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Les Yeux de
Leïlan, le premier roman de Magali Ségura
est sorti aux éditions Bragelonne
fin Janvier 2002. Quelques semaines après
son arrivée dans les librairies, son auteur
a eu la gentillesse de bien vouloir répondre
à nos questions.

Gillossen
: Situer votre premier roman dans la continuité
de "A Chloé", est- ce que cela avait quelque chose
d'obligatoire pour vous ?
Magali Ségura
: Elle n'est pas obligatoirement dans la continuité
de "Leïlan". Elle fait partie de l'histoire puisque
c'est le passé de certains de mes personnages,
mais elle est mieux perçue quand elle est lue
après le roman. J'écrivais le deuxième tome de
"Leïlan" et le personnage de Sélène que l'on découvre
à ce moment-là m'a séduit. J'ai eu envie de raconter
les événements qui l'ont amenée dans le roman.
En fait, je m'aperçois qu'il y a un grand désordre
entre les dates d'écriture de mes textes et les
dates de publication ;-)
G : Combien
de temps ce roman vous a-t-il demandé ? Y a -t-il
des choses à propos desquelles vous avez dû renoncer
à mesure que vous approchiez de la version définitive
?
MS : J'ai
mis deux ans et demi pour écrire entièrement Leïlan.
Et beaucoup de temps de corrections entrecoupées
d'écriture d'autres textes. Mes études sont la
principale raison de ma lenteur mais je dois dire
que je ne suis pas très prolifique en plus. Dans
toutes mes corrections, j'ai dû renoncer à ma
première phrase qui définitivement ne plaisait
à personne et entraînait les moqueries incessantes
de mon mari (non, je ne la citerai pas ;-)). J'ai
dû renoncer aussi à un grand repas dans le tome
II qui coupait trop le rythme du texte. Pour l'instant,
je n'ai rien retiré du tome III. Mes corrections
ont principalemement été des ajouts de personnages
ou de scènes, et des améliorations sur des explications
qui étaient trop vaseuses au goût de Stéphane
Marsan ;-)
G : La trame
générale de l'histoire est somme toute classique...
Est-ce une façon de savoir où l'on va ou est-ce
qu'au contraire c'est en voulant faire simple
que cela devient compliqué ?
MS : Le premier
tome est plutôt une présentation des personnages
et des décors. Le danger ne semble pas encore
très réel. Mes personnages sortent comme ils veulent,
ils peuvent même faire la fête... Tout cela va
changer. Cacher l'identité de mes personnages
principaux n'avait aucune importance. En ce sens,
les lecteurs ont peut-être l'impression de découvrir
tout assez vite. Mais les questions à se poser
ne sont pas les plus simples.
G : Les représentants
du Mal, Korta en tête, sont particulièrement vicieux.
Est-ce difficile de jongler avec ces caractéristiques,
pour éviter la caricature, quand dans le camp
d'en face, le dévouement le plus absolu est de
mise ? Est-ce une façon de toucher au conte de
fée ?
MS : Mon histoire
est un conte plus qu'un roman. J'ai écrit le tome
I sans aucune référence de Fantasy, sur les seules
bases de souvenirs de contes d'enfance et de films
de capes et d'épées. Je ne peux pas renier leur
influence. Les tomes II et III sont plus complexes.
Pour les représentants du mal... J'ai eu beaucoup
de mal à créer Korta au départ, c'était mon premier
méchant, et il m'a fallu le silence d'une plage
de Bretagne pour parvenir à imaginer Ibbak. Pour
Muht, ce fut beaucoup plus facile, il a été rajouté
très récemment, j'avais suffisamment écrit de
mauvaises personnalités pour le créer. Ce fut
même un régal de le faire caresser avec désinvolture
les tresses de sa cape ;-)
G : Si je
vous dis que vos " seconds rôles " m'ont paru
souvent plus " vivants " que Axel ou Vic, dans
le sens où leurs réactions sont souvent plus "
crédibles ", qu'en pensez-vous ?
MS : Je n'aurai
aucun mal à vous croire ;-) En étant mon premier
héros, Axel a été très difficile à rendre humain.
Et je sais qu'il est par certains aspects trop
parfait. Dans les premières versions du tome I,
Vic semblait indestructible aussi. Maintenant,
l'avenir pour lequel Axel et Vic sont destinés
en font des personnages hors-norme qui peuvent
difficilemement avoir des défauts : ce sont des
Enfants des Fées avec tout ce que cela peut impliquer.
Les autres personnages pouvaient avoir des réactions
"normales " et des faiblesses plus faciles à gérer,
et j'avais moins de mal à les toucher ou à les
briser.
G : Alors,
pas trop dur de se glisser dans la peau d'un mâaaaaaaale,
avec Axel justement ?
MS : Amusant
;-) J'adorais traverser la rue en imaginant être
dans sa peau. J'ai même été plus souvent dans
la sienne que dans celle d'Eléa ;-)
G
: Le poids du destin - ou du devoir - est une
valeur que vos héros tendent à remettre perpétuellement
en question, tout en étant tiraillé. Vous-même,
de quel côté penchez-vous ?
MS : Le destin
de ne plus pouvoir vivre sans écrire, le devoir
de finir en novembre ma thèse sur les grenouilles...
Comme Axel et Vic, je remets tout cela en cause
en permanence. J'aimerais pouvoir choisir la liberté,
de faire l'un ou l'autre quand bon me semble,
comme mes héros ;-)
G : Après
quasiment deux mois, êtes-vous satisfaite de l'accueil
de ce roman ?
MS : Je savais
que le côté un peu trop fleur bleu me serait reproché,
mais ce défaut sucré n'a pas entraîné de grandes
tempêtes de critiques ;-) Je n'ai eu que des bons
échos par e-mail, sur Internet, de vive-voix au
salon du livre, et un bonne dose de lecteurs impatients
d'avoir la suite ;-) De quoi se sentir bien ;-)
.
G : A quelle
portée peut prétendre un roman selon vous ?
MS : Tout
dépend son sujet. Comme un film, certains sont
pour faire un bon courant d'air entre les oreilles,
d'autres pour rire, d'autres encore pour avoir
de profondes réflexions. Si je lis un roman de
Fantasy, je lui demande en premier de me faire
rêver ou de vivre une aventure bouleversante.
S'il y a un message, une morale, une critique
du monde actuel ou tout autres choses, c'est du
plus que j'ingère si c'est bien amené mais ce
n'est pas ce que je recherche principalement.
Cela rajoutera de la richesse, c'est tout.
G : Dans la
continuité, trouvez-vous la fantasy à sa place
dans la littérature moderne ?
MS : J'espère
bien ! Il serait temps que les Français arrêtent
de snober la Fantasy en la considérant comme de
la littérature pour enfants. "Le Seigneur des
Anneaux" et "Harry Potter" vont peut-être avoir
l'influence qu'il faut ;-)
G
: Les " auteurs femmes " remportent un succès
croissant en Fantasy, notamment aux Etats-Unis.
Est-ce quelque chose qui vous interpelle, ou bien
n'accordez- vous aucun crédit à une quelconque
distinction Homme/Femme en Fantasy ?
MS : Je voudrais
n'accorder aucune importance à la différence d'écriture,
je suis persuadée qu'une femme écrivant sous le
nom d'un homme passerait totalement inapercue.
J'ai des amis qui écrivent avec cent mille fois
plus de poétisme que moi, d'autres qui font pleurer
leurs personnages masculins toutes les cinq minutes
sans complexe et sans qu'on leur reproche quoique
ce soit ! Pourtant de tous les lecteurs qui m'écrivent
ou que j'ai eu la chance de voir, une grosse moitié
est composée de femmes. Est-ce le simple fait
d'avoir un nom féminin ? Effet de mode ? Ou les
lectrices sont-elles plus facilement interpellée
parce que le héros est accompagné d'une héroïne
à très forte personnalité ? Il est vrai que je
n'ai jamais supporté dans les films ou les livres
que les femmes soient reléguées au rang d'hystériques
qui regardent les autres se battre sans avoir
le courage de prendre partie. J'ai été élévée
avec un frère de six ans mon aîné qui m'a appris
à me défendre à la récré et à user de plusieurs
prises de tortures pour les récidivistes ;-) Je
ne crois pas être la seule à vouloir briser l'image
de la femme-cristal (même si je garde cette comparaison
pour mes jolies princesses ;-)).
G : Pourriez-vous
nous donner un petit aperçu de ce qui nous attend
dans le second tome ? Découvrirons-nous de nouveaux
personnages, de nouveaux lieux ?
MS : Et bien,
et bien... Que dire sans tout dévoiler ?... Dans
le tome II, les lecteurs iront faire un tour dans
la Forêt Interdite, ils retrouveront la femme
d'Erwan (Sélène) et leur fille, pour ceux qui
ont lu "A Chloé", et les Scylès vont revenir...
;-)
-> Lire
la critique des Yeux de Leïlan
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web pour plus de renseignements
Propos recueillis
par Gillossen
le 28 mars 2002
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