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Amatka

ISBN : 978-237049059-9
Catégorie : Aucune
Auteur : Tidbeck, Karin

Bienvenue à Amatka… où chacun joue un rôle, où le langage possède d’étranges propriétés et où rien, pas même la texture de la réalité, ne peut être garanti.” 
Ainsi se présente Amatka, cette austère colonie antarctique aux ambiances post-soviétiques. Amatka, lieu interdit à la dissidence et aux sentiments, espace exigu où la liberté niche dans les recoins obscurs du langage, est une communauté heureuse mais totalement figée. Lorsque Vanja, une “assistante d’information”, est envoyée en mission là-bas pour y collecter de l’intelligence à des fins gouvernementales, elle comprend rapidement que son séjour qu’elle prévoyait expéditif sera moins routinier qu’envisagé. Et pour cause, le point de bascule n’est jamais très loin dans cette colonie d’hiver, de sorte que Vanja sera amenée à enquêter parmi les ombres d’Amatka, celles qui revendiquent l’insurrection… 

Critique

Par Gillossen, le 10/04/2018

Depuis leurs débuts, les éditions La Volte se sont toujours distinguées par des parutions singulières et souvent atypiques. 
Amatka ne déroge certainement pas à la règle.
Le roman de la suédoise Karin Tidbeck dépeint un monde en vase clos étouffant et glacé, quand il n’est pas glaçant. Il joue aussi avec nos repères. On ne sait jamais vraiment où l’on se trouve, ni à quel genre littéraire nous avons vraiment affaire. Le Grand Nord ? L’Antarctique, comme mentionné en quatrième, mais peut-être juste pour nous donner un point de comparaison ? Un futur lointain ? Une autre planète ? 
Le vernis de l’étrange dont l’auteur recouvre son récit demeure finalement la raison principale de notre intérêt, au fur et à mesure que s’épaissit le mystère en arrière-plan, notamment concernant le sort des colons disparus. Car si le roman lui-même illustre avec un certain succès une société repliée sur elle-même et prisonnière de ses codes, à travers des conventions parfois terrifiantes de froideur ou des cérémoniels tout aussi mornes, sans même parler de cette volonté de plier les mots à la volonté du groupe, le tout n’est pas forcément très original, ni particulièrement profond, malgré quelques portraits de personnages intéressants. 
Désolé M. VanderMeer ! Le célèbre auteur considère que ce roman est une “exploration époustouflante et véritablement originale des mystères du réel et de ce que signifie être humain”. Eh oui, Amatka nous interroge sur la nature même de l’être humain, mais je suis nettement moins convaincu par le caractère original de l’ensemble. 
En tout cas, l’un des éléments les plus marquants n’est autre que celui jouant directement sur le langage et la force des mots, mais c’est quand la dimension enquête et confrontation prend le dessus et que l’on croit enfin obtenir des réponses que l’auteure nous abandonne, au détour d’un final cruel mais qui nous laisse tout de même un peu sur notre faim (le roman s’arrête à 91 % sous Kindle). 
C’est dommage, car dans l’ensemble, Amatka, que l’on pourrait rattacher parfois au courant New Weird (même si l’on se sent malgré tout bien loin de Miéville ou VanderMeer, une comparaison nous pas en terme de qualité pure mais bien d’ambiance) dresse un portrait convaincant du poids écrasant du regard des autres, de nos petites lâchetés, mais aussi des fulgurances que l’envie de découvrir la vérité ou de bousculer les convenances peuvent faire naître en nous. 
En somme, il s’agit d’un roman atypique, court, intrigant et souvent pertinent, mais qui ne parvient pas à transformer totalement l’essai. On imagine que s’arrêter en cours de route ou ne pas tout révéler au lecteur est le fruit d’une démarche volontaire de la part de Tidbeck, mais elle ne s’avère pas moins frustrante. 
Pour autant, à découvrir. 

7.0/10

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