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Décidément,
en 2006, Soleil Productions affiche une
volonté certaine de rattraper ses débuts
pour ainsi dire catastrophiques dans le monde
du manga, et plus généralement de
la bande dessinée asiatique.
Sortie plutôt importante de ce début
d'année, voici justement l'arrivée
chez nous de la déclinaison manga du jeu
vidéo Suikoden III, une saga bien
connue des amateurs, elle-même inspirée
des romans chinois Au bord de l'eau.
Qui plus est, l'éditeur a proposé
les deux premiers tomes en même temps. De
quoi rendre assez frappante cette arrivée.
Sur le plan du contenu, le lecteur devrait pour
le moment rester indécis. Graphiquement,
les dessins se révèlent soignés,
les personnages étant relativement bien
"designés", nets et sans bavure,
sans parler de jolies colorisations qui tapent
dans l'oeil dès la couverture, et une mise
en scène dynamique à l'intérieur.
Le scénario, quant à lui... Forcément,
adapté d'un jeu vidéo, on pourrait
nourrir certaines craintes, mais les Suikoden
n'ont jamais été réputés
pour être particulièrement basique
de ce point de vue ! C'est précisément
le cas dans cette transposition, même si
l'histoire à laquelle nous sommes conviés
démarre de façon tout à fait
classique. Notons que l'auteur, Aki Shimizu, ne
se contente pas de copier la trame du jeu, mais
livre une véritable adaptation, avec nombre
d'éléments supplémentaires.
C'est important, car il faut bien étoffer
la trame de base, et ce, sans négliger
pour autant le rythme de celle-ci, et ses 108
personnages.
Bref, s'il n'y a pas de quoi sauter au plafond
après avoir ensuite lu le troisième
(11 au Japon à ce jour), les amateurs devraient
être ravis, et ce manga pourrait même
élargir son public au-delà de ceux-ci.
Cela fait longtemps que les fans d'un manga comme
Fly n'avaient rien eu à se mettre
sous la dent !
La poursuite de ces aventures devrait justement
amener un peu plus d'allant et une complexité
grandissante, à l'image des volumes 6 et
7 nous préparant enfin, notamment, à
la mise en place du QG, sans compter quelques
bonus sur le plan éditorial, de temps à
autre. Une histoire qui se bonifie avec le temps,
quand bien même certains mécanismes
propres à une adaptation de jeu vidéo
ne sont pas totalement évacués au
bout de 9 volumes.

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