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On trouve parfois des choses intéressantes dans les BDs de plus de 10 ans. Et c'est le cas
de Terres d'ombre qui sort des sentiers battus de la Fantasy (tome 1 publié en 1996).
Le scénariste des Lumières de l'Amalou, Christophe Gibelin, nous livre ici une série
en 3 tomes de pure Dark Fantasy, ce qui est peu courant en bande dessinée (exceptée Les
Chroniques de la Lune Noire).
Les premières planches du tome 1 donne tout de suite le ton avec une scène de massacre d'une caravane
de marchands par nos deux personnages principaux. Vous l'aurez compris, nos deux « héros » ne sont pas
des enfants de choeur. D'ailleurs, ce duo est assez atypique, nous avons Miecq Louzi d'un côté, voleur
et tueur sans scrupule, et Lïda, étrange homme-grenouille qui sert de compagnon de route et de maraudage
à Miecq.
Ce duo apporte un réel plus à cette série. Lïda ne parle pas mais ses paroles sont symbolisées par des
petits rébus assez drôles. Les échanges « verbaux » entre nos deux lascars apportent du piment au cours
de l'histoire.
Passons d'ailleurs à celle-ci. Au premier abord, nous pourrions penser que nous sommes dans un récit
classique de Fantasy avec une méchante nécromancienne qui veut renverser un royaume et deux vagabonds
impliqués malgré eux dans cette histoire (et c'est le cas). Mais c'est à partir du deuxième tome que
l'histoire se complique et prend également un tournant tragique pour nos deux protagonistes. D'ailleurs,
deux double pages magnifiques mises en couleur à la peinture (totalement différentes du reste de l'album)
racontent la rencontre émouvante et triste de Miecq et Lïda.
Et c'est au troisième tome que la nécromancienne passe en arrière-plan pour laisser place à une autre entité
encore plus menaçante qui fait d'ailleurs office de voix-off tout au long de ce tome.
Ce que l'on pourrait reprocher à cette série courte, c'est d'être courte justement (bien que ce soit toujours
sympathique de ne pas avoir des histoires à rallonge). En effet, en trois tomes, beaucoup d'éléments et de
personnages sont apportés, en particulier dans le tome 1 ce qui rend le récit un peu confus. Par conséquent,
le lecteur pourra avoir du mal à retenir le nom des personnages secondaires ainsi que le pourquoi et le comment
de la guerre qui fait office de trame de fond de l'histoire.
Du côté du dessin, il n'y a rien à redire, le dessin et les couleurs de Benoît Springer s'adaptent tout à fait
à cet univers sombre et violent. Ses personnages et ses jeux de lumière pourront rappeler ceux de Universal
War One de Denis Barjam. Les tons de couleurs et le découpage sont excellemment maîtrisés. La lecture des
planches est un véritable plaisir pour les yeux du lecteur. De plus, Springer sait très bien dessiner les nus féminins,
les corps sont très bien fait ;) Et cette mise en couleur directe de plus de 10 ans n'a pas à rougir des créations
graphiques actuelles réalisées par ordinateur.
Voilà donc une bonne petite série à découvrir pour ceux qui veulent lire quelque chose qui sort de l'ordinaire.
Cependant ce n'est pas un must de la Fantasy et ce n'est pas une série que je relirais forcément. Mais comme je
l'ai dit précédemment, la relation entre notre deux protagonistes apportent un vrai plus à cette série ce qui fera
oublier un récit dense et parfois confus. Et ne vous attendez pas à un happy end, ce n'est point l'apanage de la
dark fantasy.

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