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Goblin Slayer - 1

Titre VO: Goblin Slayer

Tome 1 du cycle : Goblin Slayer
ISBN : 978-236852568-5
Catégorie : Manga
Auteur : Kagyu, Komo
Auteur : Kannatuki, Noboru
Traducteur : Nabhan, Fabien
Auteur : Kurose, Kousuke

Il ne confie son sort à aucun jet de dés. 

Une jeune prêtresse entreprend sa première quête, mais elle et ses compagnons d’aventure, inconscients du danger, se retrouvent presque aussitôt en fâcheuse posture. Un inconnu se porte à leur secours : Goblin Slayer, qui a voué son existence à exterminer les gobelins par tous les moyens. C’est une tâche dangereuse, sordide et ingrate, mais il la mène à bien mieux que quiconque. La rumeur des exploits du crève-gobelins se propage, et des aventuriers hors du commun pourraient bien solliciter son aide…

Critique

Par Benedick, le 12/10/2018

Le manga Goblin Slayer est une adaptation d’un Light Novel Japonais sorti en 2015. En France, les deux œuvres ont pour originalité d’être traduites et publiées en même temps par l’éditeur Kurokawa. Mais qu’en est-il de l’originalité du récit en lui-même, présenté comme un parangon de la « Dark Fantasy » par celles et ceux qui œuvrent pour son succès ? Et bien, voyons ce que propose cette bande dessinée.
Le concept du manga est assez immédiat : tout repose sur le protagoniste éponyme, le Goblin Slayer. Ce dernier est l’archétype du combattant médiéval-fantastique traquant une espèce humanoïde malfaisante : les gobelins. Un chasseur-mercenaire pragmatique qui élimine des nuisibles en faisant appel à la ruse et à la stratégie plutôt qu’à des talents surnaturels ou magiques. En résumé, la version prolétaire de l’archétype du Rôdeur/Ranger de Donjon et Dragon ou autres jeux de rôles. D’ailleurs, ce qui va tendre à présenter ce personnage comme un anti-héros, c’est qu’il est plus sournois, plus extrême et surtout plus préparé que ces ennemis jurés.
Ce qui construit ce personnage de Goblin Slayer, c’est donc une haine spécifique envers des gobelins… Le scénario va faire l’effort de caractériser cette espèce autrement que comme un simple ennemi aléatoire de bas niveau ou une race d’esclave aux ordres d’une menace plus épique. Ainsi, dès le premier chapitre, le manga force assez dans le sordide et le cynisme pour présenter les gobelins comme une menace réelle ignorée des élites occupées par des problèmes « dignes » de leur statut. Malheureusement, le mode de vie des gobelins est basé sur la prédation, la torture et les violences sexuelles. Et ils font ainsi subir un enfer aux bonnes gens du peuple abandonnés par les puissants. De plus, les nombreux aventuriers débutants qui pensent se faire la main sur un ennemi facile se font régulièrement briser par ces êtres retords et dépourvus d’empathie envers les humains.
Bien évidemment, il y a une volonté de positionnement, pour ne pas dire de posture, de la part des auteurs de Goblin Slayer. L’idée d’offrir quelque chose d’original par rapport aux œuvres jeunesses standards axées sur des héros inexpérimentés mais talentueux progressant vers l’épique. Cette notion d’originalité peut aussi être remplacée par « réalisme », « maturité », « sombre » selon la prétention que l’on veut accorder à Goblin Slayer. En fait, la question n’est pas vraiment de savoir si l’œuvre  mérite telle ou telle étiquette mais comment va-t-elle maintenir son postulat de départ. Car après cent premier pages sans concession dans le propos et le rythme, qui pourrait faire une bonne histoire courte, la suite de ce premier tome propose un récit de facture plus classique dans sa narration. En effet, il est présenté le passé de certains personnages principaux, puis l’introduction d’une future nouvelle recrue, le tout avec une narration et une exposition qui n’auraient pas dépareillée dans un manga pour adolescents de qualité standard. On n’a pas encore à faire à une rupture de traitement totalement incongrue, mais tout porte à croire que Goblin Slayer sera une œuvre Fantasy pour jeunes adultes, avec quelques touches de noirceur pour éviter d’être taxer de naïf. Ce n’est pas une mauvaise chose dans l’absolu, mais c’est certainement pas novateur ou particulièrement brillant.
D’ailleurs, la représentation graphique participe bien à ce sentiment d’ambivalence dans la tonalité. Le Goblin Slayer possède une apparence iconique avec son armure fonctionnelle et sa posture d’homme du peuple qui est là pour faire du sale aux salopards. Ces derniers, les gobelins, pourraient très bien venir de Berserk, voire d’une bande dessinée occidentales pour adultes. La rencontre des deux camps donne d’ailleurs des scènes d’actions efficaces dans leur mise en scène. En revanche, tout le reste du casting semblent être tout droit sortit d’un énième manga dominé par une direction artistique « japon-mignon », notamment pour les prêtresses, magiciennes et autres secrétaires de Guilde d’aventuriers. Cela peut sembler dissonant, voire déplacé, ou simplement participé malicieusement au caractère un peu outrancier de ce manga.
En forçant son propos pour marquer les esprits habitués à une image naïve de la Fantasy et des mangas, Goblin Slayer semble oublier que le sordide a un pouvoir narratif limité. Cependant, ce n’est pas la première œuvre à vouloir imposer sa présence en suscitant le malaise sur un premier tome. Ce manga pourrait être ce genre de série qui se détourne de la bienséance pour proposer un divertissement bien abrupte et sans prétention. Le risque étant, paradoxalement, que Goblin Slayer devient après ce premier tome, aussi standard et banal que la concurrence qu’il aurait voulu « déconstruire ».

6.5/10

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