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Premier manga et
premier grand succès de Masashi Kishimoto,
Naruto est un pur concentré de shônen
manga. (en résumé : manga pour les
garçons) Il en a toutes les caractéristiques
et ne cherche pas de toutes les manières
à s'en affranchir : Naruto s'inscrit
dans les limites du genre, mais les exploitent
de façon tellement pleine et généreuse
qu'on ne peut - dans les premiers volmes du moins
- que "se laisser avoir".
On retrouve ainsi les figures classiques du genre
: le jeune héros peu obéissant envers
l'autorité mais possédant un bon
fond, le maître devant canaliser sa fougue
et lui permettre d'évoluer, les compagnons
de lutte aux talents cachés, des secrets
surgissant du passé, des " méchants
" de plus en plus redoutables, etc, etc...
Du shônen dans toute sa splendeur, certifié
conforme ! La formule est tellement bien rôdée
qu'on pourrait lui trouver des arrières-goûts
d'aseptisation, un manga où tout a été
calculé, pesé, pour être sûr
de marcher et d'attirer le plus de lecteurs et
donc d'acheteurs possibles. Cette dimension n'est
peut-être pas à négliger,
surtout passé les premiers volumes...
Pour citer Dragon Ball, on pourrait établir
des similitudes entre son mangaka, le célèbre
Akira Toriyama et Kishomoto, principalement dans
le découpage et le dynamisme des planches.
Mais, Naruto, c'est aussi bien autre chose qu'une
sorte de course à la puissance, c'est l'exploration
d'une mythologie plus souvent délaissée
qu'à son tour, à savoir, le monde
des Ninjas, et leurs mystères.
Rares sont les mangas mettant en scène
ses assassins de l'ombre, et il serait en tous
les cas ô combien réducteurs de résumer
à cela leurs activités. Naruto nous
permet de fait de découvrir de nouveaux
horizons, de même que son ambiance jouant
souvent la carte de l'humour nous offre la possibilité
de reprendre notre souffle entre deux rebondissements.
Son auteur maîtrise de plus le suspense
et la mise en scène avec un art consommé,
la fin du tome 3 en représentant un exemple
convaincant.
Les trois tomes suivants amènent les premiers
doutes, notamment un quatrième un ton en-dessous
des autres. Le cinquième relance particulièrement
bien l'intrigue, avec beaucoup d'humour et une
vraie gestion de la tension qui étreint
les personnages. Preuve qu'un shonen peut passer
l'essentiel d'un tome complet sans que l'on ne
voit de combat interminable. Lorsqu'il est bon
! Dans un genre aussi balisé, Naruto
ne se hisse toutefois malheureusement pas au-delà
de certaines convenances, (Le personnage de Sakura,
même si Kishimoto cherche à l'émanciper,
Gaara, un "méchant" sans saveur
particulière, un traditionnel et déjà
vu tournoi, des morts qui reviennent...) et il
faut avouer qu'après de tels débuts,
on aurait espérer un peu mieux de la part
de l'auteur.
La suite confirme la tendance, pour ne pas dire
la dégringolade : certes, il est plutôt
prenant, notamment lorsqu'on lève enfin
une partie du "mystère" autour
de Gaara, mais nombre de scènes ont un
goût très prononcé de déjà
vu, et semblent même totalement artificielles,
là où d'autres manga parviennent
à demeurer naturels ! Il est tout de même
plaisant de voir Naruto ne pas se limiter aux
pitreries, et son petit univers est toujours accrocheur.
Dommage donc que le scénario et certains
personnages ne soient pas à la hauteur
de la narration et de la mise en scène...
Et ça continue par la suite, alors que
l'on en entre de plein pied dans le fameux tournoi.
C'est fade et convenu, surtout le traitement de
Gaara, creux et archétypal au possible,
cf son passé dévoilé dans
le tome 15. Sans parler des combats à rallonge
- et souvent dépourvus de notions un tant
soit peu tactiques alors que l'on est censé
assister à des affrontements de ninja...
- entrecoupés de flash-backs souvent larmoyants
(Voir le volume 13 par exemple, même s'il
secoue un peu cette intrigue devenue lénifiante).
Au moins, le 25 - eh oui, il faut souvent attendre
plusieurs volumes...) remue un peu les choses,
avec le duel Naruto/Sasuke enfin lancé...
Mais quel final grand-guignolesque par la suite
! Il n'y avait plus qu'à attendre que la
VF arrive enfin à la partie où nos
"héros" ont pris de l'âge,
ce qui ne change finalement pas grand chose à
leurs conflits, malgré un sursaut pour
l'instant confirmé sur une certaine durée...
Alors, bien sûr, Naruto demeure un poids
lourd, (surtout en terme de ventes...) mais il
ne possède pas l'humour d'un One Piece
ou l'originalité d'un Hunter X Hunter,
ou les détournements de clichés
façon Bleach.
Non, Naruto, le personnage comme le manga, fonce
droit devant et tête baissée, dans
une grande fuite en avant...

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