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Alors que J'ai Lu a
décidé de stopper la publication de la
série, privant le public de la 5eme et 6eme saison sans
parler de Steel Ball Run en cours au Japon, le moment était
venu de rendre hommage au manga de Hirohiko Araki, Jojo's
Bizarre Adventure.
Mais qu'est-ce donc que ce fameux Jojo's Bizarre Adventure
? Ce titre en lui-même n'est déjà pas
banal ! Tout d'abord, une grande saga familiale, celle des Joestar,
courant sur plusieurs générations depuis le 19eme
siècle jusqu'au 21eme. Ce qui permet au lecteur de
découvrir plusieurs époques et
différents premiers rôles, l'auteur sachant
parfaitement jouer entre les liens de parentés de ses
héros et leurs caractères bien trempés
et suffisamment distincts. Une dimension familiale renforcée
par certaines évolutions : un Jonathan Joestar occupe ainsi
un rôle prépondérant, passant de jeune
homme fougueux à grand-père vieillissant !
Plusieurs saisons offrent également la
possibilité de varier les ambiances : de la pure
série B et du serial des deux premières saisons,
à la révolution des Stands instaurée
dans la troisième, au pur thriller de la
quatrième, Araki a su en chaque occasion se renouveler et
repousser les limites du genre.
Les limites, précisément : dans Jojo, celles-ci
sont perpétuellement en mouvement. Originité est
le maître-mot : des situations, des personnages, des enjeux,
de leur résolution... Dans quelle autre bande
dessinée trouverait-on un tome entier consacré
à la cuisine italienne ou une partie de
"Pierre-Feuille-Ciseaux" au coeur d'une bataille à la
tension extrême, parodiant qui plus est les codes du
shônen ?
Car ici, pas de surenchère de puissance. Si les personnages
disposent de pouvoirs souvent aussi surprenants que
détonnants, l'astuce et l'intelligence se
révèlent encore plus fréquemment la
clé de tout pour l'emporter. Un principe chevillé
à ce manga, et depuis ses débuts. Il s'agit de
faire fonctionner ses neurones, et celles du lecteur à
l'avenant, de même que ses zygomatiques ! L'humour, absurde
ou non, s'impose aussi comme l'un des ingrédients importants.
Mais n'oublions pas le dessin, assuré par le même
homme : de clone de Ken le Survivant adepte de la
demesure, le trait d'Araki subit une véritable
transformation au fil des tomes, se fluidifiant, se faisant plus
souple, plus fin, mais sans jamais perdre sa science du cadrage et de
la pose. De la mythique casquette "fondue" dans les cheveux de
Jôtarô à la tenue de Jean-Pierre
Polnareff en passant par les manières d'un Kishibe Rohan...
Là encore, l'auteur ne se répète
jamais, avec un style qui ne manque pas de faire réagir !
Abordons un autre point - eh oui, encore un ! - en soulignant la
qualité de traduction d'un véritable
passionné, Olivier Hagué, remplacé par
Sébastien Biguini à partir du tome 29, ce qui ne
changea finalement pas grand chose à la constance de
celle-ci. Lorsque l'on connaît la réputation de J'ai
Lu concernant son secteur manga, c'est
déjà un exploit.
On regrettera donc d'autant plus férocement que l'aventure
se termine en queue de poisson, alors que tant de volumes nous
attendaient encore, dont la fameuse 5eme saison et son héros
italien...
Et finalement, voilà que cette cinquième partie, Golden
Wind, démarre enfin chez Tonkam, qui a
courageusement tenté cette reprise ! On ne pourra que les
féliciter chaleureusement, avec un premier volume
à prix réduit, avec des bons dont une - courte -
interview de l'auteur, et le retour d'Olivier Hagué
à la traduction ! Champagne ! Mais dire qu'il a fallu
attendre encore quatre moins avant le suivant... Cela dit, cette
cinquième partie justement a tout de même pour le
moment un peu de mal à prendre, malgré un
contexte une nouvelle fois des plus original.
Enfin ! Après quelques volumes en demi-teinte, « Jojo » retrouve tout
son peps et sa démesure, à travers un nouveau personnage de grand
méchant comme seul Araki en a le secret. Et tout cela alors que
l'identité du boss est encore et toujours préservée... Dommage
toutefois que certains stands ne soient toujours pas à la hauteur des
références passées !
Avec
la dernière ligne
droite, Araki retrouve le sens du suspense qui manquait à son grain de
folie,
qui, lui, n'avait jamais cessé d'imprégner son intrigue. Le retour d'un
favori
des fans doit également aider à nous redonner le sourire...

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