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Chasse royale (première partie)

Tome 2 du cycle : Rois du monde
ISBN : 978-236183192-9
Catégorie : Aucune
Auteur : Jean-Philippe Jaworski

Voici neuf ans que le haut roi Ambigat m’a admis à la cour du Gué d’Avara. Voici neuf ans que j’ai trouvé ma place parmi les héros bituriges.
Toutefois, quoiqu’il demeure redoutable, le souverain vieillit. Sa force vitale s’épuise et les royaumes de la Celtique déclinent. Nos troupeaux sont malades. Nos blés pourrissent sur pied. Les jeunes fils du souverain meurent… La disette et le mécontentement grondent au sein des tribus. Si les dieux se sont détournés du haut roi, que feront les chefs des nations clientes ? Certains ne rêvent-ils pas de renverser Ambigat, de s’emparer du pouvoir, de restaurer la prospérité ?

Critique

Par Gillossen, le 11/05/2015

C’est un peu plus de 18 mois après le premier volume de Rois du monde que la suite de Même pas mort nous arrive (enfin !). Et la première chose à laquelle on songe ici, c’est à quel point on reprend facilement pied dans cet univers.
Que ce soit via une scène de chasse, une conversation au coin du feu ou même dans les flammes d’un incendie, le verbe de Jean-Philippe Jaworski nous ramène, sans jamais paraître daté ou confus, vers ces temps troublés de la Celtique et ses mirages brumeux. C’est assurément l’un des points forts de l’auteur, celui qui saute aux yeux. Peu importe ce qu’il nous raconte finalement, on se laisse prendre au jeu tant son style est fluide et sans jamais faire l’impasse sur un vocabulaire recherché ou des envolées plus lyriques. Tout n’est pas forcément parfait à la virgule près, car, avec un tel niveau global, le moindre adverbe en trop ou la phrase un poil moins limpide ressort vite du lot. Mais l’ensemble se révèle si fluide que le roman aurait tout aussi bien pu faire 2000 pages sans que l’on s’en lasse un seul instant.
Toutefois, il ne s’agit évidemment pas de louer uniquement la forme, aussi chiadée soit-elle. Après tout, connaissant l’auteur, on n’en attendait pas moins de sa part sur ce plan. Sur le plan scénaristique, Bellovèse nous conte son histoire sans retour en arrière cette fois et, entre histoires de familles, querelles de sang et légitimité druidique, on navigue avec lui au plus près de ces différents conflits et de leurs conséquences souvent terribles. Cette Gaule celtique est à la fois belle, exigeante et cruelle.
Peu à peu, la tension monte au fil de longues séquences aux enjeux parfois étouffants et le final, si l’on met de côté les toutes dernières pages où ladite tension retombe quelque peu (par rapport à ce qui précède en tout cas), tutoie ce que l’auteur a fait de mieux, avec, sans vouloir entrer dans les détails, des instants saisissants à la mise en scène épique et des adieux amers et émouvants.
Ce qui n’empêche pas des dialogues teintés d’humour et à la gouaille bienvenue, capables parfois de désamorcer à eux seuls les pires animosités… ou pas. On peut également mentionner le nombre de personnages à intervenir, chacun justement doté de sa propre voix, quitte à se retrouver sur le devant de la scène le temps de quelques répliques. Ce qui n’est tout de même pas une mince affaire, quand on songe que beaucoup de noms se ressemblent. A l’image d’ailleurs du soin apporté par Jean-Philippe Jaworski à son évocation du monde celtique : jamais pesante, on sent derrière l’intrigue un rigoureux travail de synthèse.
A vrai dire, on n’aurait que deux petites réserves à émettre, et encore, s’il le fallait vraiment : tout d’abord, une plongée dans les pensées de “Bel” qui parfois ne fait que souligner ce que l’action nous montre déjà, au risque de ralentir celle-ci. Et, malgré tout, malgré l’emballement final ou le poids des dernières pages et de leurs perspectives, toujours un petit goût de trop peu… Un trop peu évidemment nourri par la qualité d’ensemble du roman, qui nous fait espérer encore un peu plus à chaque page. Sans compter que l’on juge dans le cas présent une première partie, puisque Les Moutons électriques ont annoncé voici quelques jours que la trilogie initialement prévue compterait finalement 4 volumes.
Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une suite à la hauteur de tout le bien que l’on pensait déjà du tome précédent.

8.0/10

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