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Enfin !
Après moult dossiers - encore
maintenant - dans les magazines spécialisés,
un buzz grandissant sur le net, et une
diffusion télé en clair,
voilà que nous arrivait à
la rentrée 2005 la version papier
- et antérieure au dessin animé
- de Full Metal Alchemist.
Si ceux qui connaissent déjà
l'anime savent à quoi s'attendre,
les autres n'auront sans doute pas de
mal à pénétrer
dans cet univers d'alchimie, shônen
oui, mais à parution mensuelle
au Japon, ce qui permet des chapitres
plus développés et mieux
charpentés que la moyenne. D'autant
que la mangaka - eh oui, l'auteur est
une femme - ne manque pas de talent
et d'imagination. Tout en ne négligeant
pas les ingrédients classiques
du genre : duels, humour, amitié...
Par rapport au dessin animé,
on retrouve donc les frères Elric
bien sûr, Mustang, Scar, etc,
des personnages que l'on a appris à
apprécier, voire plus, et auxquels
on s'attache à nouveau sans difficulté.
Mais il faut s'attendre à quelques
divergences, et ce assez rapidement...
En effet, en deux volumes, le manga
avance beaucoup plus vite que son adaptation,
attention ! Peu de sous-intrigues, on
avance à grands pas dans les
traces d'Ed et Al, obnubilés
par leur quête.
Saluons en tous cas l'initiative du
nouveau venu Kurokawa, qui
proposa aux lecteurs impatients deux
volumes à la fois, ce qui permit
de rentrer d'autant mieux dans l'histoire,
en attendant la suite. L'adaptation
est de qualité (pensez à
soulever vos couvertures !), malgré
une impression parfois un peu sombre,
et quelques bulles parfois coupées,
chose qui cependant arrive chez quasiment
tous les éditeurs à un
moment ou un autre... Le passage du
japonais au français sur le plan
strict de la traduction se révèle
tout aussi efficace, notamment sur le
plan des onomatopées. On regrettera
dans le 3eme volume quelques (rares)
fautes de français, et un mot
de l'auteur faisant doublon avec le
précédent. Mais puisque
le suivant n'est autre que le meilleur
paru à ce jour, mêlant
drame et humour, et que le cinquième,
malgré des événements
et un déroulement classique pour
un shônen, poursuit plaisamment
la formule...
Qui dit bande dessinée dit...
dessins, et à ce niveau, sans
vouloir une fois encore toujours comparer
avec l'adaptation, le graphisme d'Hiromu
Arakawa se montre rond, plutôt
dépouillé, mais pas dénué
de charme, sans oublier son dynamisme
de mise en scène. On espère
voir conserver les pages couleurs aux
tons pastels, par exemple. Au fil des
tomes, il s'affine d'ailleurs quelque
peu !
Bref, il n'est pas étonnant que
la série ait démarrée
sur les chapeaux de roue côté
ventes, ce qui, pour une fois, n'est
pas déméritée,
et ne devrait pas changer par la suite,
d'autant qu'à la conclusion du
volume 8, impossible de dire que l'histoire
ne diverge pas pour de bon de celle
de l'anime, avec son lot de personnages
"inédits"...
Et quand le tome 9 est sans doute le
meilleur paru à ce jour, il est
d'autant plus regrettable, que, pour
une fois, l'adaptation ne suive pas,
avec quelques fautes au fil des bulles
dont on se serait bien passé.
Heureusement que l'histoire s'emballe
ensuite, dans une parfaite gestion des
évènemens et agissement
des personnages, dans une ambiance proche
du dessin animé et affirmant
pourtant clairement ses différences
désormais, à la fois encore
plus drôle et encore plus sombre.
De quoi nous emmener jusqu'au volume
14 en montant crescendo dans les révélations
et les divergences par rapport à
l'anime, avant un 15eme tome entièrement
consacré à un retour en
arrière sur le massacre du peuple
ishbal... Le thème du génocide
étant traité avec une
remarquable justesse, dans les limites
du genre shônen.

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