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Auteurs, E-mail : Gillossen
Numéro ICQ : 72496479
Dernière Mise à jour : 31/10/2005

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Où les déguisements sont de sortie en ville, et où d’autres masques tombent…

Chapitre 4 > Chapitre 5 [PDF] > Chapitre 6

onsoir à tous, chers amis ! Nous sommes ravis de vous accueillir de nouveau dans l’enceinte de l’Apollo Stadium !
- Un stade comble, ce soir !
- 20 000 fous furieux !
- Mais c’est que cette rencontre s’annonce tout simplement fantastique ! Nous en sommes à quatre journées de joutes, et la situation n’est pas exactement conforme à ce que les observateurs supposaient !
- En effet, les Lanternes de la Tour, après trois duels, comptent deux victoires… pour une défaite !
- Et notons qui plus est que leurs deux succès ont été acquis dans la douleur, c’est le moins que l’on puisse dire, alors que la défaite, contre les Enfants Perdus, ne souffrait d’aucune discussion !
- L’enthousiasme juvénile a parlé !
- On peut le dire !
- Et on le dit ! »
Tout à coup, une gigantesque bronca fit le tour de l’arène, gradins après gradins, et notre paire de commentateurs se demanda quelques instants si c’était la qualité de leurs interventions que l’on remettait en question…
Mais ce n’était pas le cas.
« Oh, oh ! Que vois-je ! Archibald Bellérophon vient de faire son entrée sur la pelouse ! Les Lanternes se sont distinguées par de nouvelles pratiques, dont « l’échauffement » ! C’est sans doute la raison de cette apparition surprise avant le début de la rencontre !
- Impossible pour les spectateurs de Nodnol de ne pas y voir en réalité une provocation !
- Quel cadre d’ailleurs, pour cette rencontre ! La city accueille pour la première fois une épreuve de Sfénix, avec sa toute nouvelle franchise, les Chapeaux Melons !
- Melon, lanternes ou citrouilles, c’est une vraie ratatouille ! »
Il leur fallut bien deux bonnes minutes pour recouvrer leur sérieux, déjà fort entamé.
« Attention pour la Tour, car ces Chapeaux n’ont pas les manières de dandys, qu’on se le dise !
- L’ambiance est torride dans les tribunes, malgré le brouillard qui nappe déjà le terrain !
- Entre ce fog et l’éclairage bleuté du stade, tout cela nous met irrémédiablement dans l’ambiance de cette soirée de Samhain ! Les Chapeaux devraient d’ailleurs arborer des tenues spécialement créées pour l’occasion !
- Vive les dérogations.
- Mais il faut bien assurer le spectacle, mon cher ! Préparez-vous à voir défiler un squelette, un fantôme drapé de blanc, ou bien encore une momie et ses bandelettes !
- Pendant ce temps, Bellérophon poursuit son tour de piste, quelle concentration !
- Mais c’est normal, ses prestations ont fait jaser : pour beaucoup, c’est un véritable héros, qui a sauvé les Terres de Féerie, et forcément, on attend des merveilles de sa part.
- Et tous les joueurs ne l’entendent pas de cette oreille, bien sûr ! Il représente l’homme à abattre, celui qui cristallise toutes les rancœurs de ses rivaux ! Dans la ligne de mire !
- Espérons pour ses camarades qu’il en a maintenant pris conscience, avant d’entamer cette quatrième rencontre de la saison. Qu’on se le dise, il n’y a pas de place pour l’apprentissage dans le Sfénix, il faut frapper de suite ! »
Comme il en avait acquis l’habitude, Archibald n’écoutait même plus les dires des deux commentateurs, et tant pis pour les quelques éclairs de conscience qu’ils pouvaient parfois avoir. Il y avait plus pressé : un étrange lutin, tout habillé de vert et à la chevelure paille, s’approchait de lui en bondissant.
« Archibald ! Archibald ! L’entretien d’avant-match ! »
Misère. Pas le temps d’enfiler son heaume et de prendre ses jambes à son cou. Les questions pleuvaient déjà.
« Alors, inquiet avant d’entamer cette joute ?
- Non, nous visons la victoire, c’est obligatoire, répliqua le jeune professeur, d’une voix monocorde. Mais il ne faut pas tirer de plan sur la comète, et se montrer humble. L’important, c’est de respecter l’adversaire, et de tenter de jouer le mieux possible pour n’avoir aucun regret. »
Archibald s’était entraîné dur pour apprendre par cœur cette formule pré-machée que les journalistes sportifs de son monde faisaient semblant de ne pas remarquer, bien qu’elle soit répétée match après match, sans même chercher à faire l’effort d’une variante.
« Ce Bellérophon, il n’a pas une minute à lui ! jacassait de nouveau la paire de commentateurs, qui quant à eux avaient le droit de prendre place dans les tribunes, bénéficiant des petits fours...
- Encore de quoi agacer ces adversaires ! Eux qui sont en premier lieu des amateurs éclairés de Sfénix, et que personne ne regarde dès que Bellérophon apparaît, sur une pelouse, ou ailleurs !
- On raconte même que certaines guildes l’auraient approché afin qu’il vante leurs mérites !
- Ah, le Sfénix sans l’argent… C’était mieux avant !
- Tout à fait ! »
Le jeune professeur enchaînait lui aussi les banalités avec une nonchalance partagée, pris dans cette ambiance chaude et gentiment hostile, son vis-à-vis contraint de sauter sur place s’il voulait que sa tête dépasse de la nappe de brume, quand une présence sombre s’épaissit soudain dans son dos…
« Bellérophon…, fit une voix d’outre-tombe.
- Incroyable ! Regardez, le Croque-Mort est lui aussi sur le terrain à présent !
- Je ne l’avais pas vu arriver !
- Et Bellérophon non plus, on dirait ! Vous avez vu ce sursaut ? »
Archibald avait fait brutalement volte-face, pour se retrouver nez à nez avec un garçon fluet et longiligne, mais à la démarche plus qu’intimidante. Drapé de cuir noir, les cheveux longs et le visage blafard, il portait également, seulement au niveau de la bouche, une sorte de masque rappelant celui dont était affublé Hannibal Lecter dans certaines scènes du Silence des Agneaux.
Très rassurant !
« Alors, c’est toi, Bellérophon… C’est à peu près ce que j’imaginais. Pas de quartier, pour cette joute. On va vous massacrer, dans les grandes largeurs. »
Pas un mot plus haut que l’autre. Pas un soupçon de colère.
Une froide constatation.
« Oh ! Le Croque-Mort a décidé de prendre les mesures de Bellérophon, à ce qu’on dirait !
- Oui, il peut déjà se préparer à finir entre quatre planches ! Rappelons que le Croque-Mort occupe le même poste que son rival, et que, sans l’aide d’aucune magie, il accomplit de bien étranges prodiges !
- Et c’est loin de représenter le seul atout de l’équipe des Chapeaux Melons ! »
Le Croque-Mort s’en retournait déjà, les mains sur les hanches, laissant Archibald bouche bée, ce qui s’avérait en soi un exploit peu banal.
Déjà qu’il n’avait pas du tout la tête à ce match… Et que cette mauviette de Charmant s’était défilée, prétextant une blessure… Quand bien même il n’était pas des plus doués… Lui au moins maîtrisait bien les règles, et tous les alinéas des sept cent soixante-douze pages du règlement, sans compter les annexes. Archibald était disposé à faire des efforts, mais il avait à composer avec son emploi du temps pour cette étrange discipline. S’il avait su comment éditer un manuel Le Sfénix pour les Nuls, il y aurait eu de quoi se tailler une belle petite fortune !
Et cela, les commentateurs oubliaient de le préciser aux spectateurs amassés en train de le chahuter ! Le jeune homme n’osait pas lever les yeux. Cette fois, pas de Kate pour le soutenir. La seule personne connue de lui dans les tribunes, en dehors des supporters de la Tour, n’était autre que ce fichu Holmes ! La fée, quant à elle, était dissimulée dans les vestiaires. Personne d’autre que le Doyen et Archibald n’était au courant de sa miniaturisation, et ce secret devait être préservé à tout prix. Dans cet optique, Kate ne lui manquait pas tout compte fait…
Mycroft Holmes fumait sans doute la pipe, pour en revenir à Lacyon et ses frasques. Le grand frère de Sherlock était de l’avis du cadet-même considéré comme plus brillant que lui, mais surtout, indéniablement plus paresseux. Sur ce point précis, Archibald s’était senti parfaitement à l’aise, et en avait été ravi ! Malheureusement, quand Mycroft décrétait le test de ses capacités histoire de rester le meilleur des deux frères, il ne faisait pas dans la demi-mesure. Leurs entretiens au domicile du célèbre détective avaient vu le jeune professeur bombardé de questions, entrecoupées de longs silences.
Et si l’aîné des Holmes n’avait pas d’affinité particulière avec le Sfénix, il avait tenu à tout prix à l’accompagner jusqu’au stade, et ne l’avait même pas lâché d’une semelle alors qu’Archibald aurait eu bien besoin de se concentrer seul avec son équipe.
Mais Mycroft avait des vues bien arrêtées, et avait affirmé avec certitude que cette rencontre sentait la poudre. Cometh the hour, cometh the man, lui avait-il affirmé doctement. Que vienne l’heure, et l’homme viendra. Là dessus, le jeune professeur ne l’aurait pas contredit !
« Rappelons cher public que ces deux équipes sont les plus anciennes de toute Féerie, si l’on ne tient pas compte du rachat et du changement de nom des Chapeaux-Melons ! C’est d’ailleurs pour cela qu’elles se disputent une coupe dans la coupe, avec le Prix de l’Incendie.
- Un prix bien nommé d’ailleurs, avec le double incendie de la cité, soi-disant à partir d’une citrouille oubliée…
- Hum, hum, bref.
- Et exceptionnellement, la dite Coupe des Braises est en vitrine dans les couloirs de ce stade ! Tout le monde a pu l’admirer en passant devant après avoir validé son billet !
- Moi, je n’ai pas eu le temps, mais bon, nous sommes habitués à être la cinquième roue du carrosse, et à ce sujet d’ailleurs, je voudrais bien dire haut et fort que… »
On aurait pu croire que son micro avait été coupé, si ce genre de choses avait existé.


Armand de Saint-Tonnerre avait quasiment terminé de tracer son pentacle, raclant le moindre gramme de sang séché qu’il pouvait avoir conservé sous ses ongles.
Suspendu au plafond, les pans de son manteau tombant autour de lui comme les pattes d’une araignée, il observait cette fameuse coupe, à l’abri dans un parallélépipède de diamant. A présent, on l’avait déplacée dans une salle annexe, celle des trophées, et un vol paraissait tellement improbable qu’il n’y avait même pas de gardes postés à l’entrée, et encore moins dans cette pièce. Elle s’étirait tout en longueur, et une baie vitrée donnait directement sur la pelouse, une centaine de pieds en-dessous, la coupe l’irradiant de ses reflets irisés et changeants.
Féerie était tout de même incroyable ! Dans quel monde aurait-on démonté et reconstruit un stade tout entier, pour chaque match ? Pour autant qu’il s’y connaissait, ce qu’il avait vu depuis son entrée dans l’enceinte circulaire lui rappelait les énormes stadiums américains, qu’ils soient de base-ball ou de football. Excepté qu’on n’avait pas inventé le pop-corn ici. Ah, quelle belle invention le pop-corn… Encore quelque chose qui n’existait pas lorsqu’il était simple disciple de John Dee.
Une clameur explosa en contrebas. Sans doute que leur rencontre de Sfénix, ou quel que soit le nom de cette chose, débutait enfin. Tant mieux. Ah, Armand aurait pu opter pour une solution plus spectaculaire, une apparition au centre de la pelouse, ou autre décision dans un registre identique. Cela se faisait probablement, même dans son monde d’origine, quoique du fond de son bayou, il n’avait pas souvent l’occasion d’encourager les équipes locales. D’une certaine manière, Armand devait lutter contre une forme de nostalgie qui l’emportait parfois. S’il détestait la magie, c’était là l’un des inconvénients découlant de ce sentiment : il n’avait pas pu franchir lui-même les barrières séparant les deux dimensions, et cet éloignement lui pesait plus que de raison. Ah, les humeurs…
Cela dit, il n’envisageait pas une seule seconde de se livrer cette fois-ci à une banale substitution, et pas uniquement pour gagner du temps. Il n’y aurait pas de coupe recréée pour faire illusion. Au contraire, il était indispensable que tous soient au courant de ce cambriolage, que les rumeurs fusent de toutes parts ! La phase d’expérimentations, à grande échelle ou pas, avait touché à sa fin.
Place aux feux d’artifice !
Mais Armand n’aurait pas dû bafouer les lois de l’équivalence. Il n’était pas même question d’interdit, simplement d'incapacité. Des règles que l’on ne pouvait transgresser, quand bien même était-on prêt à le faire. Et pourtant… Armand de Saint-Tonnerre y parvenait, si tel était son désir. Il lui avait fallu d’innombrables sacrifices, et des siècles et des siècles de patience pour s’en enorgueillir. Le temps. Une donnée qu’il était impossible d’acheter, ou de rattraper. Et Armand escomptait bien à présent en profiter dignement.
Ses préparatifs terminés, il ne lui restait plus qu’à ôter son gant de velours…
« Mais que voilà un insecte nuisible… », le surprit une voix feutrée.
Armand hésita, mais la nouvelle venue apparut alors en contre-jour, campée devant la baie vitrée. Une silhouette fuselée, coiffée d’un bonnet à clochettes aux branches bondissant en tous sens, sept cartes entre les doigts de sa main gauche.
« Mon petit trésor, sourit tout à coup Armand, reconnaissant le Fou. Si je m’attendais à ça… Je sais bien que tu es une créature de cette horrible contrée, mais pourquoi revenir me trouver ? Ma démonstration ne t’avait-elle pas amplement suffi ?
- Démonstration ? Mais il se trouve que les choses ont changé depuis l’autre jour, c’est tout. Je n’ai plus pour mission de vous observer.
- M’observer ?
- Vous étudier. Estimer vos forces et vos faiblesses.
- Dans ce cas, tu as dû recevoir une bien belle leçon !
- Sauf si j’agissais de façon intentionnelle…
- Oh. L’art de la feinte. »



« Regardez Cotton, les Lanternes de la Tour semblent complètement déboussolées !
- En effet, on dirait qu’ils ont mal digéré leur pudding, ou leur gelly de poireaux !
- Alors que ce sont pourtant de bien fameux mets, pour peu que l’on sache les cuisiner avec…
- Quel choc ! s’époumona ledit Cotton. Indubitablement, ce Big Ben n’est pas n’importe qui ! »
Voilà qui n’était pas faux pour une fois ! grommela Archibald en lui-même. Ce joueur adverse était un véritable monstre, et le jeune homme commençait à en connaître un rayon dans ce domaine ! Plus grand que le petit Ogre pourtant cousin par alliance de celui du Petit Poucet, il devait effleurer les trois mètres de haut. Dès que l’on tentait de le contourner, que ce soit par la droite ou la gauche, il lui suffisait d’allonger ses bras immenses et musculeux, pour barrer toute tentative de le prendre de cours ! Les coéquipiers d’Archibald, et le jeune capitaine en personne, étaient contraints de composer avec de larges crochets qui donnaient tout le temps nécessaire à leurs adversaires pour se replacer et contrer les velléités offensives des Lanternes.
Et le tableau d’affichage ne surprenait personne en affichant un 16 à 5 pour les Chapeaux Melons. Archibald avait récupéré le globe magique, heureusement seulement tiède pour l’instant, mais dont le phénix emprisonné manifestait les premiers signes d’énervement prononcé. Mais à qui transmettre la sphère ? Ses six camarades étaient écartés en éventail, de part et d’autre du centre du terrain ! Pas de liant, pas de formation possible entre les différents joueurs. Avancer seul ? Jamais il ne pourrait atteindre l’en-but cette fois, et inutile de songer à l’ordre 66 pour se tirer d’affaire. Comme prévu, dès la seconde rencontre, il avait dû renoncer à cette technique.
Et les Chapeaux Melons était une équipe d’une autre trempe encore que leurs premiers opposants !
« Quelle maîtrise collective de l’équipe de Nodnol ! Il faut dire que depuis que cette troupe a été reprise en main par le mystérieux milliardaire Raspoutinovitch, on savait qu’elle ne serait pas à prendre à la légère cette saison !
- Ah, ça c’est sûr, les bourses remplies de pièces d’or ont beaucoup circulé durant l’été !
- Tout le monde n’a pas forcément envie de passer sa vie à Nodnol, Cotton ! Convaincre les meilleurs joueurs de Sfénix de rejoindre son équipe n’est pas toujours facile !
- Quelques derniers sonnants et trébuchants, voilà qui est bien sympathique !
- Hi, hi, hi !
- Hum, une pratique que nous réprouvons, bien entendu ! »
Entre-temps, Archibald avait perdu la balle, tandis que la mi-temps approchait à grands pas. Pourtant, ce n’était pas de voir un drap blanc aux immenses yeux noirs flotter devant lui en poussant des « Hou ! Hou ! » stridents qui aurait dû l’apeurer ! L’autre n’avait même pas de mains pour lui chiper la sphère ! Mais sa nature de spectre n’offrait qui plus est pas de prise pour le percuter d’aucune façon ! Archibald se sentait dans la peau d’un taureau chargeant un drap rouge…
Et comment pouvait-on tolérer de pareils joueurs ? Bien qu’il ne soit pas question de magie à proprement parler, il y avait tout de même là un avantage indéniable à l’avoir sur le terrain !
Pour la énième fois, les Lanternes étaient acculées près de leur propre ligne d’en-but, leurs rivaux multipliant les passes courtes, à croire que cela leur plaisait d’avancer pied par pied, pour mieux savourer leur progression.



« Je n’ai pas le temps pour une revanche ! »
L’ex Fou d’Hadès n’avait plus rien de commun avec la jeune femme rencontrée dans les couloirs du métro parisien, contraignant Armand de Saint-Tonnerre à parer au plus pressé. A portée, il la souffleta de son gant noir, parvenant à poser sa paume au pli de son coude le temps d’un battement de cœur.
Mais le rire de gorge du Fou lui vrilla les oreilles, le bornant à nouveau à la reculade. C’était sa chance ! Plaquant sa main sur le sol, Armand se concentra et riva son regard sur la baie vitrée, toujours dans le dos de l’arlequin en rouge et noir. Celui-ci perçut la vague de chaleur, le bris du verre, mais n’eut pas le temps de s’écarter. Ce n’étaient pas de simples éclats coupants, mais des billes de verre qui s’étaient formées, comme une déferlante de grêlons !
Une pirouette vrillée, et son bonnet à clochettes en repoussa la plupart, tout en ramenant la jeune femme à portée d’Armand. Mais le Fou, jambes serrées l’une contre l’autre pointant en avant, le percuta à hauteur de la pomme d’Adam, lui coupant radicalement le souffle !
« Full Royal… » minauda-t-elle, en reprenant position près de la coupe.
Pourquoi était-elle revenue à la charge ? Elle n’avait strictement aucune raison de l’empêcher de dérober l’artefact, ce n’était pas une querelle de voleurs. Inconnue de l’énorme majorité des habitants de Féerie, on ne pouvait avoir fait appel à elle pour la protéger. Par jeu ? Voilà qui semblait la solution la plus probable, mais les risques encourus étaient terriblement élevés pour simplement s’amuser !
D’un bondissant entrechat, le Fou se projetait dans sa direction, des cartes pareilles à des lames entre chaque doigt. D’une main effleurant le sol, Armand modifia la structure de celui-ci pour faire jaillir devant lui un bouclier de bois, agrégat de lattes de parquet à la fonction complètement renouvelée. Le Fou les fit éclater en morceaux comme s’il avait frappé armé d’une hache.
« Ah, petit alchimiste… Tu imagines sans doute que ta science est capable de tout dominer ! Et tu te trompes à un tel point ! Cela a été très dur pour moi, notre précédente entrevue, tu sais… Oui, très dur de ne pas éclater de rire devant tes beaux discours assénés avec tellement de sérieux ! C’est beau de constater que tu y crois encore avec autant de ferveur après si longtemps…
- Ainsi, tu prétends me connaître ! »
Lui, Armand de Saint-Tonnerre, contraint de tenter de gagner du temps en discutant avec un arlequin de pacotille !
« Tu n’es pas le seul qui puisse prendre son temps pour se renseigner ici ou là… »
L’alchimiste, puisque tel était bien sa discipline, retint un tic nerveux lui plissant le front, mais Armand aurait éminemment désiré faire du Fou une véritable fricassee
Et s’il ne venait pas à bout de celui-ci avant la fin de la rencontre de Sfénix, il pouvait dire adieu au vol de cette coupe. Elle quitterait le stade pour réintégrer ses quartiers à Nodnol même ou prendrait le chemin de la Tour du Savoir Secret Salvateur, et Armand aurait raté la fenêtre qu’il avait attendue patiemment. Pas question de courir après cette chose, cela ne devait pas dépasser le stade d’une diversion.
Déjà, la seconde mi-temps avait repris.



« Cotton, c’est la première fois que je vois autant de spectateurs encourager une équipe aussi loin de ses bases !
- C’est vrai, les fans des Lanternes ne perdent pas espoir, eux ! Mais… Que font-ils à présent ?
- Ils déroulent un immense drapeau, du haut des tribunes jusqu’en bas, se le transmettant de rang en rang !
- Encore une nouveauté de leur part ! Quelle imagination !
- On me souffle que cela se nomme un tifo ! Une drôle d’expression !
- Oh, ça doit encore être la faute de Bellérophon… »
Plus de petits drapeaux dans chaque main, mais en effet une imposante voilure représentant un Jack O’Lantern grimaçant, phosphorescent d’un éclat verdâtre, sur fond noir. De quoi se mettre un peu plus dans l’ambiance d’Halloween, sous les ordres des kapos lupins !
En face, les spectateurs de Nodnol et leurs bougies bleutées à la main faisaient pâle figure, doublement même, avec leurs visages crayeux et leurs maquillages grand-guignolesques. Sans parler du fait qu’en dehors de huer les Lanternes, ils ne brillaient pas par leur soutien envers leur équipe.
Et ce fichu brouillard qui ne quittait pas les pieds des joueurs ! Pas facile de s’y retrouver dans le placement, de quoi s’emmêler les pinceaux, et une bonne raison de plus de finir le nez dans le gazon à cause d’un croc-en-jambe habilement administré hors de vue de la sœur Anne !
Par chance, Archibald et ses camarades avaient pu éviter de voir leur zone du Graal bafouée une fois de plus. Ils avaient même réussi à marquer un essai supplémentaire, et fort chanceux, pour revenir à 16-9. Ce qui accordait encore une belle marge aux Chapeaux-Melons, dont les vindicatives consignes du Croque-Mort résonnaient dans tout le stade, sans le moindre relâchement, éreintant ses partenaires à coups de fouet.
Et tout à coup…
« Oh, quelle manœuvre ! Le Croque-Mort a pris Bellérophon à revers ! »
C’était la vérité. Archibald, trop occupé à se débarrasser de la boule de cristal écrevisse, n’avait pas noté le changement de position de son vis-à-vis.
« Tenetz ! » lui hurla-t-il aux oreilles.
Archibald perdit tout contact avec le sol, avec l’impression de voler au-dessus d’une mer de nuages… Mais ce fog à basse altitude n’était pas du tout aussi agréable…
« Incroyable ! C’est le coup du cercueil ! s’exclama l’un des commentateurs.
- Allons, Cotton, ne bondissez pas de votre siège de la sorte !
- Mais le Croque-Mort vient d’enfermer Bellérophon dans son cercueil spectral, regardez la façon dont il s’est fendu en avant en faisant usage de son coup spécial !
- Oui, ni vu, ni connu ! Il faut bien admettre que Bellérophon s’est fait totalement surprendre ! Il est maintenant enfermé, au moins pour le temps d’une action ! Oh, le Croque-Mort porte son cercueil sur une épaule, à croire qu’il n’est pas plus lourd qu’une plume ! »
Archibald avait le mal de mer. Et le pire de tout, ce bizarre cercueil possédait des parois transparentes ! Mais le Croque-Mort le faisait tourner si vite au-dessus de sa tête que tout était devenu flou pour le jeune homme : la pelouse, les joueurs, les rangées de spectateurs, les illuminations et décorations macabres du stade…
Avant que d’un seul bras, il ne l’écrase sur le sol comme s’il avait voulu l’enterrer six pieds sous terre, les quatre planches du cercueil se dissipant en volutes crémeuses.
« Ca doit faire mal, Cotton !
- La bière, on préfère la boire, c’est sûr ! »
Sans en être témoin, Archibald comprit que son équipe avait encaissé un essai de plus, sous un crépitement soutenu d’applaudissements. Le Croque-Mort le toisait à nouveau, et avec de bonnes raisons.
« Et de 20 points contre vous. Vous êtes encore plus mauvais que ce que j’envisageais !
- Oh, tu n’as encore rien vu », soupira Archibald, dépité.
Mais l’autre s’était déjà éloigné pour réintégrer les rangs de son équipe, comme durant l’avant-match, sans même l’écouter. Une réunion au sommet s’imposait pour les Lanternes, ce qui ne manquerait pas d’être impossible si le jeune homme demeurait étendu de tout son long dans l’herbe.
Autour de lui, les rires montaient des tribunes, remplaçant peu à peu les sifflets. Le crâne bourdonnant, il lui semblait reconnaître les échos de voix du clip Thriller, de Michael Jackson, amplifiés à la puissance 1000. Est-ce que tous les spectateurs s’étaient subitement transformés en zombies ou loup-garous pour mieux les narguer ?
« Hey, m’sieur ! Debout ! J’ai parié moi, on ne peut pas perdre comme ça ! Vous voulez m’enfoncer, ou quoi ?
- Pour le moment, c’est plutôt moi qui me fais défoncer ! » rappela Archibald, tout en se mettant péniblement à genoux.
Tous en cercle, se tenant les uns les autres par les épaules, les Lanternes tenaient de toute évidence un conseil de guerre improvisée. Du moins, c’était sans doute ce que supposait les témoins de l’événement…



« Tu ressembles plus à un prestidigitateur qu’à un alchimiste ! Et c’est toi qui la critiquais ? » se gaussait le Fou.
Armand n’était pas à proprement parler fier de lui. Se contenter de jouer avec la structure de l’air pour produire du vulgaire plasma… Et pour quel résultat ? C’était à peine s’il avait réussi à entamer le costume du Fou, ses jets dévorant une partie du tissu recouvrant l’intérieur de sa cuisse droite… Une cuisse aussi laiteuse que ferme et déliée, mais qui ne souffrait d’aucune brûlure, pas même superficielle.
Le disciple de John Dee éprouvait les pires difficultés à ne pas céder pour de bon face à cet ennemi plus redoutable encore qu’un alligator, au cœur d’un marécage par une nuit sans lune… D’un doigt, la tête légèrement penchée en avant, le Fou titillait l’une de ses clochettes, la faisant doucement tinter.
Visiblement, personne n’avait remarqué la baie vitrée éclatée, et la brume avait fait son apparition à l’intérieur de la salle. La coupe, toujours ardente, lui conférait des reflets pareils à ceux du souffle d’un dragon endormi…
« Diablesse ! Comment fais-tu ? Où caches-tu toutes ses cartes, c’est impossible !
- Hmm, tu aimerais bien me palper des pieds à la tête pour le savoir, n’est-ce pas ? Mais nous ne sommes plus à Paris ! grigna le Fou. Sache qu’un bon magicien ne dévoile pas ses tours… Mais toi, bien sûr, tu serais assurément capable de m’expliquer sur un tableau noir comment tu procèdes dans le moindre de tes gestes, petit alchimiste !
- Embrasse mon tcheue ! Tu me fais de la peine, quoi que tu allègues ! J’ai bien compris ton petit jeu pour ma part ! Ne me prends pas pour un bioque, seulement parce que je t’ai sous-estimée sur le plan de la force ! Où crois-tu que cela te mènera ?
- Je ne sais pas à quoi tu fais allusion.
- Vraiment ? Archibald Bellérophon. Tu penses qu’il se détournera de Diane parce que tu joues son petit chien ? Tu ne parviendras jamais à rivaliser avec elle ! »
Armand de Saint-Tonnerre ne la vit pas jaillir nez à nez avec lui. Plus que des mots, le Fou lui décocha un coup de pied à la verticale, talon contre menton, le percutant si rudement qu’il aurait dû lui trancher la langue, son corps tout entier animé par des articulations qui n’avaient rien de naturelles.



« Ah, Nodnol, Nodnol, mon amour ! s’emportait le dénommé Cotton. Entrez dans la Bourse de Nodnol... Là, le juif, le mahométan et le chrestien traitent l'un avec l'autre comme s'ils étaient de la même religion, et ne donnent le nom d'infidèles qu'à ceux qui font banqueroute !
- Génial Cotton, mais je ne vois pas ce qu’une citation de Tairevol, notre grand philosophe, vient faire ici !
-Eh bien, nous ne sommes pas des incultes malgré notre profession, et c’était l’occasion de la placer !
- On n’a jamais pensé ça de vous, Cotton, vous qui êtes capable de nous réciter par cœur la liste de tous les vainqueurs du championnat ! Quelle plus belle preuve de culture ! Même si bizarrement, Tairevol n’a jamais discouru sur le Sfénix…
- Soit… Et pendant ce temps, les Chapeaux-Melons accentuent leur avance, avec une percée de plus dans la zone du Graal !
- Ca sent le roussi pour les Lanternes !
- Et d’autant plus que le phénix semble trouver le temps long ! Regardez comment la traînée de la sphère rougit depuis quelques minutes !
- On dirait que la défaite n’est plus très loin pour l’équipe de la Tour !
- Oh, Loup vient de réussir une interception !
- Mais ce n’est pas très académique d’utiliser sa truffe pour pousser la balle ! »
L’élève d’Archibald avait en effet subtilisé la sphère au vol, la poussant de son museau, se faufilant entre deux joueurs des Chapeaux-Melons, alors que l’action se situait en milieu de terrain, sur la ligne médiane du cercle. Mais que faire à présent ? Les options possibles n’étaient pas très nombreuses, et toujours cet énorme Big Ben, pire que le monstre de Frankenstein, en point de mire !
« Passe-la moi ! » lui intima Archibald, le dépassant par la droite.
Lui passer la balle, à lui ? Le professeur affichait une trop grande satisfaction pour son poste planqué derrière les autres à leur adresser de longs ballons pour y renoncer ! Et le voilà qui gambadait comme un lapin, ce que le lièvre de La Fontaine aurait sûrement apprécié !
Néanmoins, Loup s’exécuta, mettant de côté ses envies de rébellion, un trait de famille. Archibald avait de toute évidence une idée bien ancrée, alors, pour une fois que cela lui arrivait, mieux valait en profiter !
« Bellérophon a esquivé le fantôme, et le squelette à présent !
- Mais la ligne d’en-but se trouve encore à plus de vingt pas, et Big Ben se dresse devant lui !
- A qui va-t-il confier la balle ? Ses co-équipiers se sont déjà engagés, mais à nouveau, Big Ben a brisé leur formation par sa seule présence !
- Il ne peut pourtant pas continuer tout seul comme durant la première rencontre de la saison ! »
Ce n’était pas dans les intentions d’Archibald. Pas plus que de perdre du temps à contourner l’énorme Big Ben, trop heureux sans doute de le faucher au passage ou le voir préférer éviter tout contact tant le jeune homme tremblait de peur.
Et le Croque-Mort avait deviné ses intentions.
Rentrant la tête dans les épaules, tenant la sphère à deux mains au creux de son ventre, oubliant le poids de son harnachement et au contraire y songeant pour se rassurer, le jeune capitaine des Lanternes avançait toujours, droit sur Big Ben.
« Le Croque-Mort tente de couper la trajectoire de Bellérophon, mais pourquoi ?
- Cotton, je crois que…
- Teneeeeeeeeeetzzzzzz ! » rugit Archibald, à s’en décrocher la mâchoire.
Il banda ses muscles, et pensa aussi fort que possible à Cuchulain, se préparant au choc.
« Parsembleu ! Big Ben est à terre ! Big Ben est à terre ! »



Armand était toujours sonné.
Le Fou avait si peu à se soucier de lui désormais, que la jeune femme pouvait même jeter un œil au match de Sfénix en contrebas ! Et la paume de l’alchimiste qui le démangeait, le cuisait, peu importe son gant ! Les symboles cabalistiques qui l’ornaient se désagrégeaient déjà sous la morsure.
« Quelle agréable rencontre nocturne… Et puisque je ne suis pas plus Cendrillon que Diane, elle ne pourra se prolonger au-delà des douze coups de minuit. »
Depuis combien de temps Armand ne s’était pas senti aussi désemparé, qui plus est face à une femme ?
Des siècles, oui, comme souvent.



« Les supporters des Lanternes ont entamé une drôle de danse, et de chant, exhorté par Bellérophon, qui est sorti des limites du terrain pour bondir dans le premier rang des travées, quelques secondes après que Loup ait pénétré dans la zone du Graal !
- Ce Bellérophon ! Je n’ai jamais vu ça ! Ecoutez, la Sœur Anne s’époumone du haut de son donjon, et…
- Je préfère reluquer ses poumons justement, Cotton !
- Enfin, Bellérophon revient parmi les membres de son équipe ! Il est vraiment plein de surprises ! Aviez-vu un quelconque jouteur de Sfénix avoir recours à la technique du « Coucou, c’est moi ! »
- Pas une fois atteint l’âge de raison, Cotton ! » répondit son compère, qui avec un coup de coude en prime fit enfin revenir son regard sur le cercle de pelouse.
La combine du « Coucou, c’est moi ! » consistait à se dissimuler derrière l’un de ses partenaires avant de porter l’estocade en frappant un adversaire en pleine tête à l’aide de la sphère en lapsis exillis, comme lorsque l’on jouait à la balle au prisonnier. Généralement, il y avait de quoi ouvrir une jolie brèche dans le camp adverse, mais le phénix contenu dans la sphère n’appréciait que très modérément un tel traitement et redoublait d’effort pour se libérer…
« Et pourtant, ça a fonctionné ! Sous l’impulsion de Bellérophon, les Lanternes sont parvenus à marquer, deux fois !
- 20 à 17 ! Les Chapeaux-Melons sont à portée d’essai !
- Qui aurait cru ça il y a seulement une poignée de minutes !
- Sûrement pas moi, Cotton, et je viens d’ailleurs de perdre mes gains sans aucun doute, merci la Féerique des Jeux !
- Désolé pour vous, mon cher, mais il faut savoir afficher une nature chevaleresque ! Et sur le terrain aussi ! Vous entendez ce silence de mort parmi les spectateurs de Nodnol ?
- On se croirait dans un cimetière, c’est vraiment Halloween, dîtes donc, Cotton !
- Les joueurs des Chapeaux-Melons ne sont pas aussi calmes, il n’y a qu’à les voir en pleine discussion dans leur zone d’en-but ! Pendant ce temps, Bellérophon harangue encore un peu plus les tribunes aux couleurs des Lanternes !
- Que répète-t-il donc, Cotton ?
- On dirait bien… Oui… Another one bites the dust ! C’est bien ce qu’il chante et que les autres reprennent tous en chœur ! »
Cotton ne se trompait pas, quand bien même le nom de Queen ne lui évoquait certainement pas un groupe de rock. Archibald avait passé un bon bout de temps à inculquer à leurs « fans » ce qu’il considérait comme la base des bases, et tant mieux si cela pouvait empiéter sur ses phases d’entraînement… Le prochain chant prévu n’était autre que le You’ll never walk alone.
- Ah, la, la, Doubi doubi fouah badda badda, la tension monte, Cotton, la tension monte !
- Vous avez tout à fait raison, et mon petit doigt me dit que Bellérophon prône maintenant le Sfénix de rue !
- Il n’a pas dû apprécier son séjour entre quatre planches !
- En ce jour de Samhain, c’est toutefois permis, ainsi que toute offensive spectrale, une fois par joueur.
- Alors, Sfénix de rue, ou bien recours à des tours de pendus ?
- La rencontre reprend, avec une balle vermillonne ! »



Alice n’avait pas remarqué l’entrée dans la pièce de l’écureuil. Lorsqu’il bondit sur son épaule, elle sursauta cependant à peine, l’accueillant d’un sourire enfin sincère.
Aussi ne comprit-elle pas celui, proprement hilare, d’Armand de Saint-Tonnerre, avant que l’écureuil ne lui plante ses incisives dans le cou.



« Et un retournement de situation en prime, un ! s’égosilla Cotton. Un spectateur, en costume de tweed et casquette deerstalker, vient de surgir sur le terrain, interrompant la rencontre !
- Heureusement, il n’est pas tout nu, c’est déjà ça…
- Il pointe du doigt quelque chose tout en courant ! Mais… Mais on dirait qu’il s’agit de nul autre que le grand Holmes !
- Cotton… Je crois qu’il vient de briser la sphère et libérer le phénix d’un coup de pied, nota son collègue d’une voix blanche, toutes ses pensées concernant le match.
- Mais il court toujours !
- Et c’est une bagarre générale maintenant entre les deux équipes ! »
Cependant, Archibald n’y participait pas. Si, si, c’était la vérité toute nue, pour l’occasion. Il faut dire que Mr Holmes, Mycroft de son prénom, ne lui avait pas demandé son avis, l’attrapant au passage par la manche de son maillot.
En hauteur, dans le stade et le dos des spectateurs, something wicked se tramait…

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