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Coeur d'encre

Titre VO: Tintenherz

Tome 1 du cycle : Cœur d'encre
ISBN : 978-207062205-4
Catégorie : Jeunesse
Auteur : Cornelia Funke

Meggie a 12 ans et vit retirée du monde avec son père, Mo, un relieur de livres. Ils partagent tous deux une passion pour la lecture, mais curieusement, Mo n’a jamais lu à voix haute à sa fille. Une nuit, un personnage des plus mystérieux fait irruption chez eux. Commence alors une incroyable aventure dans laquelle se mêlent réel et imaginaire… Car Mortimer possède un pouvoir extraordinaire : lorsqu’il se met à lire à haute voix et avec passion, certains élements ou personnages de ses lectures peuvent prendre vie…

Critique

Par Darkfriend, le 25/08/2006

Le nom de Cornelia Funke ne disait probablement pas grand-chose au lecteur francophone avant le mois dernier, et peut-être même encore maintenant. Pourtant il fait actuellement fureur en Allemagne et même Outre-Atlantique, ce qui est une performance remarquable quand on sait la répugnance des américains à traduire des œuvres étrangères en anglais. L’inverse étant bien plus commun !
Pour cette écrivaine allemande, qui a déjà produit une quarantaine de livres tous plus ou moins destinés aux enfants, Cœur d’encre est le premier qui bénéficie d’une attention médiatique soutenue, au point qu’on en est venu très rapidement à la présenter comme la « Rowling allemande ». En effet, le même large créneau est visé : à la fois enfants et adultes devraient se retrouver dans une histoire de genre fantasy narrée par Cornelia Funke. Mais la comparaison s’arrête là.
Premier volume d’une trilogie, Cœur d’encre devrait être suivi de Tintenblut, (titre original, Cœur d’encre s’intitulant Tintenherz) autrement dit Sang d’encre, et devrait paraître d’ici peu. Mais ce premier opus peut parfaitement se suffire à lui-même, même si quelques questions restent ouvertes…
Encore un mot sur le livre lui-même : il est très beau, les illustrations sont de la main même de l’auteur, et chaque chapitre s’ouvre au préalable avec une citation soigneusement choisie et provenant d’un autre livre (le Seigneur des Anneaux est par exemple cité). En fait, Tintenherz est avant tout une ode aux livres et à ceux qui les lisent !
Alors ? Après lecture, ce livre est-il à recommander ? Certainement. Mais à condition que l’on garde la mesure de toute chose : contrairement à ce que nous rebattent les médias, il ne faut surtout pas comparer Funke et Rowling ! Dans Cœur d’encre, la fantasy n’apparaît pas à chaque ligne mais reste discrètement en arrière-fond. Pour une fois, ce ne sont pas des personnages normaux qui pénètrent dans un monde merveilleux, c’est même plutôt le contraire. Les méchants de l’histoire sont des petites frappes et non des horribles entités qui rêvent de détruire le monde. Quoique la fin de Cœur d’encre conduit à réviser quelque peu ce jugement… Le livre de Cornelia Funke est intelligent et contient de fines réflexions qui pourront toucher autant les adultes que les enfants. Pourtant il me semble qu’il manque parfois un « petit quelque chose » dans la narration : un peu d’humour, un peu plus de folie, un peu plus de caractère…ce qui n’enlève rien à la qualité d’écriture de Cornelia Funke : son allemand, riche en vocabulaire, touche parfois à la poésie et j’avoue avoir éprouvé un frisson d’émotion à deux-trois reprise lors de ma lecture laborieuse, notamment lors d’un superbe passage où Mortimer lit à haute voix un extrait de L’Île aux trésors de Stevenson.
La note, quelque peu sévère, est peut-être liée au fait que l’on pourrait s’attendre de prime abord à une forme de Fantasy qui soit proche de celle de Rowling, ce qui ne s’est pas du tout révélé ainsi. Encore une fois, une telle comparaison dessert Funke plus qu’elle ne l’aide ! Cela dit, le reproche le plus important que j’adresse à Cœur d’encre, c’est celui de sa longueur. La trame est simple, et il y a une unité de lieu et d’action du début à la fin du livre, on devine souvent assez bien ce qui va se passer, et pourtant il fait 576 pages ! Certains passages sont un peu lourds à digérer, mais cela est probablement une impression déformante de la part d’un lecteur francophone pour qui une lecture en allemand d’une taille aussi conséquente n’est pas un effort aisé.
En somme, une lecture plutôt rafraîchissante, qui parvient à sortir des sentiers battus.
(NdR : Le livre est critiqué ici dans sa version originale allemande)

7.5/10

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