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Voilà un début
d'année 2008 très Brave Story ! Après le roman à
l'origine de tout qui est paru chez Pocket Jeunesse,
voici l'adaptation manga,
lancée au Japon en 2004 et qui compte
déjà 17 volumes publiés à
ce jour.
Toutefois, il ne s'agit pas là d'une même histoire
remâchée pour la troisième fois. Tout
commence avec un changement certain : Wataru, notre jeune
héros, a désormais pris quelques
années, shônen oblige. Oh, certes, il n'a pas 25
ans, mais entre 10 et 14 ans, il y a parfois beaucoup de choses qui
changent.
Pour un shônen justement, ces deux premiers volumes -
Kurokawa a eu la très bonne idée de faire coup
double - présentent des situations dont nous n'avons pas
forcément l'habitude : meurtres, mensonges, abandon de
domicile par un père qui trompe sa femme... Le contexte est
bien plus ancré dans la réalité que
beaucoup de ses rivaux, et les motivations des personnages principaux
sonnent donc comme étant d'autant plus réelles.
Quand les personnages partent à l'aventure, on comprend
pourquoi. Même chose dans le monde de Vision :
évidemment, il est question de magie, de principes rappelant
fortement les RPGs (constitution d'une équipe, etc...), mais
le principe même qui régit le but des Voyageurs en
route pour la Tour du Destin promet une certaine
ambiguïté, au fil de la progression de nos
héros, dans tous les sens du terme. Aussi bien au niveau de
leurs pouvoirs que l'on imagine volontiers grandissant sans cesse que
de leurs étapes formelles dans tel ou tel royaume.
Sur le plan des dessins, le découpage est efficace et le
trait de Yôichiro Ono plutôt agréable,
même si parfois un peu grossier ici ou là.
Même s'il ne s'agit pas là de sa
première oeuvre, on sent qu'il doit encore
s'alléger un peu de temps à autre. Toutefois,
après deux tomes enlevés, avec en prime quelques
touches d'humour bienvenues même si un peu faciles, on ne
peut qu'attendre la suite avec impatience !
Sans compter un petit mot très positif sur
l'édition superbement soignée de la part de Kurokawa.
Et l'histoire avance dans un troisième volume
traité intelligemment à défaut
d'être vraiment original. Le monde de Vision
s'étoffe et nos héros s'affirment un peu plus
avant. Mais, malgré tout, après cinq volumes,
l'histoire principale semble à peine commencer, et le propos
du manga, entre deux combats jouant la carte du spectaculaire, semble
un peu trop hésiter entre morale naïve et passages
étrangements glauques en comparaison. De quoi maintenir un
sentiment quelque peu mitigé.
Difficile de savoir quel est le
problème avec Brave
Story. Après lecture du
volume 8, le mot de l’auteur lève
peut-être le voile sur une partie du
problème : rendre le récit novateur
et intéressant sans sortir des codes du genre et notamment
sans s’éloigner de
l’œuvre originale, le roman, voilà qui
semble un pari ardu.
Le dessinateur
chargé de la tâche
ne semble tout simplement pas tout à fait à la
hauteur de celle-ci, tandis que
des duels sans saveur entrecoupent une intrigue brouillonne.
Tournant annoncé de la série
pour
ces auteurs, on ne peut pas dire que Brave Story
change radicalement son
fusil d'épaule une fois parvenu à la dernière page du tome 11 récemment
paru.
Sentiments exacerbés, affrontements épiques, dilemmes déchirants,
pointes
d'humour parfois étranges... Plus les choses changent, plus elles
restent les
mêmes ! Ainsi, si au fil du temps, le
trait de ce manga a su quelque peu s'affiner, il n'en va pas forcément
de même
du scénario, quand bien même s'est-il fait plus ambitieux, notamment en
termes
d'échelle, dans le cadre de cet univers malgré tout coloré.
Avec ce douzième tome, voilà un manga qui franchit une étape importante,
avec un événement attendu depuis longtemps apte à relancer l'intérêt du lecteur.
Mais pour combien de temps ? Car il faut bien avouer que le manga ne se distingue guère au final,
ni par ses dessins, ni par son scénario. Et il ne reste désormais que 8 volumes pour revoir nos impressions
globales à la hausse. Espérons que ce nouveau virage, toujours plus épique, mais sans renier pour une fois
une certaine émotion, saura y parvenir.

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