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La nouvelle série
Shônen Manga de Glénat est arrivé
juste à temps pour la rentrée 2002
et le grand relookage de l'éditeur grenoblois.
C'est donc Rave : The Groove Adventure
qui est censé prendre la succession et
rejoindre les séries phare telles que Kenshin
ou le récent Hoshin.
Mais Rave, de Hiro Mashima, série
à grand succès au Japon possédant
depuis un certain temps son dessin animé
ou ses jeux vidéos, a-t-elle le potentiel
pour percer ? A la lecture du premier tome, une
réponse claire restait à définir.
Sur le plan du scénario, ce manga ne révolutionnera
pas le genre, avec son monde au bord de la crise
mondiale, le petit coin de tranquillité
du héros finalement frappé par les
forces du mal, un destin à assumer, des
personnages arrivant du passé pour guider
le jeune garçon s'improvisant héros
malgré lui...
Mais Rave possède toutefois une
poignée d'atouts : tout d'abord un personnage
principal qui ne se la joue pas, même une
fois investi de ses pouvoirs, et un passé
et une vie de famille d'emblée plus étoffée
que ce que l'on voit souvent. Ainsi qu'un humour
assez présent essentiellement basé
sur l'absurde. Mais aussi tout ce qui entoure
Rave et notamment l'épée Ten
Commandments, mystères personnifiés
par la figure de Plue, un étrange "chien"
pêché par le héros et porteur
de Rave. C'est d'ailleurs lui qui poussera Haru
à s'investir, alors qu'une fois encore,
l'habitude de ce genre de manga veut que le jeune
héros soit fougueux et toujours prêt
à partir à l'aventure...
Question dessin, cela oscille entre le tout à
fait correct et le presque passable. L'auteur
a un style particulier, simple, basé en
partie sur des dessins à tendance ovale
ou touchant à l'arrondi, principalement
pour les visages. On pourra toutefois regretter
certaines cases plutôt hésitantes,
avec parfois un léger problème de
perspective dans les poses prises par certains
personnages. Par chance, sur ce plan-là
au moins, il progresse au fil des volumes. Pour
la défense de Mashima Hiro, on peut toujours
avancer que Rave est son premier manga
publié à 22 ans.
Avec le second tome, on retombe sur des figures
pour le moins classiques - la jeune héroïne
en danger, la rédemption d'un ivrogne,
une histoire tragique de famille décimée
- mais toujours selon des codes plus surprenants
que la moyenne. Ici des courses de lévriers,
là le chef d'un groupe de voleurs... Et
bien entendu, Plue,
le "chien" de Haru, qui conserve tout
son mystère. Le monde de Rave est
lui aussi déroutant, tant il semble sortir
tout droit d'un RPG de Squaresoft, avec
son mélange de modernisme et de caractéristiques
plus médiévales. Si vous êtes
amateurs, vous tomberez certainement sous le charme.
Pour le reste, si l'on passe outre ses quelques
aspects "originaux", nous avons déjà
droit à la mise en scène d'une succession
d'adversaires à abattre selon une technique
bien particulière, le nouveau venu toujours
plus fort que le précédent.
Bref, si les shônen sont votre genre favori
et si vous avez les moyens, Rave vous
plaira sans contestation. Dans le cas contraire,
il y a tout de même d'autres mangas à
privilégier, ne serait-ce que les One
Piece et autres Bleach.
Si les premiers volumes pouvaient donc se révéler
inquiétants, il était toujours possible
d'espérer voir se produire ce qui arrive
à une bonne partie des shônen manga,
à savoir des débuts toujours un
peu maladroits, où l'auteur tâtonne.
Malheureusement, ce n'est pas le cas : Rave
persiste à aligner dessins et mise en page
décevants, personnages certes sympathiques
mais pas vraiment accrocheurs, et péripéties
déjà vues mille fois ailleurs. D'autant
que les emprunts à One Piece sont
tout de même agaçants.
Après plus de 20 volumes en version française,
Rave n'a toujours pas su développer
un récit suffisamment attractif pour convaincre
vraiment, alors que la tendance des sorties shônen
n'est certes pas à la décrue. Intrigue
et affrontements sont désespérement
mollassons, le dessin se révèle
quant à lui en progrès, mais toujours
en-deça des ténors du genre, ce
qui ne risque pas de mettre en valeur ces personnages
censés avoir du style...
Malgré une histoire simple mais qui se
veut ambitieuse, le moins que l'on puisse dire,
c'est que les aventures d'Haru et sa bande nous
laissent rapidement sur notre faim, en jouant
constamment en deuxième division. Mais,
admettons tout de même que les deux derniers
volumes sont un poil mieux balancés, tout
en semblant toujours manger à tous les
rateliers de ses pairs plus inspirés.
Si vous cherchez un manga dans ce genre pour avant
tout vous divertir, il y a bien mieux ! Ce qui
n'empêcha pas la série de se terminer
avec succès au bout de 35 tomes au Japon.

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