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Brisingr

Tome 3 du cycle : La Trilogie de l'héritage
ISBN : 978-274701456-4
Catégorie : Jeunesse
Auteur : Christopher Paolini

Eragon a une double promesse à tenir : aider Roran à délivrer sa fiancée, Katrina - prisonnière des Ra’zacs -, et venger la mort de son oncle Garrow. Saphira emmène les deux cousins jusqu’à Helgrind, les Portes de la Mort, repaire des monstres.
Or, depuis que Murtagh lui a repris Zar’oc, l’épée que Brom lui avait donnée, Eragon n’est plus armé que du bâton du vieux conteur. Tandis qu’il veille au pied de la sinistre citadelle, Eragon s’interroge : viendra-t-il à bout des Ra’zacs ?
Il est vrai que, depuis la cérémonie du Sang, à Ellesméra - la cité elfique -, le jeune Dragonnier continue de se transformer, acquérant peu à peu les traits et les fabuleuses capacités d’un elfe. Et Roran mérite plus que jamais son surnom de Puissant Marteau. Quant à Saphira, elle est une combattante redoutable…

Critique

Par Gillossen, le 26/04/2009

De toute évidence, le succès de librairies des aventures d’Eragon et sa clique ne se dément pas, à l’image des ventes à l’automne dernier de l’autre côté de l’Atlantique, mais aussi depuis quelques semaines maintenant en France. Voilà quelque chose qu’il est impossible de nier.
Tentons pour l’occasion de revenir sur le roman lui-même, ce troisième tome, Brisingr, avec un peu plus de recul pour le coup. Porteur de bien des espoirs, serait-ce là enfin le tome du retour en grâce pour Paolini ?
Malheureusement, inutile de vouloir préserver un semblant de suspense plus longtemps : la réponse est non. Du début à la fin de ce long, long, long roman, la plupart des personnages arpentent Alagaësia avec un sentiment grandissant de frustration, comme ballotés par un destin sur lequel ils n’ont aucune prise. Une sensation finalement partagée par le lecteur…
On se souviendra que ce troisième tome était à l’origine censé être le dernier de la saga, avant que l’auteur et son éditeur n’en annoncent un quatrième. Paolini voulait avoir la place et le temps de boucler la boucle, de démêler la totalité des fils de son intrigue. Dans ce cas, comment expliquer que tant de longueurs persistent encore ? Sans aller jusqu’à dire, une fois de plus, qu’il aurait pu subir un régime draconien, Brisingr s’avère de toute évidence boursouflé.
Et ce ne sont pas les pseudos-révélations que l’on voyait venir depuis les toutes premières pages du tome 1 ou les rebondissements – familiaux là encore… - mettant en scène certains personnages secondaires, du côté des Nains par exemple, ou d’autres, qui peuvent vraiment soutenir l’armature d’un tel roman qui se veut récit épique haut en couleurs courant sur des centaines de pages. Pour un peu, on pourrait se contenter de lire les cinquante premières et cinquante dernières pages, que l’on ne serait pas moins avancé pour autant.
Qui plus est, Paolini lui-même n’a plus 15 ans : cela ne voit dans le traitement de certains personnages, dont à travers les réactions d’Eragon, mais étrangement, l’auteur se montre souvent toujours aussi maladroit qu’à ses débuts sur le plan du style, ce qui risque bien d’agacer rapidement les curieux, tandis que les préoccupations et errances – au propre comme au figuré – de son héros pourraient quant à elle ennuyer ses lecteurs les plus jeunes, qui attendent davantage de dragons et de jolis sorts, simple constatation.
Il n’en demeure pas moins que l’auteur semble lui toujours y croire, et que cette passion passe toujours dans le cadre des passages les plus réussis, malheureusement souvent noyés dans l’académisme et la redite. Paolini a de toute évidence opté depuis longtemps pour la constance…

5.5/10

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