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L'idée
de "Gorn" est venue à Tiburce
Oger quand, à la suite de la naissance
de son enfant, il s'est posé la question:
"Si je venais à disparaître,
qu'arriverait-il à ceux que j'aime, jusqu'où
serais-je prêt à aller pour les retrouver
?".
Ses interrogations ont abouti à Gorn, dont
le thème principal est l'amour, l'amour
qui lie Gorn, le chevalier errant, à sa
belle dame Eliette, véritable incarnation
du romantisme. L'auteur (dessinateur et scénariste)
nous racontera la souffrance et l'enfance malheureuse
de la fille de Gorn, Maelle, la corruption qui
sévie en politique (dans la capitale de
Parlyon), les abus de pouvoir qu'exerce Le Roy
(sur ses sujets et les enfants), la quête
identitaire d'Eloise (qui recherche les elfes)et
bien sûr le combat que mène Gorn
contre les Dieux. On voit le panel impressionant
et la richesse des thèmes abordés
par Gorn. Le dessin a évolué et
est aujourd'hui plus fin et plus varié
qu'au tout début.
Le scénario est de qualité constante
puisque "Gorn" est un cycle de huit
tomes qui forment un tout, une même histoire.
Par ces qualités, que ce soit au niveau
de l'intrigue ou des dessins (certaines images
sont mythiques), "Gorn" est donc un
indispensable de la B.D fantasy francophone. A
découvrir ou à redécouvrir.
Son succès a d'ailleurs amené la
création d'une série parallèle
portant le nom d'un des personnages les plus importants
de la B.D originelle: "Dame Gorge";
où Tiburce Oger (bien qu'il reste scénariste)
laisse sa place de dessinateur à Christian
Paty.
Quelques années après une conclusion
qui ne satisfaisait pas entièrement l'auteur,
Tiburce Oger revient à cet univers, avec
un tome 9 qui amorce une véritable suite
dans l'histoire. Evidemment, Gorn lui-même
n'est pas de retour, mais on découvre ce
qu'il est advenu après son départ,
et toujours ce mystérieux pays des Elfes,
qui semble entretenir bien des secrets...
C'est en tous cas un véritable nouveau
départ, qui ne gâche en rien l'histoire
précédente, et parvient même
à nous ménager quelques surprises
! Sur le plan du dessin, Oger maîtrise de
plus en plus son coup de crayon, et la mise en
couleur est tout aussi superbe. Un régal.
Et tout départ conduit à une conclusion,
au moins partielle, ce qui est le cas avec l'album
suivant, que l'on aura une fois de plus attendu
longtemps. Mais les réponses sont là,
et les actes aussi. L'intrigue avance, clot définitivement
certaines pistes, et se recentre sur d'autres.
Et toujours avec cette mélancolie douce-amère
si caractéristique de la BD... Et si l'on
avait pu se demander avec le précédent
si Tiburce Oger n'aurait pas dû en changer
le titre, la réponse est claire, non !
L'attente fut de mise une nouvelle fois avec ce
onzième et visiblement dernier album de
la saga du chevalier fantôme et de sa belle,
une fois encore très discrets, comme depuis
la reprise du cycle. Et pourtant, les voilà
au centre de cet épilogue, à l'image
des ultimes planches les mettant en scène.
D'aucuns trouveront sans doute le déroulement
de ce dernier volet quelque peu précipité,
la bataille finale quelque peu forcée malgré
de bonnes idées et surtout un découpage
et des planches où Tiburce Orger déploit
toute l'étendue de son talent. Et il est
vrai que le scénario en lui-même
n'est pas forcément celui que l'on attendait
depuis le précédent album, jouant
sur une relative simplicité.
Mais comment malgré tout ne pas être
touché par cette conclusion loin d'un happy-end
absolu et qui ne manquera pas de soulever un certain
nombre d'interrogations ?

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