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Transposer Neverwhere en bande dessinée
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Comme «
admis » précédemment par Neil
Gaiman sur son webblog, et officiellement annoncé
par Vertigo aujourd'hui, (Note du traducteur
: le 24 Août, dans le cadre de la convention
Comic Con à San Diego) ils vont publier
neuf numéros de l'adaptation de son roman
Neverwhere,
adapté par Mike Carey, développement
artistique par Glenn Fabry. La mini-série
doit commencer en novembre. Newsarama a eu la
chance de discuter avec Gaiman et Carey du fait
de donner vie à un livre grâce à
la bande dessinée.

Comme Gaiman l'a rappelé,
l'adaptation de l'histoire en une mini-série
sur bande dessinée a été
envisagée il y a six ou sept ans quand
le roman est sorti. L'éditrice exécutive
de Vertigo, Karen Berger et Gaiman ont eu des
discussions préliminaires là-dessus,
mais les projets n'ont jamais porté leurs
fruits. « Quand cela a été
mentionné à ce moment, aucun d'entre
nous ne pouvait vraiment se rappeler pourquoi
on ne l'avait pas fait la dernière fois,
» se souvient Gaiman. « Donc on l'a
plutôt fait cette fois-ci. »
Dès le début, un
autre auteur faisait partie de la discussion.
« Si je devais l'adapter moi-même,
cela n'arriverait jamais, » déclare
Gaiman. « Je n'ai simplement pas le temps.
Mike Carey était mon premier choix pour
l'auteur, et j'étais enchanté qu'il
veuille le faire - et, de ce que j'ai vu des scripts,
qu'il veuille le faire à sa façon,
plutôt que d'essayer de faire comme moi,
si vous voyez ce que je veux dire. »
Pour Carey, sa relation avec le
contenu de base est lié à l'original
- non, pas le roman, Neverwhere a tout d'abord
été porté à l'écran
grâce à une mini-série sur
la BBC. « Je l'avais attendue avec beaucoup
d'enthousiasme : ceci étant la première
incursion de Neil - du moins, la seule que j'aie
rencontrée - en film ou à la TV,
et avec une série fantasy qualifiée
live, je ne pouvais en aucun cas ne pas en faire
partie, » déclare Carey. «
Et comme plusieurs fans de Sandman, ma réaction
était un mélange poignant de plaisir
et de chagrin. Du plaisir parce que c'est une
histoire incroyable avec quelques personnages
inoubliables et des dialogues formidables ; et
du chagrin parce que la BBC semblait avoir pris
toutes les mauvaises décisions concernant
la façon de filmer, les plateaux, l'éclairage,
les effets spéciaux, le rythme et pour
ce que j'en sais, la restauration sur le plateau.
La distribution, pour être juste, était
le plus souvent excellente - mais à bien
d'autres égards la BBC semblait avoir mal
saisi le concept et dans une certaine mesure avoir
trahi la portée et la poésie de
l'histoire avec des interprétations banales
et consternantes. L'exemple marquant est la grande
Bête de Londres, qui était un animal
inoffensif filmé avec un ralenti saccadé,
mais ce n'était que la partie visible de
l'iceberg - il y avait bien plus.
« Puis j'ai lu le livre,
qui est inévitablement meilleur parce qu'il
n'a pas été filtré par sept
producteurs maussades et un budget de dix-neuf
dollars pour les effets spéciaux. C'était
super de revisiter les personnages et de les voir
communiquer comme ils étaient supposés
le faire à l'écran. Dans le théâtre
de l'esprit, on répond simplement de manière
directe aux mots et la portée épique
n'est jamais un problème. Cela faisait
même encore plus ressortir l'imperfection
de la série, et quel grand film cela aurait
été si, disons, Jeunet et Caro avaient
été autorisés à le
faire. »
Le fait que Neverwhere ait débuté
avec une série TV a aidé Gaiman
à trouver le détachement nécessaire
pour lâcher prise et laisser son roman être
adapté à nouveau dans une autre
forme. « Cela a commencé avec une
série TV, finalement, puis c'est devenu
un roman britannique, puis je l'ai ré-écrit
pour l'édition américaine, »
déclare Gaiman. « J'ai écrit
quelques scripts de film pour ça, qui étaient
tous plutôt différents. Ensuite j'ai
arrêté d'écrire des scripts,
parce que j'étais en train de ré-écrire
la même histoire pendant plus d'une décennie,
et j'étais heureux d'avoir terminé.
»
Comme pour l'histoire elle-même,
tout commence quand le Londonien Richard Mayhew
aide une fille blessée, et se retrouve
de moins en moins dans la ville de Londres telle
qu'il la connaissait, et plus dans une partie
cachée de Londres - la cité à
l'intérieur des ombres de la cité,
pleine de magie, d'anciens pouvoirs, et de personnages
hauts en couleur.
Ce sont ces personnages qui sont
à la base de l'affection de Carey pour
l'histoire. « Les personnages sont excellents
- particulièrement les trois rôles
principaux, » déclare Carey. «
Richard Mayhew est comme une sorte de fou bienheureux,
absolument pas à la hauteur mais triomphant
grâce à sa décence basique
et parce qu'à la fin il est incapable d'être
faible ou poltron ou malhonnête. Il est
le chevalier qui obtient le Graal, en n'étant
pas le meilleur combattant mais en ayant le coeur
le plus pur, et la quête qu'il accomplit
depuis la docilité navrée à
l'héroïsme accordé à
contre-coeur est génial à voir.
Et Porte est la distraction parfaite pour lui
- la demoiselle en détresse qui est bien
plus compétente et pleine de ressources,
bien plus résistante que l'homme qui la
sauve. Ensuite il y a le cynique Marquis de Carabas
pour tout compléter et donner un aspect
acide et cynique aux choses. Il y a une alchimie
merveilleuse entre ces trois-là. »
En terme de processus de travail,
alors que Gaiman est responsable du contenu de
base, son interaction avec Carey est plutôt
limitée. « Ils m'ont envoyé
les scripts de Mike par politesse, et je les ai
lus, » déclare Gaiman. « Je
n'ai certainement rien eu de sensé à
dire jusqu'ici. Mike est un excellent auteur et
j'ai le sentiment que mon bébé est
entre de bonnes mains. »
Le calme de Gaiman à l'égard
du traitement du livre par Carey n'est pas tout
à fait le même avec l'autre auteur,
étant donné que Neverwhere est la
première adaptation qu'il ait jamais faite
- et qui n'allait pas être comme n'importe
quel autre livre Vertigo qu'il ait pu écrire.
« J'ai travaillé très étroitement
avec l'éditeur Jon Vankin, et nous avons
commencé - comme vous l'imagineriez - avec
de la structure, » déclare Carey.
« Nous avons décomposé l'histoire
en parties importantes et avons discuté
longuement pendant quelques semaines où
nous pensions que les répartitions naturelles
arriveraient. Nous avons terminé avec une
structure en trois actes, en répartissant
très naturellement au point où Richard
entre dans Londres d'En Bas - fin de l'Acte Un
; et l'épreuve dans l'abbaye de Black Friars
- fin de l'Acte Deux. Nous aurions pu transcrire
cela avec une mini-série en huit parties
de manière très directe, mais nous
l'avons fait en neuf parties afin de donner tout
son poids à la quête finale et aux
révélations.
« Donc c'était la
première étape. Ensuite nous avions
besoin de penser à ce qu'il fallait inclure
et exclure. Cette partie était difficile.
Il y a tellement plus d'espace pour la mise en
place d'une scène dans un roman - et dans
Neverwhere on nous donne une quantité énorme
d'informations concernant la vie de Richard avant
que l'étrangeté ne débarque.
Et bien sûr ce sont des choses importantes
parce que cela donne le fondement contre lequel
tout le reste est dosé. Mais on ne peut
pas faire ça dans une bande dessinée
- ou du moins, on ne peut pas le faire de la même
manière. Nous devions nous assurer que
nous donnions une très forte impression
- pas du tout majestueuse - de la vie de Richard,
des relations et des contextes, pour compenser
le fait que nous devions faire passer l'histoire
dans le premier numéro, au lieu de terminer
partiellement le deuxième. Donc il y a
de la compression - de la compression plutôt
précise - mais cela ne nous était
pas imposé par une quelconque pénurie
d'espace. Cela provenait simplement de notre perception
du déroulement de l'histoire.
« A partir de là
nous nous approchions d'un projet d'épisode,
donc nous nous sommes arrêtés et
l'avons officialisé, et nous l'avons envoyé
à Neil pour ses commentaires. Il a aimé
certains des changements que nous avons faits,
était dubitatif pour d'autres, et avait
des idées et des suggestions concernant
certaines choses. Nous avons examiné ses
commentaires, changé et amélioré
ces modifications, incorporé, et produit
le principal, dont nous étions tous heureux.
C'était approuvé par Neil et Karen
et nous étions prêts.
« C'était probablement
une période de gestation plus longue -
ou une période de planning - que pour la
plupart des autres livres que j'ai écrits,
mais ce temps n'a jamais été gâché
et en fait cela nous a permis d'anticiper des
problèmes qui auraient été
découverts plus tard. C'était la
bonne façon de faire, je pense. »
Selon Carey, il n'y a aucune règle
établie par rapport à ce qui doit
rester ou ce qui doit être supprimé
en adaptant le roman vers un format de BD avec,
de l'aveu général, moins d'espace
pour les mots.
« On doit juste considérer
chaque cas sur ses mérites, » déclare
Carey. « Vous voyez, je pourrais dire quelque
chose comme "si une scène ne fait
pas avancer l'intrigue ou ne révèle
par un personnage, abandonnez-la," mais ça
serait ridicule. Neil a créé un
monde, et une grande partie du plaisir du livre
repose dans l'exploration des grandes lignes de
ce monde et des endroits où il se rapproche
du notre. Nous avons opéré en essayant
de faire les mêmes choses que le livre,
mais avec les conventions d'un autre média.
Et dans la plupart des cas ce n'est pas un processus
de sélection ; c'est un processus de transformation
: on a un livre profond, avec beaucoup de choses
qui sont assez subtiles et minimisées,
derrière la forte action du premier plan.
Peu de choses ont été perdues ou
gâchées. »
Par exemple, le dialogue. Comme
Carey a expliqué, les gens qui ont lu le
livre vont entendre beaucoup de dialogues originaux
de Gaiman, mais il y en a plein qui ont également
été ajoutés par Carey. «
A nouveau, c'est en partie une question d'espace
disponible avec les deux différents médias,
» déclare Carey. « Les romans
peuvent être plus prolixes, ils peuvent
avoir des conversations plus longues, parce que
dans un roman il n'y a jamais un compromis entre
la conversation et l'action : l'esprit du lecteur
va combler le fait que les personnages marchent,
ou mangent, ou quoique ce soit, et on n'est pas
nécessairement conscient d'une accalmie
dans l'action ou d'un ralentissement dans le rythme.
Un conflit est un conflit, et comme dans un roman
tout le conflit prend finalement place au niveau
des mots, le dialogue est un aussi bon média
que l'action pour le représenter.
« Dans une BD, cependant,
les images accompagnent toujours les mots, et
ainsi on a en quelque sorte une portée
plus limitée pour tout arrêter afin
que les personnages puissent longuement discuter.
Les conversations sont donc plus condensées
et concises, et l'équilibre entre le fait
de montrer et le fait de raconter doit être
différent. Donc ce que nous avons est un
mélange des mots de Neil et des miens,
avec les proportions exactes variant selon ce
qui se produit 'sur le plateau' de chaque scène.
»
Et jusqu'ici, comme il l'a fait
comprendre plus tôt, Gaiman est plutôt
content de l'adaptation. « Je me sentirais
plus bizarre si c'était 'Les Nouvelles
Aventures de Richard Mayhew !' mais ce n'est pas
le cas. C'est Mister Carey et Mister Fabry adaptant
le roman dans une nouvelle forme. Avec un budget
illimité pour les effets spéciaux.
»
La réponse tacite de Carey
: ouf ! « C'est comme être appelé
pour ajouter une nouvelle aile à un château
: on est toujours en train de s'inquiéter
concernant l'aspect futur de nos efforts quand
ils font partie de ce tout. Mais tant de travail
dans les bandes dessinées, c'est comme
ça, et tant d'initiative, cela a toujours
été exactement de cette manière,
dans un esprit de collaboration et de façon
cumulative. Nous sommes tous sur des souliers
de géants, tout au long de nos vies créatives.
On s'y habitue, sans - j'espère - jamais
devenir blasé ou désinvolte par
rapport à ça. »
Après avoir vu d'autres
séries adaptées en BD, Gaiman n'est
pas pressé. « De nombreux éditeurs
étaient intéressés par l'adaptation
d'American Gods, oui, mais je ne suis pas pressé
de le faire, » déclare l'auteur.
« Pour l'instant, personne n'a posé
la question pour Anansi Boys, mais je ferais simplement
une sorte de petit toussotement s'ils le faisaient,
du genre qui signifie qu'ils devraient partir
jusqu'à ce que ce soit terminé,
et ne pas essayer de compliquer ma vie. »
Cependant, si quelqu'un peut le
convaincre de laisser ses livres refaire le grand
saut, quelqu'un attend déjà de les
adapter. « Cela a été un projet
très satisfaisant sur lequel travailler
et cela m'a fait me battre avec des problèmes
de structure et de présentation d'une manière
qui, je pense, m'a fait évoluer en tant
qu'auteur, » déclare Carey. «
Maintenant, si je pouvais simplement persuader
Neil de faire une adaptation en BD de Coraline.
»
-> Interview
originelle
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