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Bleach est
encore un manga récent au Japon puisqu'il
est apparu en 2001 et que nous sommes encore loin
d'une vingtaine ou d'une trentaine de volumes
parus au pays du Soleil Levant. Pour autant, il
y a une chance qu'il y parvienne, étant
donné qu'il a su se tailler une certaine
popularité.
Et il faut bien l'avouer, c'est mérité.
Loin d'un Rave poussif et brouillon ou
d'un Hoshin soufflant le chaud et le froid,
Bleach est un titre qui devrait permettre
à Glénat de remonter la pente dans
le domaine si prisé des shônen, bien
que l'éditeur grenoblois ait de toute façon
encore en poche l'atout majeur One Piece.
Le scénario n'évite pas quelques
étapes balisées du genre (la mission
inattendue, l'investiture, morale positive...)
mais il se montre suffisamment habile pour ne
pas nous étouffer, tout en faisant le tour
des explications de la mystérieuse "Soul
Society" sans s'appesantir.
L'ambiance alterne sérieux et humour, avec
une tendance assez marquée au loufoque
dans le second cas : il n'y a qu'à voir
la famille d'Ichigo, ou bien, ses caramades de
classe, et particulièrement le dénommé
Chad, personnage singulier et à retenir
car s'annonçant assez important pour la
suite des évènements. Cela n'occulte
donc pas des passages plus "sombres",
avec héros poseur, (ce qui n'est pas un
reproche dans ce cas précis) et pouvoirs
magiques.
Graphiquement, l'auteur est déjà
dans la bonne moyenne, dès le premier tome.
Tite Kubo semble toutefois pour le moment plus
à l'aise avec les personnages masculins,
moins stéréotypés. On regrettera
tout de même le côté "nunuche"
trop appuyé de la traditionnelle "copine
du héros", mais cela mis à
part, Bleach est une bonne surprise à découvrir
sans crainte en cette période estivale
!
Le volume 2 nous fait la démonstration
du caractère surprenant de Chad, tout comme
il entraîne Ichigo plus loin dans les méandres
du fonctionnement de la Soul Society, à
la rencontre de nouveaux personnages pas toujours
très nets. On ne peut pas nier le rythme
rapide de ce tome, mais par contre regretter qu'il
soit parfois quelque peu confus. L'action prend
le pas sur le reste, bien que Kubo se ménage
quelques moments d'émotion, mais forcés,
mais pas d'une originalité folle. Le volume
3 de son côté soulage vraiment le
lecteur un peu inquiet, dans le sens où
l'histoire s'étoffe et trouve ses marques,
pour de bon serait-on tenté de dire. Ichigo
gagne en profondeur tandis qu'on en apprend plus
sur un difficile moment de son passé, et
un grand axe semble se mettre en place pour la
suite. Mais c'est surtout le volume 4 qui marque
la fin de la phase d'introduction, comme l'indique
l'auteur lui-même ! Plus inventif, plus
drôle, et une confirmation que le lassant
"nekketsu" d'un Naruto
n'est pas vraiment de mise ici. Le 5 continue
sur le même modèle, très prenant,
et faisant la part belle à Chad, ce que
l'on attendait avec impatience. Le tout sans ignorer
la vie sociale des héros, ce qui est assez
peu courant et appréciable.
Une réalité qui se manifeste également
dans le suivant, même s'il se révèle
un peu confus par moments. Ce 6eme tome a au moins
le mérite de faire le point sur les forces
en présence et le pourquoi du comment,
tout en laissant la porte ouverte à bien
des possibilités. On ne peut s'empêcher
d'éprouver une pointe de déception
avec le suivant, puisque l'on rentre dans une
phase entraînement commune à bien
des shônens. Ceci dit, Tite Kubo conserve
recul et humour dans son approche. Ce qui se retrouve
dans la suite, au rythme changeant selon les chapitres,
mais toujours aussi jouissif à la lecture,
sans pour autant négliger l'entrée
dans la phase "choses sérieuses",
qui si là encore, l'originalité
à tout prix ne s'impose pas (cf l'évolution
du caractère d'Ichigo), demeure accrocheuse.
On en vient à une phase "shônenesque"
beaucoup plus prévisible, où Kubo
se repose avant tout sur son graphisme et la classe
de ses personnages, toujours aussi souvent poseurs.
Mais ça fonctionne ! Pour preuve encore
avec un volume 14 révélant enfin
la véritable apparence de Yoruichi... Ou
le retour en arrière du 15, marquant une
pose entre deux duels et laissant entrouvertes
plusieurs pistes. Le 16 cherchant à expliciter
les agissements présents de différents
et importants personnages, pas toujours de la
façon la plus subtile qui soit, mais avec
efficacité... Une efficacité toujours
présente dans les résolutions de
conflits et bastons enchaînées des
volumes suivants, et les zooms successifs sur
tel ou tel duo de protagonistes. L'arc Soul
Society se termine enfin avec le tome 20,
sans doute le meilleur depuis 4 ou 5 volumes,
mais la suite laisse d'avance perplexe, avec de
nouveaux ennemis toujours plus puissants, dans
une sorte de remake/antithèse de la première
partie.
Toujours aussi fun en attendant ! Mais
attention à ne pas tourner en rond...

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