vvarden, le 06/05/2006

Hep le petit au fond de la classe, enlève les doigts de ton nez. Tiens, et pour t’apprendre tu me feras la critique de L’Ombre du bourreau de Gene Wolfe. Non, l’auto-mutilation ne te dispensera pas de ta tâche, n’y pense même pas.
Coincé.
L’Ombre du bourreau… Autrefois, 4 tomes chez Denoël, aujourd’hui réédité en deux tomes de mille pages chez Lunes d’encre, édition revue, corrigée et augmentée. Écriture serrée, dense, foisonnante et incroyablement riche. Dix fois relue et dix fois redécouverte. C’est une œuvre de Fantasy qui contient nombre d’éléments de science fiction. Mais ce n’est ni l’un, ni l’autre, c’est tout simplement un monument de la littérature qui transcende la majorité de tout ce qui a pu être édité dans les genres sus-cités.
Seulement voilà, l’excellence se mérite et les souvenirs de Sévérian le bourreau ne sont pas facilement accessibles, surtout sur deux milles pages. Même si l’ouvrage ne se partage finalement qu’entre deux acteurs : Sévérian, ex-bourreau déchu et Teur, une si belle planète en fin de vie, qui compte les artefact technologiques de son glorieux passé, rides d’une dame qui refuse de basculer dans le néant de l’oubli. Jack Vance revisité par Borges.
C’est fou, le nombre de termes que peut comporter une langue. Il est linguiste, Monsieur Wolfe ?
Ami lecteur, ne fuis pas, nous allons maintenant te narrer quelques éléments de l’étrange histoire de Sévérian. Approche toi du feu, pose ton os et écoute attentivement.
Sévérian, tout petit, fut destiné à devenir artiste bourreau dans un monde décadent, à mi chemin entre le rêve Steampunk et la barbarie. Sur le point d’accéder à son poste légitime, Séverian commet l’impardonnable faute de s’éprendre d’une de ses clientes et de lui permettre de se supprimer. Vraiment moche, après un conditionnement aussi intensif. Pas de repêchage pour Sévérian, donc, celui-ci est immédiatement exilé, excommunié pourrait on dire, tellement la guilde des bourreaux parait ressembler à un ordre ecclésiastique que je ne citerais pas. Commence alors réellement l’histoire de Sévérian et celle de Teur, la planète mourante.
Tous les auteurs parlent de parcours initiatique. Nous avons ici le fin du fin du fin en la matière.
Le pèlerin déchu prend la route et croise une galerie de personnages hors du commun. L’homme qui doute et qui se souvient, vit moult situation critiques et certains choix de Sévérian n’obéissent pas forcément aux règles étroites de l’honneur et de la dignité. Et oui, ce n’est qu’un homme ! Comme dans tout bon roman, Sévérian possède quelques avantages, tels une épée “Terminus Est” et un bijou/artefact étrange “La griffe”.
Et Teur est un monde brutal, il faut se battre pour survivre. A priori, Sévérian est bien adapté à son monde… Tromperies, batailles, traquenards, ma foi, l’ouvrage n’est pas qu’introspection, l’action est omniprésente. Le nombre de seconds rôles et leur originalité sont proprement effarants. J’ai parfois l’impression que l’auteur passe de la chanson de Geste à l’écriture de l’Edda en quelques chapitres tout en donnant une quantité invraisemblable de détails concernant l’environnement. Sans compter une touche “compagnies franches” à l’italienne que ne renierait pas Glen Cook. C’est d’ailleurs cette densité narrative et cette navigation stylistique qui ne nous permettent pas d’embrasser l’ensemble de l’œuvre en une seule lecture.
Les situations sont variées et parfois très romanesques, mais il faut se rappeler que c’est Sévérian lui-même qui conte son histoire. N’est elle pas très subjective ? Un malin, ce Wolfe…
Bien sur, la fin se termine en apothéose mais n’est pas exempte de surprise, que je vous laisse découvrir.
Ce n’est pas un livre. C’est une œuvre. Majeure.
J’en profite pour proposer un mariage Mary Gentle/Gene Wolfe. Ou Cendres et Sévérian. (C’est Gilles Dumay qui paye, évidement.)

9.0/10


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