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"Il est baigné dans
l'éternelle lumière. Elle vit au
plus profond des enfers. L'éternité
les a séparés. Tandis que la guerre
gronde et menace l'équilibre entre le bien
et le mal, un enfant saura-t-il les rapprocher
?"
Scénario : Ange
Dessin : Alberto Varanda pour
le 1er album, Xavier (Philippe) pour les suivants.
Editions : Soleil Productions
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Lorsque l'on a découvert
Ange par le biais du roman,
il faut un temps d'adaptation pour en revenir
à la BD, support que le duo maîtrise
avec bonheur, mais qui apparaît dans un
temps presqu'étriqué.
C'est quelque peu le cas avec Paradis Perdu,
bande dessinée très ambitieuse si
on se réfère à son titre
ou même son point de départ, et que
durant un temps on peut considérer comme
demeurant trop superficielle dans les thèmes
abordés et la façon de les traiter.
Il faut dire que la part belle est faite à
des visions saisissantes, mais parfois un peu
vides, de cet affrontement entre forces mythiques
et titanesques. D'autant que le scénario,
notamment à travers un tome 2 de pure transition,
ne semble pas toujours avancer au rythme désiré
par le lecteur, avide de révélations
et de réponses tout d'abord suggérées,
puis qui paraissent se refuser à lui, un
temps. Et malgré un surplus d'approfondissement,
et même de souffle, bénéfice,
on comptera certainement encore des mécontents.
H eureusement, en conclusion, on obtient ce que
l'on espérait : en dépit de la multitude
d'interrogations soulevées, les auteurs
parviennent à répondre aux principales.
Quel est le rôle de Julien? Qui est réellement
le Diable? Où cette guerre va-t-elle mener
le monde?
Sur le plan du dessin, après un premier
album avec Varanda à la table, Xavier était
indéniablement attendu au tournant et s'en
sort plutôt bien, sans excès, et
avec une relative ressemblance de trait, une continuité
que l'on retrouve également dans le domaine
de la colorisation. Le passage de flambeau ne
présente donc pas de conséquence
majeure, même si dans l'absolu, continuer
avec Varanda n'aurait déplu à personne...
Si certains points restent dans l'ombre et si
la morale finale n'est pas des plus originale,
la BD est tellement aboutie au niveau du scénario
fouillé, des personnages charismatiques
et de la beauté des dessins, qu'on ne peut
que l'apprécier. Ce cycle nous a donné
un petit avant-goût du Paradis, et c'est
tout ce qu'on lui demandait.
En somme, un bon cycle, qui se hisse facilement
au-dessus de la mêlée, mais que l'on
aurait aimé voir aller encore plus loin.

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