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Dire que Berserk
était attendu est un euphémisme.
Précédé depuis quelques temps
d'un buzz grandissant et popularisé par
son anime qui a lui rapidement dépassé
les frontières, les premiers échos
d'une possible édition en version française
- après le raté de 1995 - ont immédiatement
fait saliver les fans, qu'ils soient déjà
convaincus ou en puissance. Et après quelques...
mois de retard sur la date de lancement initialement
prévu, voilà que le premier tome
du manga de Kentaro Miura est arrivé en
librairie en Octobre 2002, chez Dynamic Editions.
Celui-ci démarre très fort, puisqu'il
se révèle d'emblée encore
plus profond et prenant que l'anime, sans compter
qu'il intègre des éléments
absents de la version DA, aussi bien dans le background
qu'en ce qui concerne les personnages. Très
violent, lugubre presque par moments, voilà
un manga qui, comme son "héros",
ne fait pas dans la demi-mesure, mais peut se
prévaloir d'être sans concession.
Le monde de Guts n'est pas fait pour les faibles,
aussi bien intentionné que l'on puisse
être. L'auteur se charge de nous le rappeler
au fer rouge à chaque planche. Doit-on
pour autant penser que Berserk n'est qu'un
manga sanglant dans lequel on se contente de compter
les morts ? Pas du tout ! En un seul tome, le
lecteur découvre déjà plus
de substance et de contenu que dans bien d'autres
cycles de mangas ou BDs tout entier ! Entre les
secrets du passé de son personnage principal,
le contexte actuel du monde qui l'entoure, les
figures étranges et torturées de
ceux qu'ils croisent, ses ennemis à venir...
Berserk ne manque pas d'intriguer et de
nous laisser avide de connaître ce qui suit
! Seul petit bémol, un trait parfois hésitant
et inégal sur certaines planches, perdurant
jusqu'aux 4 ou 5.
A propos de cette édition française,
on regrettait chez Dynamic tout de même
l'inversion des planches pour conserver le sens
de lecture occidental et l'impression parfois
défaillante... Une oeuvre de cette importance
aurait bien mérité un peu plus de
respect. D'autant que ces défauts d'impression
étaient encore présents au tome
6, alors que la parution de Berserk chez
Dynamic pourrait bien s'arrêter là.
Ce qui fut le cas, avant que Glénat ne
reprenne - une fois encore avec ce manga décidément
bien malchanceux ! - la saga de Guts, avec une
attitude bien plus respectueuse : sens de lecture
VO, format original, traduction revue et corrigée...
Guts quant à lui n'a que faire de ces évènements
en coulisse et trace sa route. Depuis la rencontre
avec Griffith et la Brigade des Faucons, l'histoire
avance vite, sans pour autant délaisser
ses personnages. Les non-dits sont aussi importants
que les mots ou les coups d'épée.
Coup de chapeau en passant à l'anime qui
suit la trame du manga de très près,
se permettant seulement de rates omissions. Et
évidemment, le dessin va en s'améliorant,
tandis que l'histoire se ramifie de plus en plus,
pour nous mener pour l'instant jusqu'à
un volume 7 faisant la part belle à Casca,
tandis que les choses commencent à basculer
inexorablement par la suite... Et si cela était
encore nécessaire, le volume 9 justifie
pleinement son autocollant "Pour public averti"
! En bien ou en mal, le manga creuse beaucoup
plus loin que l'anime. La narration effectue un
bond en avant sans équivoque, et le glas
de la Bande du Faucon est proche, telle l'ensorcelante
plongée en apnée débutant
dans le 11...
Dommage que pour le si crucial - et controversé
? - volume 13, le traducteur change et pas forcément
en bien... Déjà que celle-ci se
permettait quelques tournures ou choix de termes
sonnant beaucoup trop modernes... Mais ce volume
13, viscéral et crépusculaire, n'est
pas affaire de mots. Il se ressent.
La suite débutant enfin ce que les amateurs
du dessin animé n'ont jamais vu, avec notamment
le retour de Puck, élément comique
permettant de souffler un peu ! A condition d'accepter
cette nouvelle donne pas forcément encore
fort bien usitée, et même si la violence
demeure plus présente que jamais. Heureusement,
les choses ne s'enlisent pas, et ouvre rapidement
sur une nouvelle partie de la saga, sans doute
la plus aboutie. La couverture du dernier volume
paru en date ne masquera en tous les cas pas grand
chose de ce qui attend le lecteur... Mais au bout
de trois volumes, si l'histoire avance toujours,
elle prend son temps et acquiert même un
petit côté RPG qui ne plaîra
pas forcément à tous.

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