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Scénario :
Michael Avon Oeming et Mike Carey
Dessin : Mel
Rubi
Couleurs :
Richard Isanove...
Editeur :
Panini Comics
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Et voilà enfin une version française pour
l'une des héroïnes de comics les plus populaires du moment de l'autre
côté de l'Atlantique, alors qu'elle n'appartient pas aux deux grands
éditeurs du marché.
Il faut dire que la stratégie de communication de Dynamite
Entertainment a été particulièrement bien élaborée, et Panini
compte bien en profiter chez nous aussi. Et, après lecture, il faut
bien avouer que le récit qui nous est présenté est plus convaincant
qu'on aurait pu le penser. Evidemment, le personnage de Sonja lui-même
est ambigu, dès le départ : femme indépendante et rebelle et femme
offerte aux regards dans le même temps...
En quelques répliques, le problème est balayé astucieusement, et en
dehors de quelques angles choisis volontairement dans une optique de fan
service, la bande dessinée demeure relativement sobre, quand
on songe que l'héroïne n'est autre qu'une jeune femme plantureuse au
bikini en côte de maille !
Ses aventures se placent en tous les cas dans la ligne droite de
l'univers de Conan et de Robert E. Howard, qu'il soit question du cadre
ou des personnages amis ou ennemis, avec une Red Sonja contrainte de
prendre les armes et profitant de la situation avant tout pour son
propre compte, en espérant bien récolter de quoi poursuivre sa route,
et la vengeance que l'on devine.
Solitaire, dangeureuse, maniant le fer aussi bien que les répliques
acerbes... Le personnage ne se livre guère dans le premier volume,
demeurant mystérieuse et sans concession. Le ton lui-même l'est un peu
plus, puisqu'il s'agit de proposer une aventure accessible et
attrayante, demeurant dans le domaine du divertissement. Agrementé de
couvertures alternatives au dessin classique mais efficace
de Mel Rubi (à la mise en couleurs évitant le criard), le premier
recueil devrait
convenir aux amateurs et attirer sans doute quelques curieux qui
n'auront pas de quoi être déçus.
Avec le deuxième tome, Red Sonja confirme
la bonne impression née du premier, qui plus est en ramenant sur le
devant de la scène un Thulsa Doom qui donne sa pleine mesure au fil des
pages. Il faut toujours un grand méchant pour obtenir un duel réussi
avec son
héros, et c'est bien le cas ici. Une fois lancé, voilà une lecture
qu'il est difficile d'interrompre. Un bon moment de fun avec (un peu)
plus de recul qu'il n'y paraît sur le genre, quand on propose une
héroïne en bikini...
Le troisième tome se place dans la suite directe des bons points
présentés précédemment, avec cette fois une héroïne, qui, par la force
des choses, doit prendre du recul sur elle-même et entrouvre la porte
de son passé, un passé que l'on imaginait logiquement douloureux et
amer.
A côté de cela, La
reine des steppes gelées et son récit indépendant
déçoivent quelque peu, par manque de suspense. Tout à fait dans le ton
du comics, le scénario lui-même tourne par contre rapidement à vide,
malgré la présence de Frank Cho comme co-scénariste et surtout pour les
couvertures.
Le suivant reprend là où le troisième nous avait laissés,
avec l'arrivée ou plutôt le retour d'un grand méchant créé en partie à
l'origine par Michael
Moorcock.
Et le sixième de retrouver le chemin du deuxième.
Acheter les recueils dans leur ordre de parution français ne garantit
pas donc pas une lecture linéaire. Il faut en fait penser à jongler
entre la série en elle-même et les nombreux one-shots ou mini-séries
lancés en parallèle.
Mais de quoi au passage nous permettre aussi de faire son tri ! Tout
Thulsa Doom qu'il soit, le personnage et ses aventures dans le cadre
présent ne valent pas forcément le détour, malgré quelques éclats
saisissants...

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