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L'Enfant hibou

Tome 1 du cycle : Badlands
ISBN : 978-230203746-5
Catégorie : Bd
Auteur : Éric Corbeyran (Proposer une Biographie)
Dessinateur : Kowalski Piotr

À la fin du XIXème siècle, Perla Ruiz-Tenguillo sillonne le sud de l’Amérique du Nord à la tête d’un petit groupe d’aventuriers. Son objectif : marcher sur les pas de son ancêtre, l’alchimiste Hernan Ruiz-Tenguillo. Car le monde invisible vénéré par les Indiens et décrit par son aïeul deux siècles plus tôt n’a pas disparu ! Il a été dissimulé aux yeux des blancs pour éviter que ceux-ci ne s’emparent des pouvoirs qui lui sont associés. Perla espère bien redécouvrir cet univers situé derrière l’ultime frontière, celle de la réalité…


Critique

Par Asavar, le 03/05/2014

Avec l’Enfant-Hibou, premier tome de la série Badlands, l’auteur prend son temps pour mettre en place son univers et ses personnages tout en nous offrant une histoire des plus intéressantes. Nous suivons Perla Ruiz-Tenguillo, aventurière d’origine espagnole, forte en gueule, sorte d’Indiana Jones féminin à la sauce western, qui part à la recherche d’artefacts anciens dans les années 1880. Elle est pour cela aidée par un groupe hétéroclite. Le mélange entre l’aventure westernienne et le fantastique est savamment dosé pour créer un tout cohérent. On y croise des pistoleros, des sorcières et autres esprits sans que cela ne nous choque particulièrement.
Les personnages principaux, au nombre de quatre, sont attachants par leur côté “briscard de l’ouest”. On trouve dans le groupe, outre l’héroïne, un érudit, un tireur noir et un éclaireur amérindien. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils sont payés par l’héroïne pour l’aider dans sa quête. Ils agissent donc comme tels et sont souvent à la limite d’en venir aux mains entre eux. Cela change agréablement des mercenaires qui ne se sont jamais croisés mais qui sont immédiatement copains comme cochons, tout en collant parfaitement avec le côté ouest américain de l’époque.
Le problème de ce genre de série est que, malheureusement, le côté historique est plutôt vague. Les auteurs recherchent plus le côté esthétique des tenues et des endroits qu’ils nous montrent que leur exactitude. Ce n’est peut-être qu’un détail, mais on retrouve des erreurs facilement évitables, qui ne gêneront pas les néophytes certes, mais qui feront lever au ciel les yeux des connaisseurs. Sans aller jusqu’aux armes qui ne ressemblent à rien de connu, on peut quand même trouver dommage que l’auteur n’ait pas fait plus attention à la tenue des personnages. Pour prendre l’héroïne par exemple, elle est vêtue d’un pantalon d’artilleur de la guerre de sécession et de bottes de cavalier alors que son haut n’est pas manufacturé et donc porté avant la moitié du 20ème siècle. Encore une fois ce n’est qu’un minuscule détail mais quand on voit ce que fait par exemple Guarnido sur Blacksad, où tout est exact jusque dans les moindres détails, on se dit qu’il suffit d’un minimum pour être totalement happé dans l’univers qu’on nous décrit.
Ce sera donc plus un problème de forme plutôt que de fond, mais, quand on a affaire à une bande-dessinée, c’est tout de suite dommageable…

6.0/10

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