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Avilion

ISBN : 978-220726179-8
Catégorie : Aucune
Auteur : Robert Holdstock

Moitié humaine par son père Steven Huxley, moitié imago par sa mère Guiwenneth, Yssobel a entrepris un dangereux voyage vers Avilion, le cœur du bois des Ryhope, afin d’y retrouver un roi du passé grièvement blessé : son grand-père maternel, Peredur. Mais en chemin, elle s’est perdue. Jack, son frère, est persuadé que son grand-père paternel, George Huxley, peut l’aider à retrouver Yssobel. George connaît presque tous les secrets de la forêt. Jack décide de quitter la forêt des mythagos et de rejoindre pour la première fois de sa vie l’autre monde, cette Angleterre moderne dans laquelle se trouve la demeure familiale d’Oak Lodge. Confrontés aux difficultés de leur quête respective, Yssobel et Jack vont découvrir à quel point il est douloureux d’être écartelé entre deux réalités, celle du Sang et celle de la Sève.

Critique

Par Gillossen, le 19/04/2012

Au mois de novembre 2009, Robert Holdstock nous quittait, brutalement. Et, avec lui, s’éteignait l’une des voix les plus singulières de la fantasy.
Mais cette année 2009 marquait également, avec la publication d’Avilion, le grand retour de l’auteur dans l’univers des Mythagos, après la trilogie Merlin.
Un retour évidemment attendu : les mystères de Ryhope restent bien entendu étroitement associés au parcours littéraire de Robert Holdstock. Quel lecteur n’a pas été marqué par la lecture de La Forêt des Mythagos ou de Lavondyss ? Que l’on ait été envoûté par ces créations longtemps après avoir refermé ces ouvrages ou que l’on soit au contraire resté hermétique au pouvoir d’évocation de l’auteur, difficile en tout cas de prétendre qu’il s’agissait là de romans banals.
Et c’est une nouvelle fois de ça qu’il est question ici. De magie. De paradigme. De croisée des chemins. De côté rouge, de côté vert. D’histoires. 
Avec Avilion, Robert Holdstock revient précisément aux sources de son propre mythe. On retrouve en effet des figures bien connues de la plupart des amateurs, comme George ou Steven Huxley, Guiwenneth, son épouse, ou le redouté Christian… Mais ce nouveau tome met surtout l’accent sur les voyages de Jack et Yssobel, les deux enfants du couple Steven/Guiwenneth, à moitié humains et à moitié mythagos. Yssobel, fascinée par son côté vert et Avilion et Jack, qui rêve quant à lui de découvrir le monde d’origine de son père et va devoir partir sur les traces de sa soeur, disparue. 
Si Lavondyss, par exemple, vous avait paru un peu trop abstrait, si vous aviez trouvé parfois que l’auteur s’égarait lui-même au détour de certains sentiers, quitte à vous laisser sur le bord de la route, Avilion devrait vous rassurer.  Le roman adopte en effet une narration bien plus classique, renouant là encore avec les racines du cycle. Si Holdstock varie les points de vue ou bien a recours à quelques analepses, essentiellement dans la première moitié du livre, l’ensemble est bien plus aisé à suivre. 
Ce qui n’entache en rien la portée symbolique de l’ouvrage, toujours aussi riche en thématiques, en développements mythopoétiques, ou l’émotion qui naît à la lecture de certains passages, qui naît et nous étreint, notamment au fur et à mesure que l’on s’approche de la conclusion. Robert Holdstock nous dépeint une histoire de destinées, de passions, de choix, des choix à assumer, à regretter. Dans les pas de Jack, personnage quelque peu effacé mais loin d’être inintéressant, ou de la flamboyante Yssobel, aux côtés de Steven, père aimant et époux fidèle, ou de Guiwenneth, la princesse tourmentée hantée par son passé, le lecteur se prend à rêver une fois de plus de ces bois et des questions qu’ils recèlent, à commencer par : de qui est-on le fantôme ? Ou plus prosaïquement, comment faire la paix avec soi-même ? 
Car au-delà du poids du mythe, Robert Holdstock nous présente aussi, tout simplement, l’histoire d’une famille, avec ses moments de bonheur, ses disputes, ses non-dits. Là encore, la plume de l’auteur fait mouche. Posée, simple mais pénétrante, la prose d’Holdstock transporte le lecteur, à travers le temps, à travers l’espace, invoquant Ulysse ou Arthur, mais pouvant tout aussi bien nous dévoiler les mésaventures plus sombres qu’il n’y paraît d’un “simple” petit garçon des environs comme “J’Vous’L’DiraisPas”. L’auteur confirmait une fois de plus qu’il pouvait se muer en véritable magicien des mots. 
Si, à l’évidence, Avilion se positionne donc comme un récit plus conventionnel en apparence, aux allures de quête (intérieure), ce roman n’en demeure pas moins porteur d’une véritable ambition, témoin de l’assurance d’un auteur en pleine possession de ses moyens, sûr de son art. Un quart de siècle après avoir initié ce cycle, Robert Holdstock le retrouvait donc une dernière fois.
Et à l’image des poèmes qui concluent ce volume, on ne peut que regretter son départ prématuré, page après page…     

Avilion sera disponible en librairie le 15 mai. Profitons de ce dernier rappel pour saluer là encore le travail de la collection Lunes d’encre et la magnifique illustration de couverture de Guillaume Sorel, voulue par Robert Holdstock lui-même.  

8.0/10

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