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Auteurs, E-mail : Gillossen
Dernière Mise à jour : 06/02/2008

Shin Angyo Onshi :
Il était une fois un royaume appelé Jushin.
Les Angyo Onshi étaient des agents secrets de ce royaume. Ces représentants de l'empereur voyageaient incognito à travers le pays punissant les gouverneurs injustes et secourant les plus démunis. C'était, en quelque sorte, des justiciers officiels. Mais un jour le royaume de Jushin disparut...
Aujourd'hui un Angyo Onshi solitaire parcourt ce pays à la dérive...

16 volumes parus
Éditeur : Pika
Format : Poche - 214 pages
Dimensions (en cm) : 13 x 2 x 18
Prix 6.95€

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A lire ce résumé et à voir la couverture aguicheuse du premier tome, ce manga de Youn In-Wan au scénario et Yang Kyung-Il aux dessins aurait pu en rebuter certains, qui pourraient s'attendre à une histoire sans originalité et racoleuse.
Eh bien, cela aurait été fort dommage, et une belle erreur ! Car Le nouvel Angyo Onshi est une surprise plus que sympathique ! Explorant un temps les légendes coréennes - qui trouvent tout de même des correspondances au Japon ou ailleurs - l'oeuvre nous place sur le chemin de Mun-Su, le seul Angyo Onshi qui n'ait pas renoncé à sa tâche, avant tout pour tenir une vieille promesse faite à un ami. Mais pour se faire, notre " héros " n'hésite pas à employer des manières bien peu orthodoxes ! Et à peine commence-t-on à croire qu'il s'agit en fait d'un " dur au coeur tendre ", pas si froid que ça, qu'il nous démontre une fois de plus qu'il n'en ait rien.
De plus, les rebondissements et surprises sont légion, et ce, dès le premier tome d'une série qui en compte 12 pour l'instant au Japon. Bref, du point de vue du scénario, c'est solide, et très loin de la moyenne des oeuvres du genre. Il faut bien considérer que nous avons affaire à un récit plus adulte. Pour preuve, des personnages introduits en quelques pages (telle que la charmante et décidée Chun-Hyang) acquièrent immédiatement une réelle profondeur, alors que d'autres auteurs mettraient plusieurs tomes à en proposer une équivalente.
L'univers quant à lui rappelle un peu Berserk, bien que le contexte médiéval n'ait rien à voir avec l'Europe, évidemment ! Mais sa dureté, son " réalisme ", et sa violence, ne sont pas sans point commun, de même que l'irruption soudaine de monstres ou autres démons.
Du point de vue du dessin, c'est splendide, rien à redire ! Une fois encore, bien au-dessus de la moyenne. Le trait et le découpage sont de grande qualité, et le dessin sait se faire souple, travaillé, bien loin de la caricature. Sans aucun doute l'apport coréen, même si les influences principales demeurent japonaises. (C'est au Japon que cette BD a été tout d'abord publiée.)
Pour ce qui est de l'édition française, c'est de très bonne qualité, Pika nous propose une version à la traduction soignée, qui conserve même ses pages couleur ! Le papier est de bonne qualité, et plusieurs pages de notes s'attardent plus en profondeur sur certains points obscurs de l'histoire.
Après 6 tomes, ces constatations demeurent parfaitement valables, et même plus. La noirceur du récit - ou de Mun-Su - ne s'est pas dissipée. Et la mécanique du scénario s'affirme, tandis que se révèle peu à peu une intrigue plus globale, qui introduit son lot de personnages toujours fascinants. A noter que Chun-Hyang a la part belle au cours du troisième tome, en décidant d'aller de l'avant. Si le 4eme propose une approche plus classique notamment du duel, les surprises sont toujours de rigueur, et la némésis de Mun-Su nous intrigue toujours autant...
Avec le cinquième tome, on retrouve en partie le format histoires courtes, toujours inspirées de légendes coréennes, notamment cette fois celle du frère-tigre. Toujours aussi bien maîtrisé, on suit un récit et ses non-dits, qui n'oublie pas pour autant l'intrigue principale dévoilée depuis le 3eme. Question dessin, il conserve toute sa tenue, de grande classe ! Le 6 nous entraîne à nouveau à la découverte de certains éléments du passé de Mun-Su, (l'un des éléments moteur de l'intrigue) tout en prenant appui sur l'histoire déchirante de deux amants... L'ambiance et la densité du récit sont tout bonnement magnifiquement éprouvantes, allégées par quelques touches d'humour. Un humour que l'on retrouve dans le volume suivant, de façon beaucoup plus marqué que précédemment.
Ce qui étonne plutôt, d'autant que le rythme de ce 7eme tome est des plus échevelés, avec de nouvelles révélations, des personnages qui apparaissent ou réapparaissent, et un cliffhanger de plus en conclusion. On peut être certain en tous cas que les auteurs n'oublient pas ce qu'ils ont établis précédemment, et ne se contente pas d'une fuite en avant, comme dans nombre de shônen. Ce qui se confirme à la lecture du suivant, où le voile est enfin levé sur le grand amour de Mun-Su, tandis que l'absence de Sando se fait cruellement sentir.
Le 9, qui fut attendu plusieurs mois pour cause de parution japonaise rattrapée, est dans la ligne droite du précédent, sans apporter de conclusion à cet arc de l'histoire, loin de là ! A présent, les auteurs manipulent la réalité de leurs personnages et celles de leur lecteur, tout en explorant le passé si nébuleux de Mun-Su dans les premiers tomes... 
A ce titre, le 12 représente sans doute un virage important, avec le début d'un arc se recentrant sur les conflits principaux et ménageant son lot de révélations avec une véritable aposée dans le 14, sans même parler du suspense ! 
Enfin, le 15ème volume amorce la fin de la série, programmée au Japon, sans jamais se départir de ses qualités.
Quant à l'édition de Pika, elle conserve son niveau d'excellence, avec toujours ses pages couleurs, sa traduction précise bien sûr, ou ses rappels historiques.

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