La Fantasy au quotidien
Par Guybrush, le 05/01/2006 à 14:26
mystique chrétienne».
mythe vrai». Et c'est d'ailleurs lors de son évolution, alors qu'il croyait déjà en Dieu mais qu'il n'arrivait pas à comprendre le rôle du Christ si vous voulez, il n'était pas encore «
chrétien», c'est une grande conversation avec Tolkien qui est restée célèbre un peu dans les annales de leur amitié, qui lui a fait comprendre que ce qu'il aimait... D'une part il aimait les mythes, d'autre part il croyait en Dieu et il fallait qu'il comprenne que Dieu avait réalisé un mythe, parce que le mythe du dieu qui meurt et qui renaît existe en dehors du christianisme, c'est un schéma mythique étudié par les spécialistes etc. Et selon Tolkien, et puis Lewis y a adhéré très profondément, une fois c'est arrivé, c'est-à-dire que Dieu a réalisé cela par des événements de l'histoire au lieu de le réaliser simplement dans un récit. Et pour Lewis, les mythes disons païens étaient des premiers coups d'oeil, des intuitions, des divinations, peut-être un peu de lumière divine. C'est un peu d'ailleurs ce qu'a repris le concile Vatican II dans sa déclaration Nostra Etate... Eh bien, et d'ailleurs Lewis a écrit ensuite un essai qui est absolument magnifique qui s'appelle «
Le Mythe devenu Fait» et que le cardinal Schönborn avait magnifiquement commenté dans un de ses livres qui s'appelle Noël, quand le mythe devient réalité. Alors, pour Lewis, le mythe, comment dirais-je, peut vraiment être porteur de vérité au point que Dieu même peut l'utiliser pour se révéler. Alors, au point de vue humain imaginatif, l'imagination est aussi porteuse de vérité et pas de la même façon que la raison, elle a besoin d'être contrôlée par la raison, et elle l'est, il ne s'agit pas de se mettre à élucubrer n'importe quoi. Et donc les contes de Narnia vont exprimer... vous avez dit «
auteur chrétien, oeuvre chrétienne» : alors l'auteur est chrétien, ça c'est certain, mais il disait : «
il y a pas d'oeuvre, il n'y a pas une oeuvre d'une part et on met une étiquette chrétienne dessus». Si vous êtes chrétien mais alors aussi fondamentalement que l'était Lewis, vous avez une certaine façon de voir le monde, les choses, les êtres, les problèmes etc. Et vous les exprimez forcément même sans y penser et c'est ça qui... C'est un peu comme Tolkien dans le Seigneur des Anneaux.
ressuscite»...
ressuscite».
Aslan, c'est le Christ»... Oh mon Dieu, y a quantité d'enfants qui ont lu Narnia sans jamais s'en apercevoir !
ça c'est ça, alors ça c'est ça» et si on veut essayer, il n'y a absolument pas de parallélisme exact entre le monde de Narnia et le monde chrétien. La première chose, c'est qu'il n'y a pas de religion à Narnia. Du tout. Donc, il faut dire que Lewis c'est pas ce qu'il aimait le plus, mais au contraire il y a une présence de Dieu très forte et il y a une relation à Dieu etc, et les enfants sont supposés avoir cette relation, y compris religieuse, dans leur monde à eux, dans leur vrai monde.
évangéliques»; c'est-à-dire le courant protestant très important qui est pas du tout, faut pas du tout le voir comme composé de fondamentalistes avec un couteau entre les dents, ça c'est vraiment une marge, il ya un courant très fervent, d'ailleurs. Et alors, certains d'entre eux jugent que c'est tout à fait, que c'est épatant de prendre Narnia pour faire le catéchisme, parce que les enfants adorent Narnia, et on peut les introduire par là aux vérités de la foi. Mais, c'est certain qu'on peut le faire et d'ailleurs, le film qui est annoncé pour l'instant, il est déjà proposé en preview à des groupes de catéchistes, etc. C'est déjà tout prévu, qu'on va aller voir le film et qu'on va en tirer... Mais, je trouve que c'est quand même, c'est un petit peu dommage, parce que Lewis disait que donc son idée de conte, de lion, d'images, la première image qu'il a eu c'est celle d'un faune se promenant avec des paquets dans la neige, alors ça n'a rien de particulièrement pieux. Mais après, le lion, il dit, est devenu finalement une figure du Christ, il s'est dit ça pourrait servir à faire entrer les enfants -ou les adultes- directement dans le sens des vérités chrétiennes qui sont souvent, justement, un petit peu engoncées dans les catéchismes ou les souvenirs -ou les pseudo-souvenirs- du catéchisme pour les gens. Alors, ça peut servir dans ce cas là, mais je pense que si on s'en sert systématiquement pour en faire le catéchisme, c'est fichu et puis c'est... enfin, non, je trouve que c'est très lourd. Moi, je suis tout à fait contre.