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Première
tentative en cartonné de Panini pour sa
version française de Fables, l’éditeur
joue une carte plutôt sûre avec la
publication de ce recueil couvert de lauriers
lors de sa parution américaine.
Histoire de mettre toutes les chances de leur
côté, aussi bien pour l’éditeur
donc que pour l’auteur dans sa démarche,
ce recueil propose qui plus est des histoires
indépendantes, se déroulant toute
avant le premier volume de Fables, la série
elle-même !
Blanche-Neige se place donc dans la peau d’une
narratrice racontant des histoires pour sauver
sa vie face au Sultan, précédant
de fait une Schéhérazade qu’on
ne croisera que très brièvement
en toute fin de volume.
Très courte – deux planches parfois
– ou développant un récit
beaucoup plus étoffé, l’auteur
se permet des reprises de figures imposées,
mais aussi de petits à-côtés
s’appuyant sur ses premières créations
et ouvrant de nouvelles perspectives. Amusants
ou tragiques, les parti-pris nous offrent d’ailleurs
là encore le choix. Pas question cela dit
d’une redite des Mille et Une Nuits, puisque
ce n’était pas du tout l’angle
retenu, en dehors du cadre, bien sûr.
Cependant, pour le reste, nous restons-là
tout à fait dans l’univers et le
ton des Fables que nous connaissons déjà
ou que le lecteur découvre pour l’occasion.
Il faut donc s’attendre à une morale
parfois aussi réjouissante que cruelle,
ou pince-sans-rire, comme le sont d’ailleurs
bien souvent les contes originels. Jamais lassantes
et parfois plus subtiles qu’on pourrait
le croire, chaque histoire mérite lecture,
mais pour autant que l’on soit forcément
estomaqué à chaque page. Il manque
peut-être un soupçon de saveur pour
réellement emporter la mise. En effet,
on sait bien par exemple que Blanche-Neige ne
risque rien…
Côté illustrateurs montés
à bord pour l’aventure, de Charles
Vess à l’habitué Mark Buckingham
en passant par James Jean, il y a de quoi faire,
et selon des genres parfois très différents.
Il faut bien que chacun s’adapte au ton
de son histoire. Mais comme souvent avec ce type
de recueil, certains paraissent un cran en-dessous
de leurs collègues, sans pour autant tomber
dans le « syndrome Sandman ».
Il faut dire que Panini a réalisé
aussi dans ce domaine un travail d’adaptation
particulièrement soigné, de quoi
donner un objet particulièrement beau,
dont la présentation joue aussi sur la
bonne impression globale, ne le cachons pas.
Bref, du one-shot de haut-niveau, mais qui ne
doit pas vous empêcher de découvrir
la série régulière si jamais
vous n’étiez pas totalement convaincus
après lecture !

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