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Premier volume d'un manga de Norihiro Yagi
plus connu précédemment pour oeuvrer dans
l'humour, Claymore joue la carte d'une certaine noirceur, et d'un cadre
moyenâgeux loin d'une heroïc fantasy de pacotille
multipliant les peuples et les tours de magie.
On erre dans la campagne, de village en village, traversant sous-bois
et rocailles tout aussi froids et nus... La vie semble s'être
retirée de ces régions
désolées, à mesure que les
démons imposent leur loi, non pas par le biais
d'armées dévastant les champs de bataille, mais
beaucoup plus insidieusement.
C'est là que réside principalement la force du
titre, pour l'instant en tout cas. Car composé de petites
histoires, même si celles-ci sont liées et
chronologiques, ce premier tome nous laisse dans l'attente des
développements futurs. De fait, difficile de le juger
autrement qu'intriguant et prometteur. Même si le personnage
de Raki n'a rien de bien intéressant à proposer
en comparaison.
Sur le plan des dessins, le trait de Yagi est très propre,
très clair, très lisse. Autant dire qu'il
participe à la froideur ambiante. Parfois un peu maladroit
ou statique malgré tout, l'auteur compose des visages
étranges, qui là encore peuvent être
considérés comme partie prenante de l'ambiance
toute particulière de ce titre, qu'il serait fort dommage de
limiter à une sorte de Berserk
au féminin.
Avec le volume 2, on ne peut nier être intrigué un
peu plus encore, et ce, dans le bon sens du terme, tout en conservant
une bonne dose d'étrangeté, dont il faudra bien
lever le voile par la suite, car sur le fond, les scories demeurent,
sans trame générale pour nous passionner. Ce qui
change enfin dans le suivant, avec l'ouverture d'une analepse
prolongée qui là encore pourrait cela dit
rappeler Berserk, mais
dédiée à l'enfance de Claire, et
notamment à sa protectrice, la mystérieuse
Thérèse... Parvenue à sa conclusion,
les choses se décantent enfin !
Un manga qui continue petit à petit de monter en
puissance... tout comme ses héroïnes ! Un constat
toujours valable au bout de neuf tomes, qui auront vu le trait comme le
scénario s'affiner, sans pour autant lever totalement le
doute. Oui, voilà un manga qui se suit sans
déplaisir, mais faut-il déjà renoncer
à le voir s'imposer comme une pointure du genre ? Le doute
est encore permis, car il est difficile de jamais s'enthousiasmer tout
à fait de la première à la
dernière page d'un volume, mais une série
assurément intrigante.
Après plus de dix volumes - déjà ! -
Claymore a su prendre corps, proposant une histoire nettement plus
accrocheuse et dense qu'à ses débuts, quand bien
même l'auteur ne semble-t-il toujours pas profiter au maximum
de sa trame narrative pour passer outre certains bémols,
à l'image de la facilité de certains ressorts
scénaristiques. Sur le plan graphique, il s'est cependant
également affiné, son trait se faisant moins
hésitant et un peu plus dynamique, améliorations
que l'on retrouve aussi dans les couvertures, plus affirmées
et plus spectaculaires que les premières.
Au fil des volumes, et en
particulier depuis le cap du dixième, la série a
su prendre du corps et se
bonifier, aussi bien sur le plan du scénario que du dessin,
enfin un peu plus
varié. Toutefois, petit bémol, ce sont avant tout
et encore et toujours les
différents affrontements entre numéros qui
donnent le la, quand bien même
l’émotion et l’attachement ont pu enfin
faire leur apparition.
Le
manga franchit une
autre étape avec un quinzième volume enlevé, qui donne, enfin, une
véritable
consistance au personnage de Raki... Mais Dieu que l'univers créé par
Yagi
prend souvent des chemins détournés pour parvenir à ses fins, dans une
atmosphère pesante qui n'aide pas toujours à s'investir.
Avec le tome 16, la parution française a désormais rattrapé la
japonaise, et les fans vont donc devoir prendre leur mal en patience...
Au Pays
du Soleil Levant, on compte environ deux volumes par an.

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