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Et voilà
enfin une version française pour l'une
des héroïnes de comics les plus populaires
du moment de l'autre côté de l'Atlantique,
alors qu'elle n'appartient pas aux deux grands
éditeurs du marché.
Il faut dire que la stratégie de communication
de Dynamite Entertainment a été
particulièrement bien élaborée,
et Panini compte bien en profiter chez
nous aussi. Et, après lecture, il faut
bien avouer que le récit qui nous est présenté
est plus convaincant qu'on aurait pu le penser.
Evidemment, le personnage de Sonja lui-même
est ambigu, dès le départ : femme
indépendante et rebelle et femme offerte
aux regards dans le même temps...
En quelques répliques, le problème
est balayé astucieusement, et en dehors
de quelques angles choisis volontairement dans
une optique de fan service, la bande
dessinée demeure relativement sobre, quand
on songe que l'héroïne n'est autre
qu'une jeune femme plantureuse au bikini en côte
de maille !
Ses aventures se placent en tous les cas dans
la ligne droite de l'univers de Conan et de Robert
E. Howard, qu'il soit question du cadre ou des
personnages amis ou ennemis, avec une Red Sonja
contrainte de prendre les armes et profitant de
la situation avant tout pour son propre compte,
en espérant bien récolter de quoi
poursuivre sa route, et la vengeance que l'on
devine.
Solitaire, dangeureuse, maniant le fer aussi bien
que les répliques acerbes... Le personnage
ne se livre guère dans ce premier volume,
demeurant mystérieuse et sans concession.
Le ton lui-même l'est un peu plus, puisqu'il
s'agit de proposer une aventure accessible et
attrayante, demeurant dans le domaine du divertissement.
Agrementé de couvertures alternatives au
dessin classique mais efficace de Mel Rubi (à
la mise en couleurs évitant le criard),
ce premier recueil, en attendant le deuxième
dès le mois de juin prochain, devrait convenir
aux amateurs et attirer sans doute quelques curieux
qui n'auront pas de quoi être déçus.
Avec ce nouveau recueil, Red Sonja confirme la bonne
impression née du premier, qui plus est en ramenant sur le devant
de la scène un Thulsa Doom qui donne sa pleine mesure au fil des pages.
Il faut toujours un grand méchant pour obtenir un duel réussi avec son héros, et
c'est bien le cas ici. Une fois lancé, voilà une lecture qu'il est difficile
d'interrompre. Un bon moment de fun avec (un peu) plus de recul qu'il n'y
paraît sur le genre, quand on propose une héroïne en bikini...

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